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Monde Info - Centre d'analyses en ligne

samedi 30 juin 2007

Territoires palestiniens

Le mercredi 20 juin, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, déclare, que le coup d’Etat du Hamas, dans la bande de Gaza, résulte d’un plan prémédité, par les dirigeants du Hamas, à Gaza et à l’étranger, avec des éléments régionaux. Abbas accuse, en outre, le Hamas, d’avoir essayé, récemment, de le tuer. De son côté, Mohamed Dahlan, conseiller d’Abbas pour la sécurité, s’inquiète du gouffre qui sépare la Cisjordanie de Gaza.

Dans cette situation extrêmement complexe, il vaut la peine de rappeler que l’Autorité palestinienne, notamment sa principale composante, le Fatah, n’est pas seule à décider. Concernant l’Autorité palestinienne et le Fatah, il faut se souvenir du rôle de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et de son conseil central (CCOLP). Le CCOLP prend les décisions capitales ; et l’OLP chapeaute l’Autorité palestinienne du président Abbas.

Dans cette nébuleuse, qui gravite, autour de Mahmoud Abbas, il faut distinguer trois types d’action : la diplomatie ; l’information ; et le terrorisme. La diplomatie palestinienne, se résume, comme ci-après. Les Palestiniens, reconnaissent, la légitimité, de l’Etat d’Israël. Ils veulent, un Etat palestinien, en Cisjordanie. Avec, Jérusalem-Est, comme capitale. Ils veulent libérer, la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, afin de l’intégrer, au futur Etat palestinien, englobant la Cisjordanie. Vu de l’extérieur, cette diplomatie, nous semble, évidemment, équitable.

L’information palestinienne, quant à elle, est très différente, de son pendent diplomatique. Tant l’information circulant, parmi les Palestiniens, que l’information, relayée, par la gauche et l’extrême gauche européenne, visent la libération de la Palestine et de Jérusalem. Concrètement, il s’agit de libérer toute la Palestine, Etat d’Israël et Jérusalem tout entière inclus. Les juifs israéliens, seraient, dans ce cas de figure, invités à rester en Palestine libérée ou à s’exiler.

Le terrorisme palestinien, quant à lui, n’est que la concrétisation, sur le terrain, de l’information palestinienne, et non pas, de la diplomatie palestinienne. L’objectif de l’Organisation de Libération de la Palestine n’a pas changé. Il s’agit, justement, de libérer la Palestine, toute la Palestine.

L’habileté, typiquement orientale, des différentes entités palestiniennes, est, justement, de jouer, sur ce double langage. Langage diplomatique (les territoires contre la paix) d’une part ; langage de l’information (propagande) et de l’action (terrorisme) d’autre part. Il y a, en Israël, au sein de la diaspora juive et au sein de l’administration Bush, diverses formes, de réaction, à cette stratégie palestinienne contradictoire.

La première réaction, consiste à miser, sur la diplomatie. On part du principe, qu’on calmera, la propagande et le terrorisme palestiniens, en cédant la Cisjordanie et Jérusalem-Est. La deuxième réaction est très différente. Elle mérite d’être détaillée ci-dessous.

Si la droite israélienne, l’emportait, aux prochaines élections, le nouveau gouvernement, serait éventuellement enjoint, par une partie non négligeable des électeurs israéliens, à ne plus reconnaître, peut-être même à démanteler, l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

L’armée israélienne, dans la foulée, serait appelée, à détruire, l’infrastructure terroriste palestinienne, en Cisjordanie et à Gaza. Les accords d’Oslo, n’auraient plus, de véritable sens.

Ce n’est, d’ailleurs, qu’après la cessation, des hostilités susmentionnées, que reprendraient, les négociations. Celles-ci, partiraient, du principe, de deux Etats, de part et d’autre du Jourdain. Une Confédération jordano-palestinienne, à l’est du Jourdain, avec Amman pour capitale. Un Etat israélien à l’ouest du Jourdain, avec Jérusalem pour capitale. Cette initiative, partirait d’une réalité, à savoir qu’actuellement, 70% des citoyens jordaniens, sont des Palestiniens.

Les Palestiniens, qui choisiraient, de rester, en Cisjordanie, deviendraient, citoyens de la Confédération jordano-palestinienne. Les Palestiniens, titulaires d’un passeport israélien et résidant actuellement en Israël, et souhaitant y rester, se verraient offrir, s’ils le souhaitent, l’alternative, d’une citoyenneté de la Confédération jordano-palestinienne.

La question centrale, ne serait plus, une question de territoires. Ce futur Israël, demeurerait, selon ses artisans, somme toute, extrêmement réduit, en comparaison, de l’ensemble des territoires, du Proche et du Moyen Orient.

Cette réaction, à l’actuelle stratégie palestinienne, est une réalité possible. Je suppose, que le simple fait de la mentionner, est, une grave violation, de la Déclaration Universelle de la Pensée Unique (DUPE).


Miguel Garroté
http://monde-info.blogspot.com/
miguel.garrote@yahoo.fr

vendredi 29 juin 2007

Quelle liberté ?

Le propre (ou plutôt le sale) de la démocratie, en Europe, c’est la pensée unique, le politiquement correct. Fait amusant, les USA, que nous autres Européens, critiquons avec ce mélange unique de légèreté et d’acharnement, les USA donc, n’ont pas ce problème, de pensée unique et de politiquement correct. Un exemple : les néo-conservateurs. Aux USA, les néo-conservateurs, constituent, un courant parmi d’autres. Ce n’est considéré ni comme nouveau, ni comme dangereux. En Europe, en revanche, néo-conservateur, veut dire, réactionnaire et belliqueux. Les néo-conservateurs sont nés aux USA, mais ils ne représentent pas un courant de pensée exclusivement américain. Les néo-conservateurs défendent, ce que l’on appelle, ordinairement, la civilisation occidentale ; et que personnellement, je préfère appeler, la société judéo-chrétienne. Les néo-conservateurs ne sont pas anachroniques, racistes ou dictatoriaux. Ils défendent et valorisent la liberté d’entreprise, la liberté individuelle et l’accès à la propriété privée. Les néo-conservateurs estiment que le silence vis-à-vis de crimes contre l’humanité est inacceptable. Les néo-conservateurs ont engendré la politique de Ronald Reagan. Je me souviens que, déjà à l’époque, une certaine classe politico-médiatique parisienne, essayait, de faire passer, Reagan, pour un fasciste. Par la suite, l’histoire a prouvé, que Reagan, était, simplement, un chrétien, conscient de l’horreur du communisme goulaguier. Aujourd’hui, on retrouve ces néo-conservateurs avec, en France, des blogs tels que les4verites.com ou leblogdrzz.over-blog.com. Et avec, aux USA, le Weekly Standard ou le Hudson Institute, entre autres. Les valeurs auxquelles les Français se sont identifiés avec Nicolas Sarkozy sont, en fait, néo-conservatrices. Il n’en demeure pas moins que l’image des USA, est mauvaise, en Europe en général, et en France en particulier. Fait tragicomique, le réchauffement climatique arrive en priorité, devant la prolifération nucléaire (dans un pays comme l’Iran des mollahs par exemple). L’image des USA s'est dégradée également au Proche et au Moyen-Orient. En Turquie, théoriquement alliée des USA et, surtout, membre de l'Otan, 9% des personnes ont une perception favorable des Etats-Unis. Dans les territoires palestiniens 13%. Depuis la victoire, au Congrès américain, du parti démocrate contre le parti républicain, la politique étrangère américaine oscille entre le néo-conservatisme et le pseudo-humanisme. L'aile « progressiste » des démocrates, a voulu faire plier Bush, sur le financement de l'Irak, en lui imposant un calendrier de retrait. Certains pourtant, notamment ceux qui gardent un mauvais souvenir du temps où Bill Clinton a abandonné la Somalie, Haïti et le Rwanda, ont démonté ce château de carte du retrait. L’Iran continue à défier les démocraties occidentales. Le Hezbollah se réarme au Liban. Le Hamas islamique a pris le contrôle de la bande de Gaza. Des terroristes palestiniens al-qaïdiques défient l'armée libanaise. Aux USA, Bush est affaibli par la défection de celles et ceux qui ne songent plus qu’aux prochaines élections. L’Europe refuse la notion de génocide pour le Darfour (200 000 morts), que proposent les USA. Le nazisme a causé la mort de 50 millions de personnes. Le communisme 120 millions de personnes. L’islamisme (et non pas l’islam), comme autrefois le nazisme et le communisme, est tantôt ignoré, tantôt minimisé. C’est curieux. Ce sont toujours des « progressistes », qui reportent dans le temps, et aggravent au final, le bilan humain des idéologies génocidaires.

Miguel Garroté
http://monde-info.blogspot.com/

Henri Durand a écrit:

Je suis en tout cas personnellement d'accord avec le fond de votre analyse !

Je pense toutefois que vous sous-entendez une définition bien large du "néoconservatisme" (dont l'existence même, entant que mouvement, est controversée).

Reagan était-il vraiment un néoconservateur ? Il semble plutôt avoir été un conservateur "classique", issu de Buckley et Goldwater (mais aussi un Républicain loyal, ce qui tempérait son appartenance au mouvement conservateur) plus que de Strauss et Podhoretz. Très cordialement,

Henri Durand, Blog Le Salon Beige

Réponse:

Votre pertinente réaction ci-dessus mérite
réflexion de ma part et je vous en remercie.
J'ai ébauché une partie seulement de cette réflexion sur:
http://monde-info.blogspot.com/
avec deux articles intitulés
"anthropologie judéo-chrétienne de la France d'aujourd'hui",
1ère partie le lundi 25 juin et 2ème partie le mercredi 27 juin,

que vous pouvez toutes deux consulter.

Miguel Garroté

Iran : l’heure de vérité

L’heure de vérité, approche, concernant l’Iran. Tout commence, avec un fait divers, pas si anodin que cela. Le gouvernement iranien, décide, de rationner l’essence, à raison de 3,5 litres, par personne et par jour, pour une période de dix mois. Le gouvernement iranien, rend publique, cette mesure de rationnement, trois heures, avant son entrée en vigueur. Résultat : la population, furieuse, détruit, des dizaines de stations service, à Téhéran, et ailleurs, dans le pays. Bilan officiel : plusieurs morts et des blessés. Depuis qu’Ahmadinejad est président de l’Iran, soit depuis deux ans, c’est la première rébellion populaire d’une telle ampleur.

Questions : comment ce fait-il, que l’Iran, deuxième réservoir mondial de pétrole, rationne, l’essence, à raison de 3,5 litres, par jour et par tête de pipe ? Comment se fait-il, que le gouvernement iranien, subventionne, l’essence importée, pour un montant de cinq milliards de dollars par an, diminuant ainsi, le prix à la pompe, payé par les consommateurs iraniens ? Réponses : parce que l’Iran, dépend, de l’importation de pétrole raffiné, autrement dit d’essence ; parce que les capacités iraniennes de raffinage, ne couvrent pas, les besoins, de la consommation interne d’essence. L’Iran, importe, quarante pour cent, de son pétrole raffiné. Pour couvrir lui-même, ses besoins en pétrole raffiné, en essence, l’Iran doit investir, douze milliards de dollars.

Autres questions : pourquoi l’Iran, deuxième réservoir mondial de pétrole brut, fait-il de ses centrales nucléaires, une priorité absolue ? Pourquoi l’Iran dépense-t-il, des milliards de dollars, dans le nucléaire, avant d’investir, dans le raffinage de pétrole ? Pourquoi l’Iran subventionne-t-il, l’essence, à raison de cinq milliards de dollars par an, alors que la même somme, sur deux ans et demi, soit douze milliards de dollars, lui permettrait, de raffiner lui-même, son pétrole ; et par conséquent, de ne plus devoir importer, de l’essence, au prix du marché mondial ? Réponses : parce que le nucléaire iranien n’est pas civil ; parce que le nucléaire iranien est militaire ; parce que la priorité, du président Ahmadinejad, n’est pas, l’autosuffisance, en hydrocarbures, au profit du peuple iranien ; parce que la priorité, du président Ahmadinejad, c’est de posséder la bombe nucléaire au plus vite.

Petit rappel. En octobre 2005, peu après son élection, le président iranien Ahmadinejad, déclare, en public (depuis, il n’arrête pas…), d’une part, que la Shoah est une invention. Et d’autre part, qu’il faut « rayer Israël de la carte ». Concrètement, Ahmadinejad organise, à Téhéran, un congrès international révisionniste, qui remet en cause, la véracité, de la Shoah, avec la participation des révisionnistes Robert Faurisson, Georges Theil et Frederick Töben (voir le documentaire de la British Broadcasting Corporation, du 16 décembre 2006).

Ce révisionnisme islamique iranien, ne signifie pas, une simple provocation verbale. Ce révisionnisme, traduit, une réelle détermination. Le fait est que ce discours extrémiste, coïncide, avec la construction de centrales nucléaires iraniennes ; et avec l’enrichissement d’uranium ; sous la présidence du même Ahmadinejad ; en désaccord avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique ; et en désaccord avec l’Organisation des Nations Unies.

L’équilibre des forces, au Proche et au Moyen-Orient, fait actuellement de l’Iran, un acteur avancé, jusqu’au Sud-Liban (Hezbollah) et Gaza (Hamas), soit jusqu’à la frontière d’Israël. Ce même Israël que l’Iran veut « rayer de la carte ». La farce iranienne, des 3,5 litres d’essence, par jour et par voiture, c’est l’heure de vérité, qui approche, pour les mollahs intégristes de Téhéran. Bientôt détenteurs d’armes nucléaires, de plus en plus contestés par le peuple, les mollahs n’ont plus rien à perdre. Les démocraties occidentales en ont-elles conscience ? Il est permis d’en douter.
Miguel Garroté
http://monde-info.blogspot.com/

mercredi 27 juin 2007

Petite anthropologie judéo-chrétienne
De la France d’aujourd’hui
(deuxième partie)

Lundi 25 juin, je publiais, sur ce blog, la première partie, d’une « Petite anthropologie judéo-chrétienne de la France d’aujourd’hui ». Cette première partie, mettait l’accent, sur l’élément politique. La deuxième partie, ci-dessous, analyse, l’élément éthique et religieux, tel qu’il s’inscrit dans l’ensemble politique. Voyons cela tout en restant simple.

Le 19 juin, le Vatican, dans une dépêche de l’agence Zenit, citait Simone Veil (elle légalisa l’avortement en 1975, alors qu’elle était ministre de la santé), à propos de l’avortement, en ces termes : « On ne peut obliger personne à aller contre ses convictions (…) C'est une question éthique et pas seulement un geste médical (…) Il est de plus en plus évident scientifiquement que, dès la conception, il s'agit d'un être vivant ».

Venant de la part de Simone Veil, cette réflexion est à la fois un virage à 180 degrés, une rupture avec la pensée unique et, qu’on le veuille ou non, une approche qui participe de l’éthique et de la conscience. En deux mots : Dieu agit.

Le 25 juin, Thierry Boutet, demande que les catholiques comprennent les motivations de ceux qui, comme la Fondation de service politique, tentent de défendre le bien commun auprès de la majorité actuelle : « Nous avons constamment à nous demander quel est l’acte politique, le vote ou l’alliance tactique, qui donnera le plus de chance et d’opportunité de faire le bien dans notre combat pour le respect de la dignité de la personne (…) Les uns estimeront qu’il faut soutenir un parti de gouvernement, d’autres penseront qu’il faut être dans l’opposition. Ces différences sont légitimes (…) Sur les questions qui concernent la vie, le mariage, l’école et l’éducation, les chrétiens doivent, plus que d’autres, être unis ».

Sur Salon Beige, Henri Védas réagit, aux propos de Thierry Boutet, en écrivant : « Etant entendu qu’être unis n'interdit pas, au contraire, de comparer calmement, y compris à haute voix, l’efficacité de différentes stratégies possibles ».

Le 26 juin, Rémi Fontaine, dans Présent, répond à Thierry Boutet que la défense par les catholiques de leurs communautés naturelles n’empêche pas, d’agir, autant que possible, au sein des institutions politiques actuelles : « à condition de ne pas être dupe de la déficience intrinsèque de ces institutions, en devenant des cautions catholiques, des alliés objectifs de cette déficience, voire des idiots utiles ».

Toujours le 26 juin, la Commission des épiscopats de la Communauté européenne rappelle: « il serait mieux pour l’Europe que le traité reconnaisse explicitement que le christianisme a constitué et continue à constituer son héritage culturel et religieux, sans pour autant exclure les autres traditions religieuses (…) Nous prenons acte du fait que le paragraphe du préambule du traité constitutionnel, qui sera transposé dans le préambule du traité UE, fait référence à l’héritage culturel, religieux et humaniste de l’Europe. Nous nous en réjouissons. Nous réaffirmons cependant notre conviction selon laquelle il serait mieux pour l’Europe que le traité reconnaisse explicitement que le christianisme a constitué et continue à constituer son héritage culturel et religieux, sans pour autant exclure les autres traditions religieuses ». Les médias (blogs, quotidiens, etc.), de la droite nationale et catholique, gardent, en revanche, une tonalité, beaucoup plus sceptique et agressive, à l’égard de l’Union européenne en général ; et à l’égard du rôle de Nicolas Sarkozy dans ce cadre, en particulier.

Tentons, de reprendre, les faits, énumérés ci-dessus, sous l’angle de l’anthropologie judéo-chrétienne. Nous l’avons écrit dans la première partie, l’anthropologie judéo-chrétienne, c’est tout simplement l’étude, à la fois théologique et philosophique, de la personne humaine, sous le regard de Dieu. La personne humaine, sous le regard de Dieu, est corps, âme et esprit. Créée par Dieu, la personne humaine est appelée à vivre dans l’unité de son corps, de son âme et de son esprit. L’esprit permet l’exercice quotidien de la volonté. Cette volonté permet de poser des actes, y compris des actes d’amour, qui vont au-delà de ce que l’on ressent. C’est, en réalité, l’exercice de la liberté intérieure. Vue sous cet angle, la façon dont se déroulent, les débats politiques, éthiques et religieux en France, révèle, le désordre, que vis ce pays, en termes d’anthropologie judéo-chrétienne.

Les deux exemples pris ci-dessus – l’un concernant les catholiques et la politique en France, l’autre concernant les catholiques et l’Europe – soulèvent la question de savoir s’il faut, plutôt faire alliance (tel Thierry Boutet) ; ou plutôt faire opposition (tels Henri Védas et Rémi Fontaine).

Ce qui me frappe, chez Henri Védas et Rémi Fontaine, c’est qu’ils commencent par entrer en matière avec Thierry Boutet. Mais pour ajouter en suite des « étant entendu que » et des « à condition de ». Tout cela, pour aboutir à la « déficience intrinsèque » des institutions et au fait qu’en y participant, les catholiques deviennent des « alliés objectifs de cette déficience, voire des idiots utiles ». Si je résume cette façon de penser, elle donne ceci : il faut être idiot pour s’engager dans des institutions intrinsèquement déficientes. Donc, Thierry Boutet et tous ceux de son espèce sont des idiots. Et à contrario, les Védas et autres Fontaine sont des gens intelligents. Il ressort de tout cela qu’en définitive, la chose qui compte avant tout, c’est, je cite encore les ténors de l’opposition, « la défense par les catholiques de leurs communautés naturelles ». C’est à partir de cette dernière affirmation, que j’aimerais, ci-dessous, reprendre l’aspect anthropologique.

La question centrale demeure celle-ci : jusqu’à quel degré les catholiques français sont-ils catholiques ? Et qu’entendent-ils, au juste, par être catholique ? Si je veux répondre à ces questions avec l’aide de l’anthropologie judéo-chrétienne, je dois me souvenir que celle-ci est l’étude à la fois théologique et philosophique, de la personne humaine, sous le regard de Dieu (au fil de l’histoire, cette anthropologie jaillit des Psaumes du Roi David, des Appels des Prophètes, tels Isaïe et Jérémie, des Paroles de Saint Paul, Saint Irénée, Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin). Bien.

Les catholiques français sont-ils à la fois théologiquement et philosophiquement catholiques ? Je crois que le problème commence ici. Nous qui regardons nos amis français depuis l’extérieur, en ce qui me concerne, depuis les Alpes suisses, à 1'500 mètres d’altitude en Valais, que leur reprochons-nous le plus souvent ? La polémique verbale et l’individualisme. « Les Français sont des râleurs ». « Les Français ne sont jamais contents ». « Les Français, ce n’est que du blabla et ils ont toujours raison ». Et ainsi de suite. Laissons de côté les reproches et cherchons l’explication. La majorité des catholiques français, même ceux qui ont fréquenté des écoles privées, traditionalistes ou pas traditionalistes, sont inévitablement marqués par le siècle des « libres penseurs » et la révolution dite « française ».

Bien sûr, si nous leur disons cela sans amitié, ils vont mal le prendre. C’est pour leur éviter ce malaise, que le présent article demeure, somme toute, assez long. Les catholiques français veulent bien rester catholiques, mais à un certain nombre de conditions. D’abord, il leur faut impérativement, je les cite encore, « la défense de leur communauté naturelle ». Ce n’est pas uniquement le cas des traditionalistes, je m’empresse de le préciser. Ensuite, il leur faut une personne de référence, laïc ou clerc, au sein de leur communauté. Enfin, il faut que chacune et chacun garde, la possibilité, de s’affirmer, au plan strictement verbal.

En dehors de sa communauté qu’il dit naturelle ; en dehors d’une personne à qui se référer ; en dehors de l’affirmation verbale de soi, le catholique français, a beaucoup de peine à survivre et à durer dans la foi. Le catholique français traditionaliste est parfois, sans le savoir, théologiquement catholique et philosophiquement anti-universel. Le catholique français conciliaire ou charismatique est parfois, sans le savoir, philosophiquement universel et théologiquement anti-catholique. Or, le problème, c’est que, justement, catholique, terme venant du grec, veut dire universel.

mardi 26 juin 2007

Russie & Israël : le temps se gâte.

L’actuelle pénétration militaire, de la Russie, au Proche et au Moyen-Orient, démontre sa volonté d’augmenter, son rôle géostratégique, dans la région : livraisons de combustible nucléaire à la centrale de Busher, en Iran ; défense anti-aérienne des sites nucléaires iraniens par des équipements russes ; livraison d’avions de combat russes MIG 31 et de rampes de lancement de missiles russes SS-26 à la Syrie. La Russie s’affirme également au plan diplomatique : Hamas reçu à Moscou ; hostilité à l’installation d’un bouclier, par nature, purement défensif en Europe centrale et orientale.

De son côté, l’Iran, par la bouche d’Ali Larijani, président du Conseil suprême de sécurité, déclare, dans une récente interview, au magazine Newsweek : « Il est vrai que nous soutenons le Hezbollah et le Hamas (…) des sanctions supplémentaires de l’ONU n’entraveront pas notre programme nucléaire ». De plus, la coopération entre l’Iran et la Syrie, permet, la circulation d’armes, qui franchissent la frontière Syro-libanaise. A cela viennent s’ajouter, les lancements, depuis la bande de Gaza et le Sud-Liban, de roquettes sur des localités israéliennes.

Dans ce contexte, répéter en Cisjordanie, un retrait, tel que dans la bande de Gaza, et céder le Golan à la Syrie, peut donner lieu, à un Etat palestinien, sous la menace, dirigée contre Israël, de roquettes depuis le Sud-Liban et la bande de Gaza (comme ces derniers jours), de missiles SS-26 russes depuis la Syrie, voire de missiles nord-coréens depuis Iran. Sans compter que la Syrie ne semble nullement disposée à négocier une quelconque paix. En effet, la Syrie a récemment évacué l’idée de pourparlers avec Israël en raison de la rupture entre le Fatah et le Hamas. « Le Fatah, même s’il est reconnu par la communauté internationale, ne peut ignorer le Hamas », a affirmé Farouk al-Shara, le vice-président syrien.

Au coeur d’un tel climat, les réticences européennes à condamner le Hamas et le Hezbollah, alliés des Iraniens, les réticences européennes à condamner les livraisons d’armes russes à la Syrie, les réticences européennes à sévir contre l’Iran, ne font que conforter, la Russie, dans sa téméraire politique, au Proche et au Moyen-Orient. La Russie, l’Iran et la Syrie, ont un intérêt commun, au Proche et au Moyen-Orient, ainsi qu’en Asie centrale : contrôler le Liban ; affaiblir (pour la Russie) et détruire (pour l’Iran et la Syrie) Israël ; bouter les USA hors d’Irak et d’Afghanistan.

L’équilibre des forces, au Proche et au Moyen-Orient, fait actuellement de la Russie, de l’Iran et de la Syrie, des acteurs avancés, jusqu’au Sud-Liban et Gaza, soit jusqu’à la frontière d’Israël. Israël a rarement été confronté à un climat aussi dangereux qu’aujourd’hui. Dès lors, n’est-il pas un peu léger, de demander, précisément maintenant, à Israël, des concessions territoriales majeures ?

lundi 25 juin 2007

Petite anthropologie judéo-chrétienne
de la France d’aujourd’hui
(première partie)

La façon, dont se sont déroulées, les élections – présidentielles, puis législatives – en France, révèle, une fois encore, le désordre, que vis ce pays, en termes d’anthropologie judéo-chrétienne. Entendons-nous bien. Il ne s’agit pas de juger. L’anthropologie judéo-chrétienne, n’est pas une science ou un jugement, exercés par et pour une élite, bien au contraire.

L’anthropologie judéo-chrétienne, c’est tout simplement l’étude, à la fois théologique et philosophique, de la personne humaine, sous le regard de Dieu. Le philosophe français Jean-Marie Meyer, enseigne cela, à des jeunes de 16 ans. Beaucoup de ces jeunes, n’iront pas, jusqu’au baccalauréat français ; ou jusqu’à la maturité fédérale suisse. Au fil de l’histoire, cette anthropologie jaillit des Psaumes du Roi David, des Appels des Prophètes, tels Isaïe et Jérémie, des Paroles de Saint Paul, Saint Irénée, Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin.

Nicolas Sarkozy a tenté – et tente encore – peut-être sans même s’en rendre compte, de réintroduire, un peu de cette anthropologie, dans la pensée française moderne. Dans son livre, intitulé La République, la religion, l’espérance, Nicolas Sarkozy, a écrit, que les chrétiens ne doivent pas avoir honte de leur foi ; et ne doivent pas avoir de complexe d’infériorité. Intéressante, aussi, la définition de la laïcité selon Sarkozy, qui figure, également, dans ce livre : « Je crois dans une laïcité positive, c’est-à-dire dans une laïcité qui garantit le droit de vivre sa propre religion comme un droit fondamental de la personne. La laïcité n’est pas l’ennemie des religions, au contraire, la laïcité est la garantie pour chacun de nous de croire et de vivre sa propre foi ».

Il est exact que Nicolas Sarkozy, a conquis, la majorité, des voix des catholiques et des juifs ; du moins les voix des catholiques et des juifs, qui ont, le courage, de s’afficher comme tels. Sarkozy, s’est déclaré, ouvertement, pour l’ordre et le respect de l’autorité. Il a rappelé, que les citoyens, ont des droits, mais aussi des devoirs ; les catholiques et les juifs français, se sont montrés, particulièrement sensibles, à ces deux points.

Cela dit, la façon, dont se sont déroulées les dernières élections, nous l’avons écrit, révèle, le désordre, que vit la France, en termes d’anthropologie judéo-chrétienne. L’atmosphère politique et médiatique, qui règne depuis ces élections, démontre, à quel point, ce désordre anthropologique, perdure, au-delà du vote présidentiel de mai et du vote législatif de juin.

L’anthropologie judéo-chrétienne, écrivons-le encore une fois, c’est tout simplement l’étude, à la fois théologique et philosophique, de la personne humaine, sous le regard de Dieu. En quoi, la France moderne, s’est-elle coupée, de cette forme-là d’anthropologie ? Il y a de nombreuses causes à cette coupure. Tentons, ci-après, d’en résumer au moins une. Concentrons-nous, pour cette fois-ci, sur l’élément politique.

La gauche française, a collaboré et gouverné, avec le Parti communiste français ; qui lui, on le sait aujourd’hui, était sous le contrôle du Parti communiste de l’Union soviétique ; qui lui, à son tour, fut l’acteur d’un système, cela aussi on le sait aujourd’hui, ayant tué, à l’échelle de la troisième Guerre mondiale, la Guerre froide, directement ou indirectement, 120 millions de personnes, entre 1917 et 1992. La gauche française, n’a pas fait, de véritable déclaration publique de repentance, à ce sujet. Et elle souffre, de ce fait, d’un complexe inavoué d’infériorité et de culpabilité.

La droite française, elle aussi, garde, un sentiment inavoué, d’infériorité et de culpabilité. Il n’y a pas eu, à ce jour, la moindre tentative, de demande de pardon et de réconciliation, entre la droite issue de la capitulation, pendant la deuxième Guerre mondiale ; et la droite issue de la libération, à la fin de la deuxième Guerre mondiale. Or, on sait aujourd’hui, que des personnes, présentées comme des résistants, avaient en réalité, exercé, diverses formes de non-résistance et même de collaboration. On sait aujourd’hui également, à quel point, l’attitude d’un de Gaulle, à l’égard des USA et de la Grande Bretagne, pendant et après la deuxième Guerre mondiale, a compliqué, la lutte, contre Hitler, puis contre Staline et ses successeurs. De plus, la droite française actuelle (2007), se veut, encore, héritière de la Révolution française (1789) et d’une laïcité qui frise l’absolutisme.

Tout ceci, est d’autant plus affligeant, que nous n’en sommes, ni à la deuxième Guerre mondiale ; ni à la troisième Guerre mondiale, appelée Guerre froide ; nous en sommes à la quatrième Guerre mondiale, celle menée par le terrorisme islamique et ses supporters contre la société judéo-chrétienne.

Il y a, aujourd’hui, en France, un courant « néo-conservateur » (voir par exemple le blog drzz). Ce courant, ami des Républicains américains et ami d’Israël (voir par exemple desinfos.com), avec – un journaliste parmi d’autres – Michel Gurfinkiel, fait le constat suivant : la France souffre de l’hiver démographique ; du choc de l’immigration ; du chaos social ; et de la banqueroute publique.

Fait intéressant, les « néo-conservateurs », ont quelques points communs, avec la « droite nationale et catholique » (voir par exemple le blog salon beige), représentée, entre autre, par le journaliste Patrice de Plunkett. Les « néo-conservateurs », ainsi que la « droite nationale et catholique », ont aussi, quelques points communs, avec des députés de la « droite conservatrice », élus ou réélus ce mois-ci, tels Christine Boutin, Christian Vanneste, Hervé Novelli, Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Jean-Marc Nesme, Jean-Paul Garraud, etc. Cependant, à ce jour, le dialogue, semble-t-il, ne s’opère pas ou pas encore, entre ces trois milieux.

Il y a, dans l’absence de dialogue entre ces trois milieux, un désordre anthropologique, au sens judéo-chrétien du terme. La personne humaine, sous le regard de Dieu, est corps, âme et esprit. Créée par Dieu, la personne humaine est appelée à vivre dans l’unité de son corps, de son âme et de son esprit. L’esprit permet l’exercice quotidien de la volonté. Cette volonté permet de poser des actes, y compris des actes d’amour, qui vont au-delà de ce que l’on ressent. C’est, en réalité, l’exercice de la liberté intérieure.

Tant que les « néo-conservateurs », la « droite nationale et catholique » et les politiciens de la « droite conservatrice » – ce ne sont là que des étiquettes, imposées, par le politiquement correct, la pensée unique – ; tant que ces trois milieux donc, refuseront de se rencontrer, de s’écouter mutuellement, de découvrir qu’ils ont, peut-être, une plateforme commune, au moins sur l’essentiel ; tant qu’il en sera ainsi, la France sera la patrie de l’antagonisme qui divise ; de l’opposition qui s’enferme ; de l’affrontement qui demeure stérile ; des rancunes qui fixent le passé ; des ambitions courtes et individuelles. La France sociologique, a besoin, de prophètes anthropologiques, qui se donnent, au service de l’unité.

vendredi 22 juin 2007

Quelle Palestine ?

Le lundi 18 juin, on apprend, à la lecture d’une interview du colonel Bahaa Balusha (un coordinateur du renseignement à l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas), interview parue dans l’hebdomadaire allemand Spiegel, les raisons, réelles ou supposées, de l’effondrement, des services de sécurité, de l’Autorité palestinienne, à Gaza : manque de financement et de matériel ; manque d’aide américaine. Le colonel Balusha prétend, à tort ou à raison, que les Etats-Unis n’ont pas réellement contribué, à la mise à niveau, des forces de sécurité palestinienne.

L’effondrement du Fatah à Gaza, selon le colonel Balusha, est dû, aussi, à l’appui, que Al-Qaïda et le Hezbollah libanais, ont apporté, au Hamas. Selon Balusha, le Hamas explosera d’ici quatre mois. Les islamistes du Hamas, ont armé quelque 100.000 personnes à Gaza, et vont perdre le contrôle sur ces personnes. D’autant plus que les différents courants du Hamas, vont entrer dans une lutte intestine, au moment du partage du pouvoir.

Le lendemain, mardi 19 juin, on apprend, grâce à des réseaux d’information catholiques et israéliens, que le Hamas a saccagé l’église latine de Gaza ; et vandalisé une école et un couvent catholiques. Des membres du Hamas, ont pénétré dans l’église latine de Gaza, et l’ont saccagée, détruisant des croix et des livres de prières. Puis, ils y ont mis le feu. L’école et le couvent de religieuses catholiques, à Gaza, ont donc également été vandalisés. Des croix ont été détruites ; une statue du Christ endommagée ; et des livres de prière brûlés, dans l’école des soeurs du Rosaire et dans le couvent voisin. Des ordinateurs ont également été volés. De nombreux enfants musulmans étaient scolarisés dans cette école ; y compris les enfants de notables de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

Le lendemain, mercredi 20 juin, on apprend, toujours grâce à des réseaux d’information catholiques et israéliens, que les chrétiens pourront continuer à vivre dans la Bande de Gaza…s’ils acceptent la loi coranique, y compris, pour les femmes de se couvrir la tête en public ! « J’attends que nos voisins chrétiens comprennent le vrai changement des nouvelles lois du Hamas. Ils doivent être prêts pour la loi coranique s’ils veulent vivre en paix dans Gaza », a dit cheik Abu Saqer, chef de Jihadia Salafiya, un groupe extrémiste à Gaza. Sont interdits également les Cyber cafés, les piscines et les bars. Cheik Abu Saqer, a prétendu, qu’il n’y avait aucun besoin, pour le millier de chrétiens vivant dans la Bande de Gaza, de maintenir un grand nombre d’institutions chrétiennes sur le territoire (en réalité 2000 chrétiens vivent dans la Bande de Gaza). Cheik Abu Saqer, a dit que le Hamas, doit imposer l’autorité Islamique ; ou alors, le Hamas perdra cette autorité qui est la volonté du peuple…

Encore le mercredi 20 juin, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, déclare, que le coup d’Etat du Hamas, dans la bande de Gaza, résulte d’un plan prémédité, par les dirigeants du Hamas, à Gaza et à l’étranger, avec des éléments régionaux. Abbas accuse, en outre, le Hamas, d’avoir récemment essayé de le tuer. De son côté, Mohamed Dahlan, conseiller d’Abbas pour la sécurité, s’inquiète du gouffre qui sépare la Cisjordanie de Gaza. Dans cette situation extrêmement complexe, il vaut la peine de rappeler que, d’une part le Hamas, et d’autre part l’Autorité palestinienne, notamment sa principale composante, le Fatah, ne sont pas seuls à décider. Concernant l’Autorité palestinienne et le Fatah, il faut se souvenir du rôle de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et de son conseil central (CCOLP). Le CCOLP prend les décisions capitales ; et l’OLP chapeaute l’Autorité palestinienne du président Abbas.

Toujours le mercredi 20 juin, on apprend, que le nouveau gouvernement d’urgence, mis en place par Abbas n’a, au plan légal, qu’un mois de légitimité. Au-delà de cette période, le gouvernement, doit être entériné, par le parlement palestinien. Autrement dit, de nouvelles élections démocratiques, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, s’imposent, en quelque sorte. Côté Hamas, la situation reste très ambiguë. Le mouvement extrémiste se divise en « modérés » et « fanatiques dangereux », affirme Mustafa Barghouti, palestinien indépendant et ancien ministre dans le l’ex-gouvernement d’union nationale dissout la semaine dernière. Mustafa Barghouti affirme encore que l’ex-gouvernement d’union nationale, était miné par le Hamas ; mais aussi par le Fatah, qui n’a toujours pas digéré, sa défaite électorale, en 2006. Le Fatah est corrompu, déclare l’indépendant Mustafa Barghouti, mais le Hamas encore plus.

Qu’en pense la population palestinienne ? Le mercredi 20 juin, un très sérieux institut de sondage, dirigé par Khalil Shikaki, publie les résultats suivants : la situation présente, est jugée franchement mauvaise, par 95% des Palestiniens en Cisjordanie ; et 85% dans la bande de Gaza ; 30% des Palestiniens veulent migrer ailleurs ; 45% des Palestiniens veulent la dissolution de l’Autorité palestinienne ; seuls 11% des Palestiniens de Cisjordanie et 8% des Palestiniens de Gaza, sont satisfaits, du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. En Cisjordanie, seuls 16% des Palestiniens soutiennent le chef du Hamas, Ismaël Haniyeh. Pour tout arranger, le Palestinien le plus populaire est un certain Marwan Barghouti du Fatah (à ne pas confondre avec le Mustafa du même nom mentionné dans le paragraphe précédent). Seulement voilà, Marwan Barghouti a commis divers actes terroristes meurtriers. Il purge la prison à vie en Israël…

jeudi 21 juin 2007

Moins de pensée unique ?

Y aurait-il, depuis quelques jours, un peu moins de pensée unique en France ? Concernant l’avortement en France, Madame Simone Veil, vient de défendre la clause de conscience. « On ne peut obliger personne à aller contre ses convictions », a déclaré Mme Simone Veil, défendant ainsi la clause de conscience à propos de l’avortement.

Il faut dire que la chaîne de télévision France 2 a diffusé, le 14 juin, un reportage sur l’avortement à hauts risques en Espagne, où certains médecins le pratiquent jusqu’au huitième mois de grossesse, pour la somme de 4 000 euros.

Simone Veil (qui légalisa l’avortement en 1975, alors qu’elle était ministre de la santé) reconnaît que la situation évoquée par France 2 est « effrayante ». L’enquête de France 2, révèle, que l’accès à l’avortement est devenu difficile en France, notamment parce que les médecins se détournent de cette pratique.

« Il est de plus en plus évident scientifiquement que, dès la conception, il s'agit d'un être vivant », a encore déclaré Simone Veil. Venant de sa part, cette réflexion est à la fois un virage à 180 degrés et une rupture avec la pensée unique.

Jean-Marie Le Pen, président du Front national et député au Parlement européen, a salué, hier 20, le geste du Président Nicolas Sarkozy, qui l’a reçu à l’Elysée dans le cadre de ses consultations avant le Conseil européen d’aujourd’hui jeudi et demain vendredi. « Il m’a entretenu de ses projets européens, j’ai dit (…) nos profondes divergences sur ce sujet. Nous avons procédé à un échange de vues général et je note que le président de la République a depuis longtemps pris l'initiative de recevoir le président du Front National, ce que je considère comme un geste démocratique », a déclaré le Jean-Marie Le Pen.

Le Parti Socialiste s’est étonné que, pour la première fois, le leader de l’extrême droite et député européen soit reçu avant un sommet européen par le président de la République. Or, Nicolas Sarkozy a notamment reçu, dans la perspective du Conseil européen les dirigeants socialistes François Hollande et Laurent Fabius, le fondateur du MoDem François Bayrou, ainsi que Simone Veil, Edouard Balladur, Jean-Pierre Raffarin, Patrick Devedjan, etc..

Lors d’une interview, hier mercredi 20 juin au soir, sur TF 1, Nicolas Sarkozy a notamment déclaré : « cette idée (réd. :d’un Traité simplifié) que j’ai portée seul pendant des mois, elle a aujourd’hui fait le tour de l'Europe ». Sur Le Pen : « Pourquoi l’ai-je reçu (réd. : Le Pen) ? Il rassemble sur son nom des millions de personnes. S’il a le droit de se présenter, c’est que la République le reconnaît ». (Réd.: venant d’un homme issu de la droite classique, c’est, là aussi, une rupture avec la pensée unique). Sur les universités : « Pourquoi la France, 5e puissance du monde, n’aurait pas le droit d'avoir des universités qui soient dignes de ce nom ». Sur le service minimum : « le mieux est qu’on y arrive par la concertation mais si elle n’est pas suffisante, il y aura une loi-cadre (...) J’ai pris des engagements devant les Français ». Sur la TVA sociale : « M. Strauss-Kahn (réd. : un socialiste) en avait parlé. C'est une idée qu’on étudie partout en Europe (...) Est-ce que je dois enterrer une idée uniquement parce que j’ai peur » (Réd.: là encore, rupture avec la pensée unique qui engendre la peur, notamment la peur de déplaire et qui engendre, à contrario, le désir obsessionnel de plaire à une certaine classe politico-médiatique).

mercredi 20 juin 2007

Labyrinthe terroriste

Depuis la prise de contrôle, de la bande de Gaza, par les branches armées du Hamas, les branches armées du Fatah, désormais concentrées en Cisjordanie, passent pour modérées. Un branche armée du Fatah (le mouvement de l’actuel président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas), branche armée qui se nomme « Les Brigades des martyrs Al Aqsa », ressemble pourtant, par ses méthodes, aux branches armées du Hamas.

En effet, les Brigades des martyrs Al Aqsa ont revendiqué l’explosion d'un kamikaze, le 8 février 2002, explosion qui tua le policier contrôlant le kamikaze en question. Les Brigades des martyrs Al Aqsa, ont revendiqué le 2 mars 2002, l’attentat suicide à la sortie d'une synagogue de Jerusalem ayant causé 10 morts, dont 5 enfants et 50 blessés. Les Brigades des martyrs Al Aqsa, ont revendiqué, le 21 mars 2002, l’attentat au centre de Jerusalem ayant tué trois personnes et fait près de 90 blessés.

La liste est encore longue. Les Brigades en question ont aussi revendiqué : les attentats des 29 et 30 mars 2002 à Jérusalem et à Tel Aviv (4 morts, près de 60 blessés) ; l’explosion, en avril 2002, au marché Mahane Yehuda, à Jérusalem, qui a fait 6 morts et plus de 100 blessés ; l’assassinat, le 27 mai 2002, d’une grand-mère et de sa petite-fille, de 18 mois ; les attentats mortels de juin à novembre 2002 ; le kidnapping d’un homme de 70 ans qui distribuait des habits à des palestiniens, avant qu'on ne le retrouve carbonisé dans sa voiture ; l’attentat à la station centrale de Bus de Tel Aviv qui a causé la mort de 22 personnes (de sept nationalités différentes) et en a blessé 120 ; l'attentat suicide du 24 avril 2003 ; l'attentat du 30 avril 2003 ayant tué 3 personnes dont une Française de 29 ans et blessé 60 personnes ; l'attentat dans le bus n°14 du 22 février 2004 ayant causé la mort de 8 personnes et blessé 60 autres. Et ainsi de suite.

Cela n’empêche nullement certains médias d’écrire, comme le quotidien Le Monde, hier 19 juin, je cite : …les Brigades des martyrs Al Aqsa, groupe armé qualifié de « terroriste » par Israël… fin de citation. Vous avez saisi ? Le journaliste met des guillemets au mot terroriste et attribue ce qualificatif à Israël exclusivement. Imaginez la presse israélienne écrire : …l’ETA, groupe armé qualifié de « terroriste » par l’Union européenne…

A l’inverse de l’Union européenne, Israël tient compte, dans sa politique globale, de ce qui se trame dans les coulisses de la guerre secrète. Suite aux récents événements dans la bande de Gaza (devenu Hamastan) et au Liban (combats entre l’armée libanaise et des terroristes palestiniens dans le Nord-Liban ; roquettes envoyées sur Israël ces tous derniers jours depuis de Sud-Liban), il y a en effet de quoi s’inquiéter. Les terroristes palestiniens du Nord-Liban sont-ils téléguidés par Al-Qaïda (sunnite) ou par la Syrie (alaouite) ou les deux ? Ou par l’Iran (chiite) actuellement allié à la Syrie ?

Certains terroristes palestiniens de Gaza, proches d’Al-Qaïda, mettent-ils en danger l’Egypte, son voisin territorial, via le Sinaï ? La confusion est totale. Le chef militaire du Hamas, Mechaal, est en Syrie. Le chef militaire du Fatah, Dahlan, était récemment au Caire. Le chef égyptien du renseignement, le général Suleiman, s’inquiète que des terroristes palestiniens d’Al-Qaïda à Gaza s’infiltrent en Egypte. Selon Mechaal, du Hamas, c’est Dahlan, du Fatah, qui s’allie occasionnellement avec Al-Qaïda…pour affaiblir le Hamas. Petit détail pour conclure, c’est exactement la situation qui a régné, au Liban, de 1975 à 1990. Les Européens ont oublié. Les Israéliens, eux, s’en souviennent comme si c’était hier…

mardi 19 juin 2007

Le temps presse

Le temps presse, pas vrai ? Voulez-vous une petite synthèse, de ce qui a été dit et fait d’intelligent, en France, ces derniers jours ? Alors, lisez.

1- Des conservateurs, dans le bon sens du terme, ont été (ré) élus : Hervé Novelli, Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Christine Boutin, Christian Vanneste, Jean-Marc Nesme et Jean-Paul Garraud. A Sarkozy de tirer l’enseignement qui en résulte.

2- A propos de bon sens conservateur, c’est quoi une bonne politique, avec une bonne philosophie, une bonne théologie et une science qui ne se prend pas pour Dieu ?

3- Benoît XVI affirme – on en a reparlé en France il y a peu – la nécessaire réconciliation de ces divers domaines. Ramener l’homme à sa matérialité, affirmer que tout est une question d’évolution, ne correspond même pas à la vision des grands scientifiques. La possibilité de réconciliation, c’est offrir une vision du monde qui intègre ces savoirs en tenant compte de leurs différences et non pas comme un tout. C’est comprendre l’être humain, avec la science et la philosophie. Exemple : une cellule embryonnaire est une cellule ; cette cellule a une âme spirituelle ; cette cellule a un code génétique ; cette cellule est un projet humain ; cette cellule est un enfant de Dieu.

4- Les médias ne doivent pas diffuser des informations fausses ou virtuelles, uniquement pour susciter de l’intérêt.

5- Battue, la gauche mène une Offre Publique d’Achat inamicale sur la résistance démocratique. Chaque voix apportée pour le PS constitue un impératif démocratique. La démocratie, c’est la gauche. Le danger pour la démocratie, c’est la droite. La gauche présente Sarkozy comme un « monstre » lorsqu’elle balance des procès d’intentions à la droite.

Voilà, c’est à peu près tout d’intelligent, en France, ces derniers jours. Y’a de l’espoir, pas vrai ? Bon. Je vous laisse. La journée n’est pas finie. On a encore du boulot…

lundi 18 juin 2007

Au-delà des souffrances

Aller au-delà des souffrances, c’est transcender les souffrances. Ce mouvement transcendant franchit l’obstacle de la souffrance (du latin transcendens, qui franchit). Il va de l’autre côté, il traverse. Ce mouvement est le trait d’union entre le naturel et le surnaturel. Il n’est ni ascendant (qui progresse vers le haut, du latin ascendere, monter), ni descendant (du latin descendere, qui va de haut en bas).

La seule transcendance efficace – surtout après le terrible échec des multiples « méditations transcendantales », zen, bouddhistes et autres, à la mode depuis plus de trente ans – c’est la transcendance de Dieu. On peut toujours nier cela. Par exemple, en affirmant que si Dieu existait vraiment, il aurait guéri depuis longtemps tous les malades et leurs souffrances ; ou encore, en se lamentant que Dieu, bien qu’il existe, ne fasse rien pour les malades et leurs souffrances.

Dans une série de conférences (à Lourdes, en juin 2005, devant 500 Pèlerins de l’Eau Vive), le Père Jean-Marie Baptiste Cettou, aborda le thème « Souffrir en aimant, ce n’est plus souffrir ». Il s’inspira notamment de textes de Jean-Paul II. Le Père Jean-Marie déclara : « Souffrir, c’est communier au Corps du Christ. La souffrance dans l’amour devient une joie. L’Eglise s’arrête au cœur de l’homme qui souffre. La sainteté entre dans la souffrance de l’homme. La souffrance morale, de l’âme, peut atteindre le corps et donner des douleurs physiques ».

Dieu peut, si l’on a la bonne volonté de le Lui demander, donner le pouvoir de transcender la souffrance. En clair, l’on peut, soit offrir à Dieu, soit se révolter contre son handicap, son invalidité. Mais dans les deux cas, le handicap, l’invalidité, demeurent. Et c’est là qu’intervient la transcendance de Dieu. Pour dire les choses clairement et franchement, la question est : oui ou non, veut-on porter sa Croix ? On en revient au postulat du Père Jean-Marie, inspiré de textes de Jean-Paul II : « Souffrir, c’est communier au Corps du Christ. La souffrance dans l’amour devient une joie. L’Eglise s’arrête au cœur de l’homme qui souffre. La sainteté entre dans la souffrance de l’homme ».

La question n’est donc pas non plus de rechercher des réponses toutes faites à son mal-être. La question est plutôt de chercher des moyens de ne pas être mal dans sa peau 80% du temps. Bien sûr, porter sa Croix agace. Certains, par crainte ou par égoïsme, choisissent Jésus sans la Croix. D’autres, par désespoir ou par masochisme, choisissent la Croix sans Jésus. Les deux choix sont mauvais.

Voici ce qu’en dit le Saint Curé d’Ars : « Ce n’est pas toi qui porte la Croix, c’est la Croix qui te porte. La souffrance paisible n’est pas souffrance, puisqu’elle est union de l’âme au Seigneur Jésus ». Quant à Saint Paul, il n’y va pas non plus de main morte : « Avec le Christ, je suis fixé à la croix : je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 19b-20).

Si nous offrons nos souffrances au Christ, en communion avec sa Passion et sa Croix, nous devenons co-rédempteurs (sauveurs) de l’humanité. Nous participons au salut du monde. Nous soulageons la souffrance du Christ lors de sa Passion et de sa Croix. Car il n’y a pas de temps pour Dieu. Le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes. L’offrande de nos souffrances aujourd’hui, soulage la souffrance du Christ, au moment où sa souffrance se produit, le jeudi et le vendredi saints de l’An trente-trois de notre ère, à Jérusalem. Car le Christ vit de toute éternité ; de l’éternité passée, qui n’a jamais eu de commencement, à l’éternité future, qui n’aura jamais de fin. Aux Cieux, ceux qui sont au-dessus du ciel visible, Dieu embrasse le temps tout entier. Il est Celui qui est, qui était et qui vient.

Il y a donc une différence fondamentale entre : refuser nos souffrances ; seulement accepter nos souffrances ; ou offrir nos souffrances. Dans le troisième cas, nous entrons dans l’espérance à travers la Croix. Nous allons au-delà des souffrances. Offrir nos souffrances et entrer ainsi dans l’espérance à travers Croix ? Ceci ne constitue-t-il pas, malgré tout, un chemin bien triste et bien solitaire ? On peut répondre, à cette inquiétude, en citant ici Frère Ephraïm, notamment lorsqu’il parle de don et d’oblation : « Notre société occidentale est une grande dépressive (…) Il n’est pas d’autre maladie que la maladie d’amour et pas d’autre remède que l’Amour même. On ne guérit de cette blessure que par une blessure plus grande, une blessure infinie qui s’ouvre sur l’amour éternel ; c’est ce que disent tous les mystiques, ceux qui ont traversé la grande dépression de la vallée de l’ombre et de la mort pour entrer dans le jardin clos des délices éternelles. Nous sommes malades d’un Dieu manquant qui est le sens de toute existence (…) Toute dépression repose sur une perte des sens. Or, le sens le plus profond et ultime de notre existence c’est le don, l’oblation ; le Christ nous a montré le chemin et nous l’a appris par l’exemple. Si nous pouvions comprendre que celui qui se donne est en Dieu, qu’il est né de Dieu ; et qu’à celui qui est en Dieu rien ne lui manque… Dieu seul suffit » (Frère Ephraïm, Feu & Lumière, mai 2006). En résumé, nous pouvons choisir, librement, de transcender nos souffrances.

dimanche 17 juin 2007

Edipresse braconne en Valais

Le groupe média monopolistique vaudois Edipresse, veut à tout prix, augmenter plus encore, sa main mise, sur le quotidien valaisan Le Nouvelliste. Edipresse détient déjà plus de 37% de l’actionnariat du Nouvelliste. Les autres actionnaires détiennent entre 8% et 23% selon les cas.

Il y a, parmi les acteurs valaisans de cette affaire, des personnalités qui veulent renforcer le caractère « conservateur » (en fait indépendant) du Nouvelliste. Edipresse au contraire, veut imposer sa ligne « progressiste » (en fait, la langue de bois et le politiquement correct souvent moralement abject). Le vrai débat est là. Tout le reste n’est que poudre aux yeux lausannoise ; et écran de fumée vaudoise.

Si le Valaisan Jean-Marie Fournier, qui demeure le président d’Editions Le Nouvelliste SA, société propriétaire du Nouvelliste, fait la guerre contre Edipresse, c’est parce qu’Edipresse cherche la guerre depuis longtemps.

Le nouveau rédacteur en chef du Nouvelliste, Jean-François Fournier, vient de déclarer : « La seule chose que j’ai dû m’engager à faire, c’est signer la charte du journal, qui prône la défense des valeurs chrétiennes. Comme tous mes prédécesseurs. Je n’ai pas de problème avec ça ».

Aujourd’hui même, les journalistes qui travaillent pour les très nombreux et très puissants journaux de la pieuvre Edipresse, détournent l’attention du public sur Rhône Media, société éditrice du Nouvelliste et propriétaire d’Editions Le Nouvelliste SA. On nous raconte, je résume, que siéger ou avoir des amis à Rhône Media permet de devenir conseiller d’Etat, de devenir Président de la Banque cantonale valaisanne, sans oublier les élections fédérales, les postes d’avocats et les fonctions dans l’immobilier.

Puisque les Vaudois nous parlent de politique valaisanne, parlons leur, à notre tour, de politique vaudoise. Ci-après, un petit rappel pour commencer. Je travaille dans le monde de la communication et du journalisme depuis 1976. J’ai travaillé au Service d’Information et de Presse du Patron (Helmut Maucher) de Nestlé international, à Vevey, de 1981 à 1996. Je fais du journalisme d’investigation depuis 1997 et, en (ou plutôt depuis le) Valais, depuis début 2000.

Depuis le temps de l’université, pendant le temps chez Nestlé et depuis mes investigations débutées en 1997, puis en Valais dès l’an 2000, j’ai connu et je connais encore, le mode de fonctionnement, de ce qui est, aujourd’hui, le quasi-monopole romand Edipresse et sa légion de journalistes.

Ce qui a été écrit, à Lausanne, notamment le dimanche 17 juin (suivez mon regard), à propos du Nouvelliste, de Rhône Media, de la Banque cantonale valaisanne etc. ne ressemble qu’en partie à ce que je vois en Valais. Mais ressemble furieusement aux réalités que j’ai expérimentées dans le canton de Vaud, notamment du côté de Lausanne, avec la bande Edipresse en particulier.

Tout ceci nous ramène au seul vrai débat, tel que formulé au début de cet article. La question centrale est de savoir, si dans la presse, il est encore possible, au moins dans la rubrique des lettres de lecteurs et les chroniques externes, d’accorder une petite place à la civilisation judéo-chrétienne. La réponse est : dans le Nouvelliste oui. Dans les innombrables journaux et magazines d’Edipresse non.

Le Nouvelliste nous permet de lire les billets de Vincent Pellegrini (NON-DITS) et de François-Xavier Putallaz (REPERES). C’est une bouffée d’oxygène au beau milieu de la pollution médiatique. C’est une lueur d’indépendance dans la ténébreuse vallée du conformisme. Edipresse ne tolère pas cela. Car pour Edipresse, cela n’existe pas. Au plan financier, Edipresse n’a nullement besoin d’absorber le Nouvelliste. Le ventre d’Edipresse frise déjà l’excès de surface pondérale, en bon français, l’obésité. Au plan politique en revanche, les neurones d’Edipresse seront en manque de sérotonine, aussi longtemps, que tout média indépendant, n’aura pas rejoint, le giron de la pensée unique. Le seul vrai débat est là.

vendredi 15 juin 2007

Gazastan et Cisjordanistan

Le mouvement islamique armé Hamas, classé organisation terroriste par l’Union européenne et les USA, contrôle actuellement la bande de Gaza. Des centaines de combattants du Fatah, sont à court de munitions, et abandonnent leurs positions. Seule la garde présidentielle, du Président palestinien, Mahmoud Abbas, est encore opérationnelle.

Le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, chef théorique du Hamas, se trouve, nous dit-on, à Gaza. Le Président palestinien, Mahmoud Abbas, chef théorique du Fatah, quant à lui, réside, nous dit-on encore, à Ramallah, en Cisjordanie.

Depuis le 13 juin, La Cisjordanie n'est plus du tout épargnée : des combattants du Fatah, blessent, trois membres du Hamas, sortant d'une mosquée de Ramallah.
Dans la bande de Gaza, deux collaborateurs palestiniens de l'UNRWA sont tués. En conséquence, cette agence de l’ONU, responsable de l’aide aux réfugiés palestiniens, interrompt, son activité, dans la bande de Gaza. Par ailleurs, l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, accuse, les groupes armés palestiniens, Hamas et Fatah, de crimes de guerre, contre des civils, au cours des combats.

La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, déclare, que si le Hamas prend le contrôle de la bande de Gaza, cela remet en question un accord avec les autorités palestiniennes.
Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, souhaite, que le déploiement d’une force de paix internationale, dans la bande de Gaza, soit sérieusement envisagé.
Le ministre israélien des Affaires stratégiques, Avigdor Liberman, quant à lui, va jusqu’à appeler au déploiement de 30'000 soldats de l’OTAN dans la bande de Gaza, les forces de l’ONU, du style UNIFIL au Liban, ayant échoué, précise-t-il. Le Hezbollah, est en effet, à nouveau opérationnel, au Sud-Liban, malgré la présence de l’UNIFIL ; une information, notamment confirmée, par une correspondance de l’agence britannique Reuters, datée du 8 mai 2007.
Voilà, en style télex, l’essentiel de l’actualité récente, à notre connaissance, au Gazastan et au Cisjordanistan.
Il vaut peut-être la peine, d’apporter, encore quelques précisions, sur cette guerre civile ou guerre fratricide, qui ressemble, à celle qui s'échauffe, actuellement, au Liban. Le 11 juin, le Hamas assassine Abu al-Jidian, secrétaire général du Fatah, pour le secteur Nord, de la bande de Gaza.
Par ailleurs, un délégué égyptien à la sécurité dans la bande de Gaza, le Général Burhan Hamad, propose, à la population civile, de descendre massivement dans les rues, pour protester, contre les affrontements inter-palestiniens. On ne précise pas, si le général égyptien en question, compte prendre la tête du cortège. Le fait est, qu’en ce moment, personne, n’a envie, de sortir dans les rues, pour protester. Car Les rafales de mitraillettes, les obus et grenades fusent de toutes parts.

Le 12 juin, le Fatah lance des grenades, dans la Bande de Gaza, sur la maison du Premier ministre palestinien et chef théorique du Hamas, Ismaïl Haniyeh. Le Hamas, de son côté, envoie des roquettes, sur la résidence, dans la bande de Gaza, du Président palestinien Mahmoud Abbas, qui d’ailleurs, réside en ce moment, on l’a dit plus haut, à Ramallah, en Cisjordanie. Il faut ici préciser que si le Hamas l’emporte en ce moment dans la bande de Gaza, la Cisjordanie reste, pour l’instant, sous contrôle, relatif certes, du Fatah. Ainsi, toujours le 12 juin, le Fatah prend d’assaut, à Ramallah, la chaîne de télévision du Hamas et enlève un Vice-ministre, lui aussi du Hamas.

Ce qu’apparemment, l’on omet de nous dire, ou presque, c’est que depuis plus d’un an, ce sont les clans, notamment les clans familiaux, et leurs milices privées, qui contrôlent le terrain, dans la bande de Gaza surtout, mais également en Cisjordanie.
Ce qu’on l’omet surtout de nous dire, c’est que ces milices privées, comme au Liban, sont tantôt financées de l’extérieur, par l’Iran, par Al-Qaïda, par l’Arabie Saoudite, etc. ; tantôt financées par le trafic d’armes et de drogues. La situation, vue sous cet angle, est donc de plus en plus libanaise.

Côté Hamas, le véritable chef opérationnel s’appelle Khaled Mechaal. Il vit à Damas, capitale de la Syrie, pays aligné sur l’Iran. Côté Fatah, le véritable chef opérationnel s’appelle Mohammed Dahlan, un homme du renseignement et de la guerre secrète.

Le 14 juin, on nous apprend que Mohammed Dahlan est au Caire, capitale de l’Egypte, pour traitement médical. Ce même 14 juin, on nous apprend, aussi, que les ministres arabes des Affaires étrangères, vont se réunir, le 16 juin, pour examiner la situation dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. La réunion doit se tenir au Caire. On dirait que le Caire à la côte en ce moment.

Ces derniers mois, Mohammed Dahlan, a procédé habilement, avec les USA et avec Israël. Par rapport aux hommes qui tirent les ficelles du Hamas, notamment Khaled Mechaal, Mohammed Dahlan reste quelqu’un de plus ou moins fréquentable. Cela dit, dans ce contexte, où règnent les clans et les hommes de l’ombre, il est difficile, tant pour les USA que pour l’Union européenne et pour Israël, de trouver, des interlocuteurs, à la fois représentatifs et fiables.

mercredi 13 juin 2007

Quatrième Guerre mondiale

Lundi 11 juin dernier, l’Institut Sipri, de Stockholm, publiait, son rapport annuel 2006, sur les dépenses mondiales en armements. Lorsqu’une société multinationale, publie, son rapport annuel, les analystes financiers, épluchent celui-ci, lisent entre les lignes, cherchent à en savoir plus. En théorie, les journalistes, devraient effectuer, le même travail, lorsqu’un institut, quel qu’il soit, publie son rapport annuel. Force est de constater, que ce n’est, hélas, pas toujours le cas. A lire la presse, le premier coupable, en matière d’armements, ce sont les USA. Le rapport de Sipri, et ses courroies de transmission médiatiques, utilisent, les mêmes arguments bateaux, qu’au temps de la guerre froide (Troisième Guerre mondiale, 120 millions de victimes). L’Institut Sipri ne se livre pas à une étude objective. Il fustige les USA. Ceux-ci sont les grands responsables, à cause des conflits d’Afghanistan et d’Irak. Les dépenses d’armements, nous sermonne-t-on, n’augmentent pas la sécurité. La lutte contre la pauvreté, nécessiterait, 135 milliards de dollars annuels, soit beaucoup moins, que les 1204 milliards de dollars, dépensés pour l’armement en 2006. Les dépenses d’armements, ont augmenté de 37% en 2006, principalement en raison des opérations, menées par les USA, en Afghanistan et en Irak, précise le rapport de Sipri. Bon. D’accord.

Et si l’on parlait du reste du monde ? La Chine, a triplé, son budget militaire annuel, en l’espace de 10 ans. Elle est le premier importateur mondial d’armements. Ceux-ci proviennent notamment de Russie. L’Europe est le premier exportateur mondial d’armement (commerce intra et extra européen), devant les USA et la Russie. Parmi les dix plus grands pays exportateurs, six sont des pays européens. Parmi les dix principaux importateurs d’armements, cinq sont des pays du Proche et du Moyen Orient. Dans ce contexte, les livraisons russes à l’Iran, sont particulièrement inquiétantes. Durant l'intervention d’Israël au Liban, l'été 2006, le Hezbollah libanais, a utilisé, des armes, en provenance de la Syrie et de l’Iran ; qui eux-mêmes, s’approvisionnent en Russie… Tout cela a certes été écrit. Mais le message qui a le mieux passé, c’est que la culpabilité est, avant tout, américaine.

Puisqu’il s’agit, apparemment, avec ce rapport annuel, de chercher des coupables, rappelons qu’en octobre 2005, le président iranien Ahmadinejad, a déclaré, en public (depuis, il continue), d’une part, que la Shoah est une invention. Et d’autre part, qu’il faut « rayer Israël de la carte ». Concrètement, Ahmadinejad a déclaré cela, à Téhéran, lors d’un congrès international révisionniste, qui remettait en cause la véracité de la Shoah. Un congrès organisé avec la participation des révisionnistes Robert Faurisson, Georges Theil et Frederick Töben (voir à ce sujet, le documentaire, de la British Broadcasting Corporation, du 16 décembre 2006).

Rappelons aussi, qu’à Téhéran, le 4 mars 2007, le représentant du Hezbollah en Iran, Abdallah Safialdeen, a déclaré, sur la quatrième chaîne de télévision iranienne : « Le Hezbollah n’aura pas besoin d’une guerre à grande échelle. Le Hezbollah sera capable de pénétrer en Israël lorsque les Américains quitteront l’Irak. Savez-vous ce que signifiera un retrait américain de l’Irak ? Cela signifiera qu’Israël perdra son soutient. Cela signifiera que le Hezbollah libanais n’aura pas besoin d’une guerre à grande échelle pour pénétrer en Israël. Le Hezbollah sera tout simplement capable de marcher sur Israël. Les Américains seront forcés de quitter l’Irak. Avec ou sans guerre contre l’Iran, les Américains seront forcés de quitter l’Irak » (on peut visionner la version intégrale de cette déclaration, sur www.memritv.org, *Clip # 1397, mars 2007, The Middle East Media Research Institute, Washington).

Ajoutons, pour conclure, que le bouclier anti-missiles américain, prévu en Europe centrale et orientale, nous protège, des missiles de fabrication russe, actuellement aux mains de l’Iran, nucléarisé…par la Russie. On notera, qu’à propos de ce bouclier défensif, le président russe Vladimir Poutine, a réagit, de façon très belliqueuse, en menaçant l’Europe, de pointer vers elle, des missiles nucléaires…

mardi 12 juin 2007

Où va le bateau France ?

Où va le bateau France au plan national ? Dimanche dernier, les Françaises et les Français, ont massivement voté, pour le mouvement du Président Sarkozy. Dimanche prochain, à l’issue du second tour, la présidence de la République, le gouvernement et le parlement français, pourront œuvrer, en symbiose. Pourquoi ? Parce que, les électrices et les électeurs, en auront décidé ainsi. Les mauvais perdants de la gauche, au soir du premier tour, dimanche passé, en ont appelé au « sursaut républicain », face au « danger », que représenterait, un pouvoir, pourtant élu, démocratiquement, par le peuple souverain. Les tout aussi mauvais perdants, de la droite nationale, de leur côté, ont prétendu, que leur défaite, est due à l’adversaire, c’est-à-dire à « l’illusionniste » qui siège à l’Elysée. C’est un excellent moyen de ne pas se remettre en cause. L'Assemblée nationale, dimanche prochain, sera sarkozyste. La gauche, va perdre, encore quelques poignées, de mains et de plumes. Le Mouvement démocrate de François Bayrou et le Front national seront réduits à la dose homéopathique. Le Président Sarkozy disposera, dimanche 17 juin, de la majorité la plus large depuis 30 ans. Le « centre » ne sera pas une troisième force, puisqu’il se répartit déjà, d’une part, sur le Nouveau Centre rallié au Président Sarkozy ; et d’autre part, sur le MoDem (quel nom !) de François Bayrou, esseulé, depuis son échec présidentiel, avec quatre sièges au parlement en perspective. La droite nationale plafonnera à 5%, son pire résultat depuis 25 ans. Certes, Jean-Marie Le Pen mise sur sa fille Marine. Seulement voilà, un parti c’est un parti ; et une blonde c’est une blonde. Dans quelle direction se dirige le tsunami sarkozyste ? Son mouvement, l’UMP, informe, déjà, que la commission des finances, à l’Assemblée nationale, sera présidée, par un socialiste ; et qu’il faut moderniser les rapports entre le gouvernement et le Parlement. Pendant ce temps, le couple Ségo François se chamaille toujours davantage, et le Front national, use et abuse, de la méthode Coué.

Et où va le bateau France au plan international ? Nicolas Sarkozy, a effectué sa première grande prestation, au sommet du G8 ; notamment sur les deux thèmes, du climat et de l'Afrique. Le Président Sarkozy, défend la position d'Angela Merkel, qui est aussi celle de l’Europe : réduction, des émissions de gaz à effet de serre, de moitié, par rapport à 1990, d'ici 2050. En ce qui concerne l'Afrique, Sarkozy, a estimé, qu'il fallait agir, pour éviter, premièrement, un désastre ; et deuxièmement, des risques d'immigration non maîtrisée. Avec le Président Poutine, Sarkozy a parlé de la Tchétchénie, du bouclier anti-missile qui oppose la Russie aux USA, du Darfour et du Kosovo. Outre les huit pays les plus riches de la planète, le G8 a réuni des invités, à savoir l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil, le Mexique, le Sénégal, l’Algérie, le Nigeria et l’Egypte. Nicolas Sarkozy a également abordé les questions liées à la Colombie (la saga des otages) ; au génocide du Darfour ; et au risque de nouvelle guerre civile au Liban. Le mercredi 6 juin 2007, Benoît XVI avait renouvelé, son appel, aux membres du sommet du G8. Pour qu’ils tiennent leurs promesses envers les pays les plus pauvres, en particulier les pays africains : « Je voudrais à présent adresser un nouvel appel aux responsables réunis à Heiligendamm, afin qu'ils maintiennent leurs promesses d'augmenter substantiellement l'aide au développement, en faveur des populations le plus dans le besoin en particulier celles du Continent africain ».

A ce stade, personne ne sait, avec certitude, où va le bateau France. Il est toutefois permis, de se réjouir, que ces derniers jours, le bateau France, semble un peu plus solide, que par le passé. Condamner le bateau France, à ce stade, serait un manque certain d’espérance. Ou même, une volonté délibérée de nuire. Or, ce n’est pas cela, que les Françaises et les Français, ont plébiscité
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Miguel Garroté

mardi 5 juin 2007

Interruption pour cause de pèlerinage

Je suis à Lourdes du mercredi 6 au lundi 11 juin.
Il n'y aura donc pas de nouveaux articles
sur Monde-Info avant mi-juin.
Amicalement, Miguel Garroté
Synagogue de Genève :
c’était bien un acte criminel.

Une dépêche de l’Agence France Presse, diffusée le soir du vendredi 1er juin, informe, que l'incendie, de la plus grande synagogue de Genève, incendie survenu le 24 mai, est d'origine criminelle. C’est ce qu’annonce, ce même vendredi le juge Graber, chargé du dossier. Les analyses scientifiques effectuées, ont permis d'exclure, les causes techniques ou accidentelles. Pour le président de la Fédération suisse des communautés israélites, Alfred Donath, interviewé par la Radio suisse romande, le caractère antisémite de l'acte est indéniable. L'incendie est intervenu le jour de Chavouot, la fête juive du don de la Torah. L'homme d'affaires Nessim Gaon, qui avait fait construire cette synagogue en 1972, à Malagnou (Genève) avait déjà déclaré : « Le dégât est trop grand, ça doit être un acte terroriste ».
Le quotidien Le Temps, dans son édition du samedi 2 juin, précise qu’il s’agit de l’acte « le plus grave qu'ait eu à subir la communauté juive genevoise. A ce stade, les enquêteurs ne disposent d'aucun élément désignant un suspect ou une motivation. Plusieurs témoins ont été entendus ». «Nous sommes choqués, on ne peut être que très inquiet », déclare au Temps Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (Cicad) ». Alfred Donath, le président de la Fédération des communautés israélites, déclare, à la Radio suisse romande, que le caractère antisémite de l'acte est indéniable. « Ceux qui l'ont commis n'ont pas visé la patinoire ou la gare», cet évènement rappelle de «douloureux souvenirs». Le rabbin François Garaï, président de la communauté israélite libérale souligne, de son côté: «Une synagogue, c'est comme une église, on y passe les moments essentiels de la vie avec une forte charge émotionnelle ». Selon l'Agence Télégraphique Suisse, l'incendie, de la synagogue de Malagnou, à Genève, est l'un des plus graves attentats antisémites, perpétrés en Suisse, depuis 2001. Cette année-là, un rabbin israélien, avait été abattu, à Zurich. Lugano a vu sa synagogue détruite par deux incendies et un magasin juif incendié en mars 2005.
Le quotidien Le Matin, dans son édition du mardi 5 juin, donne la parole à David Gaon, président de la synagogue de Malagnou et fils de Nessim Gaon, fondateur de la synagogue. David Gaon révèle : « Un projectile incendiaire a été lancé. On voit d’ailleurs un cratère sur le côté gauche de l’entrée ». Pendant plus d’une semaine, les médias ont privilégié la piste accidentelle. Puis, les médias ont parlé d’un acte revanchard, ou encore, ont imputé le geste à un présumé déséquilibré. Mais la piste criminelle est désormais reconnue. Il reste à identifier l’instigateur.

lundi 4 juin 2007

Affaire Hariri : un tribunal qui risque d’embraser le Liban

Le mercredi 30 mai 2007, le Conseil de sécurité de l’ONU, adopte, la résolution 1757, concernant le Liban ; et concernant, de fait, tout le Proche et le Moyen Orient. Cette résolution, prévoit, un tribunal spécial, pour juger, les auteurs présumés, de l’assassinat de l’ancien Premier ministre sunnite libanais, Rafic Hariri ; assassinat survenu le 14 février 2005. Pour mémoire, rappelons que la Syrie, est montrée du doigt, dès le début de l’affaire Hariri. La résolution, nous précise une dépêche de l’agence américaine Associated Press, a été votée par dix voix contre cinq abstentions ; dont l’abstention de la Chine et celle de la Russie. Le tribunal spécial, est appelé à fonctionner, en dehors du Liban. Sa création, est le fruit des démarches, effectuées, par l’actuel Premier ministre sunnite libanais, Fouad Siniora, un allié des USA. La résolution 1757, s’appuie, nous informe une dépêche de l’agence britannique Reuters, sur l’article VII, de la Charte de l’ONU ; article qui, nous précise l’agence Reuters, peut permettre de justifier un éventuel recours à la force.

Le jeudi 31 mai, la classe politique libanaise, réagit, à la résolution 1757. Le Premier ministre Fouad Siniora, déclare, que le tribunal, est « une victoire de tous les Libanais » et que ce même tribunal n’est « dirigé contre personne, et en particulier pas contre la Syrie sœur ». Quant à Saad Hariri, le fils de l’ancien Premier ministre assassiné, il appelle les Libanais à l’unité. Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, accuse le Conseil de sécurité d’ignorer la Constitution libanaise. L’ex-général chrétien Michel Aoun déclare que le tribunal spécial va compliquer la crise. La presse libanaise, n’est pas non plus unanime, face à la résolution, du Conseil de sécurité, créant ce tribunal spécial. Le quotidien As-Safir écrit : « New York impose le tribunal au Liban. Qui imposera l’entente entre Libanais ? ». Le quotidien libanais Ad-Diyar écrit que le tribunal spécial est « un plan d’internationalisation qui permettra à Washington de diriger le Liban ». Le journal As-Saoura écrit qu’il s’agit d’une « politisation de l’enquête sur l’assassinat d’Hariri » et que la résolution du Conseil de sécurité « porte atteinte à la souveraineté du Liban, à son unité nationale et augmente les divergences ».

Il faut dire que sur le terrain, la situation, n’est plus celle qui régnait, lorsque fut lancée, l’initiative d’un tribunal spécial, dans le cadre de l’affaire Hariri. L’armée libanaise, qui est en guerre, avec le mouvement terroriste palestinien Fatah al-Islam, l’armée libanaise donc, a récemment reçu de l’armement, en provenance des USA, de Emirats Arabes Unis, de l’Egypte et de la Jordanie, une information confirmée par Euronews le lundi 4 juin 2007. Ces derniers mois, les différentes factions du Liban, se sont à nouveau fournies, en armement. Le Hezbollah chiite, a été réarmé, par l’Iran, via la Syrie. Saad Hariri, depuis l’assassinat de son père, a progressivement constitué, avec l’aide des USA, la plus puissante milice privée du Liban. Selon une enquête, de Seymour Hersh, parue dans le New Yorker, les USA ont versé, cette année, quelques dizaines de milliers de dollars, à des combattants sunnites. La population libanaise, commence à réaliser, que les USA et l’Iran, ont décidé, d’étendre leur conflit, au territoire libanais. Vu sous cet angle, le Liban – et même la Syrie – ne sont que des acteurs de second plan.

L’entrée en fonction, du tribunal spécial, dépend, de l’avancée, des travaux de la Commission d’enquête de l’ONU, sur l’affaire Hariri. De fait, la Commission ne dispose, à ce stade, d’aucune preuve irréfutable, quant à une implication, des hautes sphères du pouvoir syrien, dans l’affaire Hariri. Il y a un certain temps déjà, la Neue Zuercher Zeitung, avait écrit, que personne ne savait réellement, ce qui se tramait, dans les coulisses, de l’affaire Hariri. Dès lors, le tribunal spécial, ne pourra débuter ses travaux, que dans un an. D’ici-là, le Liban, a largement le temps, de sombrer, à nouveau, dans la guerre civile, comme ce fut déjà le cas, de 1975 à 1990.
Miguel Garroté