Michel Garroté

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Journaliste-essayiste

Michel Garroté - Actuellement rédacteur de http://monde-info.blogspot.com/ et de www.dreuz.info. Journaliste-essayiste. Dipl. Sciences po. de l'Université de Genève. Langues : français, anglais, allemand, espagnol. Auparavant : journaliste à l'agence de presse Voxmundi et à la revue L'Impact. Porte-parole du PDG de Nestlé International et de la European Roundtable of Industrialists. Rédacteur au groupe Euro-Pétrole. Voyages et missions dans trente pays. Auteur de "Du vin de vertige à la coupe du salut" (2006) et de "Dieu est-il dépressif ?" (2007).

Articles sur ce blog

vendredi 10 février 2012

Breaking news - Des militaires russes sont actuellement basés en Syrie



Michel Garroté – Anatolie Antonov, vice-ministre russe de la Défense suit de très près la situation en et autour de la Syrie. Anatolie Antonov déclare sur la chaîne de télévision Rossiya 24 que la situation s'aggrave et que la Russie ne peut pas rester indifférente. Anatolie Antonov souligne que la Russie et la Syrie ont d’étroits liens militaires et que des experts russes sont déployés dans divers sites militaires syriens. Antonov réitère que la Russie fera de son mieux pour éviter une intervention militaire en Syrie. Il ajoute que compte tenu de la situation agitée et turbulente au Moyen- Orient, les dirigeants russes prennent en compte chaque étape concrète.

Michel Garroté

  

  

jeudi 9 février 2012

Bientôt la guerre civile européenne


Michel GarrotéJ’ai été l’un des premiers à signaler qu’avec la crise économique, l’Europe ne peut pas se permettre le luxe de verser des centaines de milliards d’euros aux Grecs, si ceux-ci se laissent embrigader par la gauche et l’extrême-gauche, au risque de déclencher une guerre civile et la ruine définitive de leur pays. Il semblerait que je ne sois plus seul à penser cela.

Ainsi, je lis sur Atlantico (extraits adaptés ; lien en bas de page) : « A propos des députés grecs qui viennent de refuser de s’appliquer la rigueur exigée de leur pays en rejetant une demande de baisse de leurs indemnités et ce alors qu’ils comptent parmi les parlementaires les mieux payés d’Europe, le salaire net mensuel d’un député grec s'élève à 8'500 €. Auquel s'ajoutent les indemnités pour frais : 4'900 pour "participation aux commissions parlementaires" ; 1'200 € pour logement ; 1'000  ; et 1'800 € pour frais de bureau. Au total : 16'400 € (hors transports gratuits). Un député allemand touche quant à lui 7'688 € net par mois et aucune indemnité supplémentaire ».

Je lis également, toujours sur Atlantico (extraits adaptés ; lien en bas de page) : « En mai 2010, nous avons apporté 110 milliards d'euros à la Grèce pour la « sauver de la faillite ». Aujourd’hui, nous allons signer un nouveau chèque de 130 milliards d'euros pour « sauver à nouveau la Grèce » qui va une fois de plus « faire faillite » le 20 mars si elle ne trouve pas l’argent pour faire face à ses engagements. Parallèlement, les créanciers privés vont s’assoir sur 70% de leurs avoirs sur l’État grec. Soit 100 milliards d'euros de pertes irrécouvrables à provisionner dans leurs comptes au seul profit de la Grèce ».

« Mis bout à bout, nous en sommes à quelques 400 milliards d'euros déboursés en deux ans. De quoi parlons-nous ? D’un PIB de 200 milliards d'euros par an. C’est ce que pèse la Grèce. 400 milliards d'euros investis pour en sauver 200 milliards ? N’est-ce pas déraisonnable ? Et 400 milliards pour l’instant car il est fort à parier que nous aurons à sauver la Grèce encore et encore. Car sous couvert de lui venir en aide tel un preux chevalier sur son beau destrier, nous sommes en train de détruire ce pays jusqu’à la moelle, d’anéantir sa capacité de production, et de semer les conditions d’une révolte sociale sans précédent », conclut Atlantico (liens en bas de page).

Pour ce qui me concerne, je persiste à croire qu’il n’y aura pas simplement « une révolte sociale sans précédent », mais, ce qui est bien pire, une guerre civile et la ruine définitive de la Grèce. Avec un risque majeur de contagion dans d’autres pays européens. A ce propos, je note que les Grecs, lors de leurs manifs, traitent Angela Merkel en particulier et les Allemands en général de « nazis ». En France et au Portugal, ce n’est guère mieux. L’extrême-droite, la gauche et l’extrême-gauche, y agissent comme les Grecs. Ils jouent avec des allumettes dans un buisson.

Pour des raisons électorales et démagogiques, ils n’hésitent pas à prendre le risque de déclencher une « guerre civile européenne » dans laquelle la crise économique et le repli communautariste seront les principaux facteurs de troubles. Vu sous cet angle, l’irresponsabilité de certains politiques grecs, portugais et français est criminelle. Je me souviens du Liban en 1975. Des politiques y jouaient avec des allumettes. Il s’en est suivi une guerre dite civile qui dura 15 ans ; et dont les méfaits se font encore sentir aujourd’hui, en 2012. Beyrouth future capitale de l’Europe ?

Michel Garroté



  

  

mercredi 8 février 2012

Pour sauver votre peau vendez tous vos biens à l’émir du Qatar



Michel Garroté – Les six monarchies arabo-musulmanes du Conseil de Coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) tiendront, samedi prochain à Ryad (Arabie Saoudite), une réunion sur la Syrie, après l'échec (en raison des vetos russe et chinois) au Conseil de Sécurité de l'ONU, d’une résolution floue, censée condamner la répression du clan Assad. Cela dit, le pays-membre du Conseil de Coopération du Golfe le plus actif, ce n’est pas l’Arabie saoudite, mais le Qatar. En effet, celui-ci est devenu le centre névralgique du monde arabe. Les initiatives diplomatiques du Qatar sont à l’origine de nombreuses actions politiques arabo-musulmanes. Le Qatar appuie les activistes islamistes du « printemps arabe ». Le Qatar a une diplomatie hyperactive au Proche et au Moyen Orient, ainsi qu’en Afrique et en Asie.

Le palestinien Mahmoud Abbas, chef du Fatah et le palestinien Khaled Mechaal, chef du Hamas ont signé, lundi dernier au Qatar, un accord de réconciliation en vue d’un « gouvernement d’union nationale ». Le Qatar joue un rôle diplomatique primordial dans le conflit syrien. En Libye, le Qatar a été le premier pays arabo-musulman à avoir soutenu ouvertement les rebelles, y compris au plan militaire, jusqu’à la chute de Kadhafi. L’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani considère qu’un nouveau Proche et Moyen Orient se met en place et il prend toutes ces initiatives, officiellement, « pour assurer la stabilité régionale », louable intention dont il est permis de douter. Le Qatar a supervisé un accord de paix entre le gouvernement soudanais et un groupe rebelle du Darfour, mais sans effet.

Le Qatar a parrainé un accord interlibanais ayant certes mis fin à une crise politique et ayant également permis l’élection d’un président, mais sans éradiquer la milice terroriste du Hezbollah. Le Qatar a offert sa médiation dans le conflit du Yémen, dans le conflit entre Djibouti et l’Érythrée ainsi qu’au Tchad. Utilisant la chaîne de télévision al-Jazira, qu’il finance depuis 1995, l’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani a éclipsé l’Arabie saoudite, l’Irak, l’Égypte, etc. Toutefois, que le Qatar agit dans certains dossiers avec le feu vert de l’Arabie saoudite. Le Qatar qui entretient de bonnes relations avec des individus et des groupes politiques rivaux pour s’imposer comme un acteur dans la région compte néanmoins sur des partenariats utiles, y compris avec son grand voisin saoudien dans le dossier syrien.

En clair, le Qatar s’agite beaucoup, mais sans contrarier l’Arabie saoudite ; et sans contrarier l’Organisation de la Coopération Islamique, infiniment plus puissante et influente que le Conseil de Coopération du Golfe. En Europe en général et en France en particulier, le Qatar effectue d’importants investissements, non dépourvus d’arrière-pensées politico-religieuses. Pour sauver votre peau, vendez tous vos biens à l’émir du Qatar.

Michel Garroté

  

  

mardi 7 février 2012

Les monarchies du Golfe vont-elles intervenir en Syrie ?


Michel Garroté – Le Parquet fédéral allemand a interpellé, aujourd’hui, mardi 7 février, à Berlin, deux espions syriens à la solde du clan Bachar al-Assad. Ils ont surveillé durant plusieurs années des membres de l'opposition syrienne en Allemagne pour le compte des services de renseignement syriens. Les deux espions sont Mahmoud el A., âgé de 47 ans, citoyen libanais et allemand, et Akhram O., 34 ans, citoyen syrien. Le Parquet a effectué une perquisition dans les appartements des eux espions ainsi que dans les logements de six autres personnes. Près de 70 représentants des forces de l'ordre allemandes ont pris part à l'opération.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré, aujourd’hui, mardi, avoir eu une rencontre « très utile » à Damas avec le dictateur syrien, Bachar al-Assad. La Russie allègue qu’elle serait prête à « continuer à chercher une solution au conflit syrien » en se basant sur l'initiative de la Ligue arabe qui prévoit notamment le transfert des pouvoirs du président Assad à son vice-président. La visite de Sergueï Lavrov en Syrie, accompagné du chef des services russes de renseignements extérieurs Mikhaïl Fradkov (on se demande bien pourquoi d’ailleurs), intervient après le veto de la Russie et de la Chine samedi à l'ONU à un projet de résolution du Conseil de sécurité. Selon plusieurs diplomates et experts occidentaux, ce double veto pourrait encourager le président Assad à poursuivre sa répression des opposants syriens. Le double veto a été qualifié de « permis de tuer ».

Les monarchies arabo-musulmanes du Golfe ont annoncé, aujourd’hui, mardi, avoir décidé d'expulser les ambassadeurs de Syrie dans leurs pays et de retirer les leurs en poste en Syrie, dénonçant le massacre collectif commis par le régime. Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) demande aux ambassadeurs de Syrie de quitter immédiatement les six pays membres de ce groupe régional, dont l'Arabie saoudite est le chef de file. Et le CCG annonce le rappel des ambassadeurs de ses six pays membres en poste à Damas.

Le CCG déclare en outre qu’elle suit avec une extrême inquiétude et colère l'intensification des tueries et de la violence en Syrie, qui n'épargnent aucun enfant, femme ou vieillard ; et le CCG dénonce un massacre collectif contre un peuple désarmé. Le CCG précise que les relations diplomatiques sont devenues inutiles après le rejet par le régime syrien de toutes les tentatives et de tous les efforts arabes visant à régler la crise et arrêter l'effusion du sang en Syrie. Les six monarchies du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) tiendront samedi prochain à Ryad une réunion sur la Syrie après l'échec à l'ONU de la résolution condamnant la répression dans ce pays.

Michel Garroté

  

  

lundi 6 février 2012

Guéant et les Présidentielles. Polémique sur les civilisations.


Michel Garroté – Précisément, voilà les propos tenus par Claude Guéant (UMP), ministre français de l'Intérieur : « Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation », a conclu Claude Guéant.

Jean-Pierre Raffarin (UMP), Gérard Longuet (UMP) et Jean-François Copé (UMP) se sont démarqués des propos de Claude Guéant. Après la gauche et Alain Juppé (UMP) ce week-end, c'est Jean-Pierre Raffarin, ce lundi matin, sur France Info, qui critique les propos de Claude Guéant sur les civilisations.

Je partage pleinement le point de vue de Claude Guéant. C’est un point de vue de simple bon sens. C’est un point de vue qu’un politicien, de droite, et, même, de gauche, peut tenir, sans pratiquement rencontrer d’opposition, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Suisse, aux USA, etc.

Je défends la société libre et laïque de culture judéo-chrétienne. Je préfère la formule « société libre et laïque de culture judéo-chrétienne » à la formule « civilisation ». Je défends la société libre et laïque de culture judéo-chrétienne, par opposition au communisme, au nazisme, au fascisme et à l’islamisme. En cela, je défends, aussi par simple bon sens notre civilisation.

J’ignore si Claude Guéant a défendu notre civilisation par conviction personnelle, s’il l’a défendue dans le cadre des élections présidentielles et législatives ou s’il l’a défendue à la fois par conviction et dans le cadre de la campagne électorale. A vrai dire, peu m’importe de connaître les motivations de Claude Guéant. Ce dont je suis certain, c’est que défendre la société libre et laïque de culture judéo-chrétienne et défendre notre civilisation n’a rien à voir avec « l’ethnocentrisme » ou avec la « xénophobie ».

En revanche, cela m’inquiète de constater que Jean-Pierre Raffarin (UMP), Gérard Longuet (UMP), Jean-François Copé (UMP) et Alain Juppé (UMP) se sont démarqués des propos de Guéant. Car cela signifie qu’une partie importante de l’appareil de l’UMP met sur pied d’égalité, d’une part, la société libre et laïque de culture judéo-chrétienne ; et d’autre part, les sociétés qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique (le communisme, le nazisme, le fascisme et l’islamisme).

Michel Garroté

  

  

vendredi 3 février 2012

Et si Marine Le Pen n’était pas candidate ?

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Michel GarrotéBruno Jeanbart, de l’Institut de sondage Opinion Way, livre l’analyse que voici (lien en bas de page) : « Depuis une dizaine de jours, un grand classique des campagnes présidentielles a ressurgi dans l’agenda médiatique, à savoir la capacité d’un certain nombre de candidats à réunir les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l’élection. Et de nouveau, c’est autour de l’hypothèse d’une absence d’un candidat du Front National que s’organise le débat. Bien qu’il soit toujours présomptueux de se lancer dans un exercice de politique fiction, la question des conséquences électorales d’une éventuelle absence de Marine Le Pen dans la liste des candidats le 22 avril prochain mérite d’être posée, ne serait-ce que pour mieux comprendre qui sont les électeurs potentiels de la présidente du Front National et quelles sont leurs motivations. A priori, un retrait de Marine Le Pen de la course bénéficierait en priorité à l’UMP et à son candidat probable, Nicolas Sarkozy. La raison en est simple : lorsque l’on demande aux électeurs du Front national de se situer sur un axe politique gauche/droite, les deux tiers d’entre eux (64%) se positionnent à droite de l’échiquier politique (15% à droite, 49% très à droite). Seuls 2% se positionnent au centre et 3% à gauche. Il n’est guère surprenant de constater que Nicolas Sarkozy est le candidat qui attire le plus les électeurs de Martine Le Pen, dans l’hypothèse où celle-ci ne serait pas candidate ».

« En moyenne, un quart des électeurs Le Pen déclarent qu’ils voteraient pour le président de la République si celle-ci n’était pas candidate. François Bayrou apparaît comme étant l’autre prétendant qui pourrait "héberger" un nombre conséquent de ces électeurs orphelins : environ 15% en moyenne des électeurs de la présidente du FN affirment qu’en son absence, ils voteraient Bayrou. Là encore, c’est cohérent avec le positionnement politique de ces électeurs : 31% d’entre eux déclarent n’être ni de gauche, ni de droite, lorsqu’on les invite à se classer sur une échelle politique. A l’inverse, François Hollande ne semble pouvoir espérer récupérer que très peu de ces électeurs au premier tour, 5% environ, soit un niveau comparable à celui que pourrait rallier Jean-Luc Mélenchon… ou Nicolas Dupont-Aignan. Le résultat d’une élection se calculant en suffrages exprimés, l’impossibilité de se présenter pour la présidente du FN modifierait à court terme sensiblement les rapports de force de premier tour. Toutefois, cet artifice ne saurait masquer que l’absence de bulletins "Marine Le Pen", le 22 avril prochain, pourrait avoir également des conséquences de plus long terme, en renforçant un peu plus encore la défiance politique qui s’est installée en France depuis plusieurs années. D’abord parce que 40% des électeurs de Marine Le Pen refuseraient de choisir un candidat de substitution si elle ne concourrait pas lors de ce scrutin ».

« Ce surplus d’électeurs qui s’abstiendrait pourrait faire baisser le taux de participation de 5 à 6 points, au risque de battre le triste record de 2002 (71,6% de participation seulement). Ce retrait de l’élection d’une part importante de ces électeurs serait la conséquence logique de la "défiance politique" qu’ils expriment : 80% des sympathisants du Front National ne font pas confiance à Nicolas Sarkozy, 84% à François Bayrou, 85% à François Hollande et 93% à Jean-Luc Mélenchon. Dans le même temps, 80% pensent que la démocratie fonctionne mal en France (contre seulement 19% qui estiment qu’elle fonctionne bien), et n’ont confiance ni dans la droite ni dans la gauche pour gouverner le pays. Enfin, 82% déclarent que les notions de droite et de gauche ne veulent plus dire grand-chose. Au-delà de l’électorat de Marine Le Pen, dont une partie pourrait se couper un peu plus encore de la participation politique dans cette hypothèse, le risque d’aggravation de la défiance politique auprès de l’ensemble de la population est non négligeable. Les Français se déclarent aujourd’hui très largement favorables à ce que la présidente du Front National puisse se présenter à l’élection présidentielle. Si tel n’était pas le cas, nul doute qu’elle se saisirait de la situation pour accuser le système de tenter d’éliminer ce courant politique. A l’heure où 60% des Français jugent que la démocratie fonctionne mal en France, cette dénonciation trouverait probablement un écho dans la société française », conclut Bruno Jeanbart.

Michel Garroté

  
  

Le nucléaire iranien bombardé en avril ?

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Michel GarrotéLe Secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, estime qu'il est fort probable qu'Israël frappe préventivement le nucléaire offensif iranien en avril, mai ou juin, avant que l'Iran n'entre dans phase qui lui permettrait de fabriquer une bombe nucléaire, informe David Ignatius, dans le quotidien Washington Post. Barack Obama et Leon Panetta auraient laissés entendre que les USA s'opposeraient à une telle frappe, estimant qu'elle affecterait le programme de sanctions économiques ainsi que les efforts non-militaires pour empêcher l'Iran de franchir le seuil de l'obtention de l'arme nucléaire.

En réalité, l’Administration Obama n'a pas encore décidé de la réaction des USA en cas de frappe de la part des Israéliens. Les responsables américains voient deux façons possibles de dissuader les Israéliens de lancer une telle frappe : primo, l’Iran pourrait in fine ouvrir des négociations sérieuses pour garantir que son programme nucléaire vérifiable reste à des fins civils ; secundo, les USA pourraient amplifier leurs actions secrètes pour dégrader le programme à un niveau tel que les Israéliens pourraient décider que l'action militaire n'est pas nécessaire, affirme David Ignatius dans le Washington Post.

Les responsables américains estiment que le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahu, n'a pas encore pris de décision définitive au sujet d'une frappe éventuelle en Iran, indique David Ignatius. L’idée véhiculée par le gauchisant Washington Post selon laquelle « l’Iran pourrait in fine ouvrir des négociations sérieuses pour garantir que son programme nucléaire vérifiable reste à des fins civils », cette idée est assez anachronique. En effet, l’AIEA, une filiale de l’ONU, les USA et l’Union Européenne sont persuadés de l’existence d’un programme nucléaire militaire iranien. Il est vrai que le Washington Post est très proche de la gauche israélienne et généralement hostile au Premier ministre Binyamin Netanyahu.

Michel Garroté

  
  

jeudi 2 février 2012

Combien de Français sont-ils Francs-maçons ?

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Michel Garroté – Sophie Coignard, dans l’hebdomadaire français ‘Le Point’, a récemment publié une enquête sur la Franc-Maçonnerie en France, sous le titre provocateur « Francs-Maçons, la main invisible ». De son côté, le sociologue catholique Massimo Introvigne, dans ‘La Bussola’, a lui aussi publié une enquête, sous le titre accrocheur « L’ombre des maçons sur l’Elysée », enquête qui, du reste, analyse celle de Sophie Coignard parue dans ‘Le Point’. Pour ce qui me concerne, je n’ai ni allégeance, ni allergie, aux frères et sœurs de loge. Je ne pense pas qu’ils et elles participeraient, soi-disant, à un « complot maçonnique mondial ». C’est, selon moi, donner trop d’importance aux loges, que de leur attribuer un hypothétique pouvoir « mondialiste ». Les thèses conspirationnistes sont, à mon avis, le lot de celles et ceux qui n’assument pas l’échec ou l’insuccès de leur camp politique. Cela dit, je constate que chez nos amis français, la Franc-Maçonnerie n’est ni étrangère à la laïcité, ni étrangère à la République. De plus, je constate, toujours chez nos amis français, que les catholiques de France ne représentent que deux pour cent de l’électorat. Je peux m’imaginer que, pour les catholiques français, ce dérisoire 2% doit être terriblement frustrant. Sur un point, je reste toutefois critique : je n’aime ni les sectes, ni l’occultisme ; et je préfère la transparence. Cela étant posé, je reproduis ci-dessous les enquêtes sur la Franc-Maçonnerie de Sophie Coignard et de Massimo Introvigne.

Sophie Coignard, dans l’hebdomadaire français ‘Le Point’, écrit (extraits ; lien en bas de page) : « La reconduction de François Fillon à Matignon est une défaite des francs-maçons, dont beaucoup soutenaient ouvertement Jean-Louis Borloo, qui, en tant que chef du Parti radical, incarne la tradition fraternelle au sein de la République. Telle est l'analyse à laquelle se livre un personnage politique français de tout premier plan sur le récent remaniement ministériel. Voici son raisonnement : "Il suffit de regarder qui soutenait Borloo : Claude Guéant, le secrétaire général de l'Élysée, pour une fois d'accord avec Henri Guaino, mais aussi le patron d'EDF, Henri Proglio, qui nie être initié, mais cela fait rire tout Paris". Notre observateur averti ne souhaite évidemment pas apparaître à visage découvert. "Ce que je vous dis est une évidence pour quiconque s'intéresse aux jeux d'influence au sommet. Mais je n'ai pas envie de passer pour un paranoïaque, s'amuse-t-il. Et puis, les frères sont les premiers à avancer masqués, non ? Dans tous les cénacles, la "main invisible" des francs-maçons anime les conversations. Pourquoi ? Parce qu'elle obéit à une combinaison magique : réseau d'influence plus secret d'appartenance. Le cocktail parfait ! D'ailleurs, comme pour illustrer ces propos, quelques jours après sa sortie du gouvernement, Jean-Louis Borloo organise dans les Salons de l'Aveyron, à Paris, un "dîner républicain" de 800 personnes. Traditionnellement, ce banquet réunit des frères et leurs amis défenseurs de la laïcité pour commémorer la loi de séparation des Églises et de l'État. Là, c'est la fête à Jean-Louis ! Les familiers des loges ne manquent pas autour des tables ».

Sophie Coignard : « Ceux qui l'assument et ceux qui le taisent. Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient aujourd'hui conseiller officieux de Nicolas Sarkozy pour les questions de sécurité, Xavier Bertrand, ministre du Travail, Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, Serge Lepeltier, premier vice-président du Parti radical valoisien, Patrick Ollier, tout nouveau ministre chargé des Relations avec le Parlement, Gérard Larcher, président du Sénat... François Fillon, qui n'est pas franc-maçon, est resté Premier ministre. Preuve que les frères ont perdu la main ? Certainement pas. Mais on ne gagne pas à tous les coups... Les initiés sont d'ailleurs aussi nombreux qu'avant autour de la table du conseil des ministres. Est-ce un problème ? Ce n'en serait pas un si ces hauts responsables, garants de l'intérêt général, ne niaient pas, pour la plupart, leur appartenance avec la dernière énergie. Ils ne sont pas les seuls. Dans la police, dans la magistrature, dans l'Éducation nationale, dans les banques et compagnies d'assurances mutualistes, à EDF, à La Poste, personne n'a jamais franchi le seuil d'un temple, si l'on s'en tient aux déclarations officielles. De cette omerta nourrie par les initiés eux-mêmes résulte un étrange paradoxe : dès qu'une nomination ou une décision semblent inexplicables, chacun, parmi les profanes, songe à la franc-maçonnerie. Comment en serait-il autrement ? Un député important de la majorité reçoit un jeune élu prometteur dans son bureau de l'Assemblée nationale. "Alors, tu es où, toi ?", lui demande-t-il tout de go. Son interlocuteur mettra un moment à traduire ce "où ?", qui signifie "dans quelle obédience ?" ».

Sophie Coignard : « Un cadre supérieur bardé de diplômes est embauché dans un grand groupe de distribution d'eau. Au fil des jours, il comprend que ses collègues et ses supérieurs le prennent pour ce qu'il n'est pas : un frère. Doit-il jouer la comédie ? "Les premiers temps, je me suis contenté de ne pas les détromper, sans jamais mentir, raconte-t-il. Au bout de quelques mois, des relations d'estime mutuelle s'étaient installées, ce qui rendait mon silence coupable. Je me suis donc dévoilé, si j'ose dire : non, je n'en étais pas. À mon grand soulagement, cet aveu a été accueilli avec décontraction. Mais on m'a fait comprendre qu'il était utile et intéressant d'y entrer, pour instaurer un climat de confiance avec les clients et même en interne." A-t-il accepté ? Il assure que non. On n'est pas sûr de le croire sur parole. Ceux qui s'y sont frottés sont prompts, ensuite, à voir des réseaux fraternels partout. Les nouvelles normes qui s'imposent à l'habitat en matière d'environnement ? Une gentillesse faite aux prestataires par le ministère. La difficulté à fusionner les Caisses d'épargne et les Banques populaires ? Une guerre entre maçons d'obédiences différentes et aux intérêts disjoints. La nomination d'Henri Proglio comme PDG d'EDF, poste qu'il comptait cumuler avec son maintien à la tête de Veolia ? Une revanche des francs-macs. Les assauts contre Anne Lauvergeon pour lui faire quitter Areva ? Une guéguerre entre la maçonnerie et le corps des Mines, dont Mme Lauvergeon est un élément actif... Les millions versés par l'État à Bernard Tapie à l'issue de son combat contre le Crédit lyonnais ? Rien n'aurait été possible sans les frères ».

Sophie Coignard : « Dans cette longue - et coûteuse - saga de Tapie contre l'État, le mot "franc-maçon" n'est jamais prononcé, mais brûle toutes les lèvres. Dans son livre "Abus de pouvoir", François Bayrou lui consacre un chapitre violent dont certains passages doivent être lus entre les lignes. Le président du MoDem évoque ainsi la manière dont un amendement législatif a été introduit afin de permettre aux établissements publics administratifs d'avoir recours à l'arbitrage pour résoudre leurs conflits. Qui avait, dans le secret des cabinets, préparé ce texte ? Était-ce le cabinet du ministère de l'Intérieur, ceux de Nicolas Sarkozy et de Brice Hortefeux ? Ou Bercy, sous la double autorité du ministre de l'Économie, Thierry Breton, et du ministre du Budget, Jean-François Copé ? Les initiés compléteront d'eux-mêmes : tous francs-maçons ou très proches des loges. D'ailleurs, un initié, et pas le moindre, réagit lui aussi à l'arbitrage qui couvre Tapie de millions. Dans les colonnes de Libération, Jean-Michel Quillardet, un avocat qui était alors grand maître du Grand Orient, s'indigne. "Je voulais envoyer un signal : montrer que les francs-maçons ne sont pas tous dans les combines, explique-t-il. On sait que des membres de la GLNF ont joué un rôle dans cette affaire, à l'Élysée, à Bercy, mais aussi parmi les avocats d'affaires spécialisés dans les liquidations judiciaires, qui sont à la fois proches de Tapie et impliqués dans des transactions en Afrique". Il faut louer le courage de Jean-Michel Quillardet, à qui cet article n'a pas fait que des amis dans l'univers maçonnique, où la règle d'or consiste à se taire pour ne pas ternir l'image des obédiences et de leurs membres. Un raisonnement à courte vue : depuis le docteur Freud, chacun sait les ravages opérés par le silence et la violence que peut revêtir le retour du refoulé », conclut Sophie Coignard, dans ‘Le Point’ (lien en bas de page).

Massimo Introvigne, dans ‘La Bussola’, écrit (extraits ; lien en bas de page) : « Les initiales semblent être inoffensives: CIU, Cercles Inter Universitaires. Mais cette tranquille association d'universitaires français, cacherait en fait une super loge maçonnique, avec les mêmes initiales, mais un nom moins rassurant : Confraternité Initiatique Universelle. Si certains membres sont des professeurs universitaires intéressés par l'histoire de la Franc-Maçonnerie et par des questions philosophiques, d'autres sont très proches de la politique française. C'est ce que révèle l'enquête sur la couverture de l'hebdomadaire Le Point... qui dans le numéro du 26 Janvier 2012 a étudié l'entourage des principaux candidats à la présidentielle. Deux candidats mineurs à la présidence sont des francs-maçons déclarés: Jean-Luc Mélenchon, candidat de l'extrême gauche, fait partie du Grand Orient. S'il s'agit là de simples curiosités, il est intéressant de noter que Le Point, en tenant compte des plaintes et des démentis qu'il dit ne pas craindre, compte treize francs-maçons dans l'entourage immédiat de Nicolas Sarkozy, parmi lesquels les ministres des Finances, François Baroin, du Travail, Xavier Bertrand, de la Défense, Gérard Longuet, de l'Intérieur, Claude Guéant, de la Justice, Michel Mercier, des Sports, David Douillet, des Relations avec le Parlement, Patrick Ollier, de la Coopération internationale, Henri de Raincourt et de l'Education, Luc Chatel. Ces deux derniers ministères, dans l'histoire française ont presque toujours été confiés à des maçons, mais, comme nous le voyons, avec Sarkozy, c'est le gouvernement tout entier qui semble plutôt une grande Loge ».

Massimo Introvigne : « Et beaucoup de ces ministres sont proches de ce mystérieux CIU, qui n'est pas nécessairement d'accord avec la loge la plus nombreuse et la plus puissante en France, le Grand Orient. Quant à Sarkozy, il faut se rappeler de la relation très particulière entre le Président et l'ancien grand maître du Grand Orient Alain Bauer, et sa vieille habitude - curieux pour quelqu'un qui prétend ne pas être un franc-maçon - de signer de son nom suivi des trois points, comme font les «frères» - les lettres que, comme ministre de l'intérieur, il envoyait aux syndicats de police, où pratiquement depuis toujours, presque tous les officiers sont francs-maçons. Si François Hollande, le candidat socialiste auquel semblent aller les sympathies au Grand Orient, l'emporte, les choses point de vue maçonnique ne changeraient pas. Dans l'équipe qui gère la campagne de Hollande, Le Point a identifié dix francs-maçons, dont le président du Sénat, Jean-Pierre Bel, les anciens ministres Michel Sapin et Jean-Yves Le Drian, le maire de Lyon Gérard Collomb et le Directeur de la communication du candidat socialiste, Manuel Valls. Face à cette prolifération de ‘frères’, ceux qui en France se méfient des francs-maçons pourraient être tentés de voter pour le candidat centriste François Bayrou ou à droite pour que Marine Le Pen. Mais même ici, assure Le Point, les loges ont pris leurs précautions. Aux côtés de Bayrou, comme conseiller écouté, il y a l'ancien sénateur et membre de la Cour des comptes, Alain Lambert, qui est de la même loge où est née la mystérieuse CIU ».

Massimo Introvigne : « Du même milieu vient aussi Dominique Paillé, ancien porte-parole de l'UMP, parti de Sarkozy, qui ne fait pas partie de l'équipe, mais qui a fait de François Bayrou le vainqueur de l'élection présidentielle dans son roman Panique à l'Elysée, et il est très influent dans des milieux qui soutiennent le candidat centriste. Quant à Marine Le Pen , fait partie de son équipe l'avocat - qui apparaît souvent dans les grands médias français - Maître Gilbert Collard, initié dans la Grande Loge de France, puis transféré à la Grande Loge nationale française, l'obédience la plus « traditionalistes » - en termes maçonniques, bien sûr - qui a été le terreau de la mystérieuse CIU. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis le Grand Orient en 1980 avait menacé d'expulser non seulement ceux qui étaient inscrits au Front national, dirigé alors par le père de Marine Le Pen, mais aussi ceux qui avaient accepté le soutien du parti d'extrême-droite, tels que l'ex-ministre Jean-Pierre Soisson, qui avait cherché des voix du Front national pour conserver le poste de président du Conseil général de la Bourgogne. Peut-être qu'ils n'en feront rien, mais le Grand Orient a sérieusement discuté l'idée d'inviter Marine Le Pen lors d'une réunion de «Loge Blanche» à huis clos afin d'exposer son programme aux ‘frères’, comme les autres candidats: une idée qui aurait été impensable il y a quelques années. Sans doute les obédiences françaises ne pensent-elles pas toutes de la même façon sur de nombreuses questions. Mais il y a des fils qui les unissent et, finalement, dans la politique française, la maçonnerie réussit toujours à compter plus que dans d'autres pays. S'il se peut que l'influence maçonnique dans les affaires politiques soit en crise ailleurs, les 150’000 maçons français sont déterminés à la garder comme une caractéristique spécifique de leur pays », conclut Massimo Introvigne dans ‘La Bussola’ (lien en bas de page).

Michel Garroté