MONDE INFO

MONDE INFO
Monde Info - Centre d'analyses en ligne

vendredi 31 octobre 2008

Gigantesque consortium pétrolier au Kazakhstan

-
Miguel Garroté - L’approvisionnement occidental en pétrole à moyen et long terme prend aujourd’hui un nouvel élan au Kazakhstan. En effet, l'accord final d'exploitation du gigantesque champ pétrolier de Kashagan prévoit une augmentation de la participation du Kazakhstan au capital du consortium initial. Et cet accord a été signé aujourd’hui vendredi 31 octobre 2008 dans la capitale kazakhe Astana. L’accord a été signé par le ministre kazakh de l'énergie Saouat Minbaïev et par des représentants des groupes Kazmunaigas, Eni, ExxonMobil, Shell, Total, Connoco Phillips et Inpex. Kazmunaigas obtient avec cet accord final une part de 16,81%, au même niveau que les principaux actionnaires du consortium (soit Eni, Total, ExxonMobil et Shell). En clair, Kazmunaigas, Eni, Total, ExxonMobil et Shell, avec chacun 16,81%, détiennent 84,05% du consortium, et Connoco Phillips et Inpex ensemble 15,95%.
-
La Russie tente par tous les moyens de réintégrer le Kazakhstan - ancienne république de l’URSS - dans sa sphère d’influence. A cet égard, la signature aujourd’hui de l’accord final sur le champ pétrolier de Kashagan constitue une sécurité énergétique pour l’Europe et les USA au détriment de la Russie et de la Chine.
-
Le Kazakhstan est la seule république musulmane d’Asie centrale où Juifs et Chrétiens bénéficient - pour l'instant - d’une véritable liberté religieuse. Les diocèses catholiques ont été rétablis par le gouvernement du Kazakhstan sous le pontificat de Jean-Paul II. La présence catholique au Kazakhstan remonte à Staline. Celui-ci avait déporté des centaines de milliers de catholiques russes, polonais, ukrainiens, etc., dans les goulags du Kazakhstan. Les actuels catholiques du Kazakhstan sont les descendants des rescapés des goulags staliniens et post-staliniens du Kazakhstan. Ils sont citoyens du Kazakhstan, nés au Kazakhstan, parlent russe et kazakh, tout en étant d’origine russe, ukrainienne, polonaise, allemande (de la Volga), tatares, etc.
-

Hezbollah : l'ONU reconnaît son inefficacité

-
Miguel Garroté - Terje Roed Larsen, l’émissaire spécial de l'ONU au Proche-Orient, a présenté jeudi 30 octobre 2008, au Conseil de Sécurité de l’ONU, son huitième rapport sur l'application de la résolution 1559 concernant le désarmement des « milices libanaises » (formule diplomatique pour dire Hezbollah). Dans son rapport, Terje Roed Larsen écrit qu'au cours des six derniers mois « le Liban s'est approché très près de la guerre civile ». Ces événements, écrit encore Terje Roed Larsen, ont « douloureusement rappelé à tous les Libanais la menace que constitue l'existence de groupes armés échappant au contrôle de l'État ». Terje Roed Larsen note que la question des armes du Hezbollah « reste au centre du débat politique au Liban et des résolutions du Conseil de sécurité sur ce pays ». Le maintien par le Hezbollah d'une infrastructure et de moyens militaires propres apparaissent à Terje Roed Larsen comme « un défi fondamental » lancé au gouvernement libanais.
-
En clair, l’émissaire de l’ONU reconnaît noir sur blanc que la milice armée du Hezbollah demeure aujourd’hui, je cite, un « défi fondamental » placé au « centre du débat ». Question : si malgré la résolution 1559 de l’ONU et malgré la présence de casques bleus au Liban, la légion étrangère et mercenaire iranienne du Hezbollah reste le « défi fondamental » au « centre du débat », selon les propres termes de Terje Roed Larsen, alors pourquoi les USA ne donnent-ils pas un feu vert, implicite ou explicite, à Israël, pour accomplir ce que ni l’ONU ni le Liban sont en mesure d’accomplir (alors que c’est leur mission selon la résolution 1559) : désarmer le Hezbollah qui déstabilise le Liban, qui déstabilise Israël et qui déstabilise l’ensemble de la région ?
-
En réalité, la situation est à la fois plus simple et plus compliquée. Plus simple, car Israël n’a pas besoin d’attendre un hypothétique feu vert pour pilonner l’arsenal du Hezbollah. Plus compliquée, car pour décider - en Israël - il faut d’abord un vrai gouvernement. Or, Israël aura un nouveau - et vrai - gouvernement en février 2009 au plus tôt. Seul point positif dans cette affaire, l’ONU, à travers le rapport écrit de Terje Roed Larsen, reconnaît publiquement que le Hezbollah est le problème central au Liban. Nous le savions depuis longtemps. Mais cela fait toujours plaisir d’entendre - ou de lire - l’ONU reconnaître officiellement son inefficacité, notamment l’inefficacité de ses résolutions et l’inefficacité de ses casques bleus (Terje Roed Larsen publie son huitième rapport !).
-
Ce qui - en outre - nous aidera à légitimer une éventuelle initiative israélienne en la matière. Et qu’on ne vienne pas alors nous enquiquiner avec les effets collatéraux. Les effets collatéraux ne sont pas la conséquence d’une quelconque action. Les effets collatéraux sont la conséquence inévitable d’une inaction prolongée. C’est donc l’ONU qui portera la responsabilité en cas d’action. Je note en passant - et pour conclure - qu’en République Démocratique du Congo, l’actuelle inaction a une fois de plus d’horribles conséquences pour les populations civiles. L’ONU devrait enrôler des Israéliens dans ses casques bleus. Cela nous changerait de l’habituel scénario : du blabla en masse et des déplacés en masse.
-

jeudi 30 octobre 2008

Un peu d'unité dans ce monde de fous

-
Miguel Garroté - La façon dont sont commentées en France les élections présidentielles américaines révèle, une fois encore, le désordre que vit ce pays en termes d’anthropologie judéo-chrétienne. Entendons-nous bien. L’anthropologie judéo-chrétienne, n’est pas une science ou un jugement, exercés par et pour une élite, bien au contraire. L’anthropologie judéo-chrétienne, c’est tout simplement l’étude, à la fois théologique et philosophique, de la personne humaine sous le regard de Dieu. Le philosophe français Jean-Marie Meyer enseigne cela à des jeunes de 16 ans. Beaucoup de ces jeunes n’iront pas jusqu’au baccalauréat. Au fil de l’histoire, cette anthropologie a jailli et jaillit encore des Psaumes du Roi David, des Appels des Prophètes, tels Isaïe et Jérémie, des Paroles de Saint Irénée, Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin. Nicolas Sarkozy a eu, pendant sa campagne électorale, l’apparente intention, probablement sans même s’en rendre compte, de réintroduire, un peu de cette anthropologie, dans la pensée française moderne. Dans son livre, intitulé ‘La République, la religion, l’espérance’, Nicolas Sarkozy, avait écrit, que les chrétiens ne doivent pas avoir honte de leur foi ; et ne doivent pas avoir de complexe d’infériorité. Intéressante, aussi, la définition de la laïcité selon Sarkozy, qui figure, également, dans ce livre : « Je crois dans une laïcité positive, c’est-à-dire dans une laïcité qui garantit le droit de vivre sa propre religion comme un droit fondamental de la personne. La laïcité n’est pas l’ennemie des religions, au contraire, la laïcité est la garantie pour chacun de nous de croire et de vivre sa propre foi ». Nicolas Sarkozy a conquis la majorité des voix des catholiques et des Juifs ; du moins les voix des catholiques et des Juifs qui ont le courage de s’afficher comme tels. Sarkozy s’est déclaré ouvertement pour l’ordre et le respect de l’autorité. Il a rappelé que les citoyens ont des droits, mais aussi des devoirs. Les catholiques et les Juifs français, se sont montrés, particulièrement sensibles, à ces deux points. Cela dit, la façon, dont sont commentées les élections présidentielles américaines, révèle, le désordre, que vit la France, en termes d’anthropologie judéo-chrétienne. En quoi, la France moderne, s’est-elle coupée, de cette forme-là d’anthropologie ? Il y a de nombreuses causes à cette coupure. La gauche française, a collaboré et gouverné, avec le Parti communiste français ; qui lui, on le sait aujourd’hui, était sous le contrôle du Parti communiste de l’Union soviétique ; qui lui, à son tour, fut l’acteur d’un système, cela aussi on le sait aujourd’hui, ayant tué, à l’échelle de la Révolution bolchevique puis de la troisième Guerre mondiale, dite Guerre froide, directement ou indirectement, plus de 100 millions de personnes dans le monde, entre 1917 et 1992. La gauche française, n’a pas fait, de véritable déclaration publique de repentance, à ce sujet. Et elle souffre, de ce fait, d’un complexe inavoué d’infériorité et de culpabilité. La droite française, elle aussi, garde, un sentiment inavoué, d’infériorité et de culpabilité. Il n’y a pas eu, à ce jour, la moindre tentative, de demande de pardon et de réconciliation, entre la droite actuelle issue de la capitulation, pendant la deuxième Guerre mondiale ; et la droite actuelle issue de la libération, à la fin de la deuxième Guerre mondiale. Or, on sait aujourd’hui, que des personnes, présentées comme des résistants, avaient en réalité, exercé, diverses formes de non-résistance et même de collaboration. On sait aujourd’hui également, à quel point, l’attitude d’un de Gaulle, à l’égard des USA et de la Grande Bretagne, pendant et après la deuxième Guerre mondiale, a compliqué, la lutte, contre Hitler, puis contre Staline et ses successeurs. De plus, la droite française actuelle, se veut, encore, héritière de la Révolution française (1789) et d’une laïcité qui frise l’absolutisme. Tout ceci, est d’autant plus affligeant, que nous n’en sommes, ni à la deuxième Guerre mondiale ; ni à la troisième Guerre mondiale, appelée Guerre froide ; nous en sommes à la quatrième Guerre mondiale, celle menée par le terrorisme islamique et ses supporters contre la société libre de culture judéo-chrétienne. Il y a, aujourd’hui, en France, un ensemble de courants de droite, libéraux, conservateurs et néo-conservateurs. Le courant néoconservateur, ami des Républicains américains et ami d’Israël, avec – un journaliste parmi d’autres – Michel Gurfinkiel, fait le constat suivant : la France souffre de l’hiver démographique ; du choc de l’immigration ; du chaos social ; et de la banqueroute publique. Le courant néoconservateur français écrit cela depuis juin 2007. La personne humaine, sous le regard de Dieu, est corps, âme et esprit. Créée par Dieu, la personne humaine est appelée à vivre dans l’unité de son corps, de son âme et de son esprit. L’esprit permet l’exercice quotidien de la volonté. Cette volonté permet de poser des actes, y compris des actes d’amour, qui vont au-delà de ce que l’on ressent. C’est, en réalité, l’exercice de la liberté intérieure. Tant que la droite néo-conservatrice, la droite libérale et la droite conservatrice – ce ne sont là que des étiquettes, imposées, par le politiquement correct, la pensée unique – ; tant que ces milieux refuseront de se rencontrer, de s’écouter mutuellement, de découvrir qu’ils ont, peut-être, une plateforme commune, au moins sur l’essentiel ; tant qu’il en sera ainsi, la France sera la patrie de l’antagonisme qui divise ; de l’opposition qui s’enferme ; de l’affrontement qui demeure stérile ; des rancunes qui fixent le passé ; des ambitions courtes et individuelles. J’ai écrit tout cela quasiment mot pour mot une première fois il y a exactement 16 mois. La France a besoin de prophètes anthropologiques, qui se donnent, au service de l’unité. En juin 2007, Thierry Boutet, demandait que les catholiques comprennent les motivations de ceux qui, comme la Fondation de service politique, tentent de défendre le bien commun auprès de la majorité actuelle : « Nous avons constamment à nous demander quel est l’acte politique, le vote ou l’alliance tactique, qui donnera le plus de chance et d’opportunité de faire le bien dans notre combat pour le respect de la dignité de la personne (…) Les uns estimeront qu’il faut soutenir un parti de gouvernement, d’autres penseront qu’il faut être dans l’opposition. Ces différences sont légitimes (…) Sur les questions qui concernent la vie, le mariage, l’école et l’éducation, les chrétiens doivent, plus que d’autres, être unis ». Ce qui distingue les néoconservateurs en français de la droite dite nationale, c’est que les néoconservateurs français ne considèrent pas qu’il y ait une soi-disant « déficience intrinsèque » des institutions et les néoconservateurs français ne considèrent pas qu’en y participant, ils deviennent des « alliés objectifs de cette déficience, voire des idiots utiles ». anthropologique. La question qui demeure pour moi en tant que néoconservateur est celle-ci : jusqu’à quel degré les catholiques français sont-ils catholiques ? Et qu’entendent-ils, au juste, par être catholique ? Si je veux répondre à ces questions avec l’aide de l’anthropologie judéo-chrétienne, je dois me souvenir que celle-ci est l’étude à la fois théologique et philosophique, de la personne humaine, sous le regard de Dieu (au fil de l’histoire, je l’écris encore une fois, cette anthropologie jaillit des Psaumes du Roi David, des Appels des Prophètes, tels Isaïe et Jérémie, des Paroles de Saint Irénée, Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin). Bien. Les catholiques français sont-ils à la fois théologiquement et philosophiquement catholiques ? Je crois que le problème commence ici. Que reproche-t-on le plus souvent aux Français ? La polémique verbale et l’individualisme. « Les Français sont des râleurs ». « Les Français ne sont jamais contents ». « Les Français, ce n’est que du blabla et ils ont toujours raison ». Et ainsi de suite. Laissons de côté les reproches et cherchons l’explication. La majorité des catholiques français, même ceux qui ont fréquenté des écoles privées, sont inévitablement marqués par le siècle des libres penseurs et par la révolution française. Les catholiques français veulent bien rester catholiques, mais à un certain nombre de conditions. D’abord, il leur faut impérativement, la défense de leur communauté naturelle. Ce n’est pas uniquement le cas des traditionalistes, je m’empresse de le préciser. Ensuite, il leur faut une personne de référence, laïc ou clerc, au sein de leur communauté. Enfin, il faut que chacune et chacun garde, la possibilité, de s’affirmer, au plan strictement verbal. En dehors de sa communauté qu’il dit naturelle ; en dehors d’une personne à qui se référer ; en dehors de l’affirmation verbale de soi, le catholique français, a beaucoup de peine à survivre et à durer dans la foi. Le catholique français traditionaliste est parfois, sans le savoir, théologiquement catholique et philosophiquement anti-universel. A contrario, le catholique français conciliaire ou charismatique est parfois, sans le savoir, philosophiquement universel et théologiquement anti-catholique. Or, le problème, c’est que, justement, catholique, terme venant du grec, veut dire universel. Cette universalité est théologique et philosophique. Elle a ses racines dans le judaïsme. Par conséquent, pour ce qui me concerne, être néoconservateur, c’est défendre la société libre de culture judéochrétienne. Ce n’est pas défendre ma chapelle ou mon pays. J’écris cela régulièrement depuis 18 mois sur Internet. Ma référence était, est et restera Jacques Maritain. Notre courant de pensée prend une certaine ampleur. Cela peut susciter des ruptures, des rancoeurs et des jalousies. Cela suscitera inévitablement, un jour, des calomnies. J’en ris d’avance, car j’ai déjà expérimenté tout cela dans le passé - surtout de la part de catholiques…- et la terre continue de tourner et moi avec (j’ai résumé tout cela dans un petit livre il y a quelques années ; du coup je sais déjà tout sur moi et les autres aussi…). Le courant néoconservateur avance. C’est cela qui compte. A 52 ans, retiré dans la montagne depuis 2004, j’espère que les jeunes générations prendront bientôt la relève. Aujourd’hui, il a neigé 50 centimètres. Les flocons du Seigneur nous ont bénis. Oui, j’ai voté Sarkozy car je suis, entre autre, de nationalité française. Oui, actuellement, je remets en question Sarkozy car en conscience j’estime que c’est rendre service à la France et rendre service à Sarkozy dont les services (le SIG) surveillent notre courant de pensée. Peut-être Sarkozy reviendra-t-il un jour à ce pour quoi nous l’avons élu. Et s’il ne le fait pas, ce n’est pas tant mon problème mais bien plus celui des générations à venir. Ma carrière, mon avenir, sont derrière moi. Dans la montagne, je me dis simplement que si tant de Juifs et de chrétiens sont morts au 20e siècle, ce sang versé devrait au moins donner un peu de vigilance aux nouvelles générations. Pour le reste, à mon stade, je parle essentiellement aux oiseaux et aux écureuils. Le reste n’a plus vraiment grande importance. Nous sommes tous nés poussière. Nous redeviendrons tous poussière. Et là, oui, nous entrerons dans la vie, la vie éternelle….
-
© Miguel Garroté 2008
-

Les USA empêchent une opération syrienne au Liban ?

-
Les USA empêchent une opération syrienne au Liban ?
-
Miguel Garroté - C’est amusant. Je me disais, ces dernières semaines, qu’avec la transition politique aux USA, et le vide politique en Israël, certains pays arabo-musulmans, comme toujours en pareille situation, profiteraient pour avancer quelques pièces sur l’échiquier proche et moyen oriental. Le Hamas et/ou le Hezbollah auraient pu lancer un coup d’éclat. L’Iran aurait pu faire monter la pression radioactive d’un cran. Or, voici que selon Elaph.com et Mediarabe.info, ce serait plutôt la Syrie qui envisageait un vilain pas en avant. Et ce seraient les USA, en dépit de la transition politique en cours, qui auraient envoyé un signe très clair à la Syrie afin qu’elle renonce à ses magouilles au Liban. Il est donc question d’élections aux USA en novembre - c’est bientôt je crois - et en Israël en février prochain. Cela dit, le nouveau président des USA élu le 4 novembre n’entrera en fonction qu’en janvier 2009. Il reste donc une petite marge pour flanquer le bazar. J’ignore si les hypothèses émises ci-dessous par Elaph.com et Mediarabe.info reflètent la réalité. En revanche, concernant non pas le Liban - de toute façon hezbollisé - mais Israël, je me méfierais de tout et de tout le monde. La crise dite financière aidant, d’aucuns pourraient profiter des agitations électorales et politico-financières pour frapper là où personne ne s’y attendait. A cet égard, le relâchement de la présence militaire israélienne autour de la bande de Gaza me semble une stupidité.
-
Le raid américain en Syrie aurait empêché une opération militaire syrienne au Liban
Jeudi 30 octobre 2008 sur
Mediarabe.info
Source : Elaph.com
(Début de l’article de Mediarabe.info) - Elaph.com cite un diplomate arabe à Beyrouth selon lequel « le raid américain en Syrie, le 26 octobre, n’est pas simplement une opération contre des groupes terroristes en partance en Irak ». Il s’agit surtout d’un « avertissement américain » contre toute intervention militaire syrienne au Liban. Selon le diplomate arabe à Beyrouth, cité par Elaph.com, les Etats-Unis ont adressé un message ferme à la Syrie, à travers le raid sur son territoire. Car Washington, tout comme les pays arabes, craignaient que Damas ne cherche à profiter du temps mort qui accompagne les élections américaines, et le flottement politique en Israël, pour mener une opération militaire au Liban, sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Damas avait préparé les conditions d’une telle opération, voulant rééditer au Liban les expériences américaines au Pakistan, russes en Géorgie et turques au Kurdistan irakien, et avait massé plus de 10.000 hommes de ses unités d’élite à la frontière nord du Liban (lire à cet égard notre analyse du 27 septembre 2008). Ce qui semble confirmer que l’attentat de Damas, du 27 septembre, était fomenté par les services syriens pour l’utiliser comme un prétexte justifiant une intervention au Liban. Damas estime en effet que le succès de l’opposition menée par le Hezbollah, à contrôler Beyrouth en mai dernier, doit se transformer dans les urnes, au printemps prochain. Pour permettre cette victoire électorale, la Syrie pense devoir contrôler les régions sunnites acquises à la majorité parlementaire. D’où la nécessité d’intervenir dans le Nord (et à moindre degré dans le centre de la Békaa). « Le raid américain de dimanche dernier est ainsi venu rappeler à Bahar Al-Assad les limites de ses ambitions et les dangers de son aventurisme suicidaire au pays du Cèdre », conclut le diplomate (fin de l’article de Mediarabe.info).
-

mercredi 29 octobre 2008

Le leurre Sarkozy

-
Miguel Garroté - Durant sa campagne présidentielle, nous avons soutenu Sarkozy. De mai à octobre 2007, nous avons encore soutenu Sarkozy. Et ce, malgré le fait que d’autres, dans notre famille de pensée, ont cessé de le soutenir en raison de l’épisode Kadhafi, Octobre vert… Fin 2007 et début 2008, nous avons encore et toujours soutenu Sarkozy. Et ce, malgré le fait que de plus en plus de monde, dans notre famille de pensée, avait cessé de le soutenir, entre autre, en raison de l’épisode Carla Disneyland, digne de deux adolescents en quête de succès. Puis, il est vrai, nous avons soutenu Sarkozy de plus en plus modérément.
-
Enfin, avec notamment la crise dite financière, Guy Millière, Ivan Rioufol, David Bescond, Drzz, l’Institut Turgot, la majorité des sites et des blogues de droite, conservateurs et néoconservateurs, tant d’autres et moi-même, avons commencé à en avoir par dessus la tête, de voir notre candidat néoconservateur judéochrétien devenir un président étatiste arabopétrophile de plus. Ce n’est pas seulement sa politique actuelle qui irrite au plus haut point. C’est aussi, non pas la légère différence, mais le fossé abyssal séparant, d’une part son discours adressé en période électorale aux catholiques, aux Juifs et aux Israéliens ; et d’autre part, sa gesticulation étatiste face à la crise et face à tout le reste, et à ce propos, encore merci pour les prestations avec Kadhafi et Al-Assad, c’était chiracovillepinien à souhait, en pire…
-
Il se trouve qu’à la liste déjà longue des grugés du sarkozysme, liste que j’ai suffisamment énumérée ces derniers jours, s’ajoute une personnalité de plus à ne pas oublier : Claude Reichman. On peut ne pas approuver nos choix. On peut même nous le signifier en toute liberté, avec ou sans excitation. Cela a été fait et refait longuement et avec virulence. C’est bien. Je n’ai pas réagi et je ne réagirai pas. Et pour ce qui me concerne, ça ira comme ça. Car je ne me mets à genoux que devant Dieu. Merci. Cela dit, on peut toujours continuer de désapprouver nos choix et même continuer à nous donner des leçons. Avec le temps, je m’y fais comme je me fais à beaucoup d’autres choses. Je défends la société libre de culture judéochrétienne. Je n’ai pas changé. Plus précisément, ce n’est pas moi qui ai changé… Et puis, je ne suis pas là pour foutre le bazar dans les maisons où je ponds mes articles. Je ne soutiens plus Sarkozy et nous sommes des millions à ne plus le soutenir. Cette réalité, aucune prose, aussi pédagogue se voudrait-elle, ne pourra la modifier. Je ne censurerai pas les sarkozystes. En revanche, je continuerai d’écrire que la révolution néoconservatrice débutera en 2012 si d’ici là un vrai candidat sort du lot. A moins que Sarkozy n’opère un nouveau virage en notre direction. Auquel cas il nous faudra le croire sur ses actes et plus sur ses intentions, toutes sincères qu’elles puissent nous sembler. On ne nous leurrera pas deux fois de suite avec la même singerie.
-
Ainsi donc, Claude Reichman, pour
http://claudereichman.com, écrit, le mardi 28 octobre 2008 (début du texte de Reichman) : « Le premier acte de Jacques Chirac après son élection à la présidence de la République en 1995 fut de décréter la mobilisation pour l’emploi et de convoquer à cette fin…les préfets ! Dix ans plus tard, en 2005, aussitôt après sa nomination au poste de premier ministre, Dominique de Villepin décréta lui aussi la mobilisation pour l’emploi et s’en fut, à cette fin, visiter en grand arroi…une agence de l’ANPE ! Trois ans plus tard, en octobre 2008, Nicolas Sarkozy, élu président de la République en 2007, présente son plan de ‘mobilisation pour l’emploi’ en inaugurant Rethel...un ‘pôle emploi’, nouveau nom de l’ANPE mariée à l’Unedic ! Comme le disait le prince de Lampedusa, ‘il faut que tout change pour que rien ne change. Ce qui ne change pas en France, ce sont les hommes de l’Etat, également appelés politiciens ».
-
« Comme le jongleur de Notre-Dame qui, pour honorer la Vierge, ne savait qu’effectuer ses meilleures cabrioles, les homme de l’Etat ne savent, pour lutter contre le chômage, qu’effectuer des pitreries devant des personnalités ‘institutionnelles’, qui n’ont jamais obtenu le moindre résultat en la matière, et dans le cadre ô combien exaltant d’organismes étatiques. Pour illustrer ces errements, on apprend aujourd’hui que la chambre de commerce de Bordeaux vient de constituer une cellule anti-crise pour aider les employeurs à y voir plus clair dans le maquis des annonces gouvernementales en faveur de l’emploi. Dix-sept personnes y ont été recrutées. Bonne nouvelle : elles ont déjà répondu à dix appels téléphoniques : Stakhanovisme ! Comme les préfets n’ont jamais pu créer que des emplois de chauffeurs ou de jardiniers, que les ANPE ne savent créer que des emplois de salariés de l’ANPE, et que les chambres de commerce ne peuvent évidemment créer d’emplois qu’à coups d’argent public - un argent arraché aux entreprises - force est de constater que de Chirac à Sarkozy, en passant par Jospin et en y ajoutant tous les autres, les hommes de l’Etat et leurs pseudopodes institutionnels non seulement n’ont jamais su créer d’emplois sains, c’est-à-dire financés par des entrepreneurs pour des clients, mais ont au contraire, en raison du poids insensé des impôts et des charges sociales, empêché les entrepreneurs d’entreprendre et les clients d’acheter ».
-
« C’est sans doute en vertu de ces mirobolants résultats que l’on en appelle aujourd’hui…au retour de l’Etat. Les malheureux qui le disent ignorent qu’en France l’Etat n’était jamais parti ! C’est même la raison pour laquelle la crise économique mondiale frappera la France plus durement que beaucoup d’autres pays développés. Une fois l’excès d’endettement international épongé, il faudra reconstruire. Et ce n’est pas l’Etat qui pourra le faire. Si la France veut se rétablir sainement, il lui faudra faire appel à des hommes et à des méthodes qui tiennent l’Etat le plus loin possible des activités économiques, à charge pour lui de se consacrer à ce pourquoi il a été conçu : faire respecter la sécurité et l’état de droit. Bien entendu, cela implique un changement radical des mentalités dans notre pays. Aucun argument n’y parviendra sauf le constat de la faillite de l’ancien – et actuel – système et l’impossibilité de le ressusciter. Alors on pourra enfin entendre la voix de la simple raison et celle de la connaissance des comportements humains. Qui l’une et l’autre nous disent que l’individu ne donne sa pleine mesure que dans une société libre où les règles de la vie en commun sont admises et respectées par tous et en particulier par l’Etat. En attendant, regardons avec autant de sévérité que de pitié les pitres de l’Etat s’agiter sur le devant de la scène et souvenons-nous de cette scène impayable des Branquignols où, répondant au cri général de ‘Il faut faire quelque chose !’, l’excellent comédien pied-noir Robert Castel s’exclamait : ‘Et qu’est-ce que je peux faire moi ? Des merguez !’ » (fin du texte de Reichman).
-

Génocide ukrainien

-
Miguel Garroté - Le Parlement européen a récemment adopté un texte, assimilant à un crime contre le peuple ukrainien et à un crime contre l’humanité, la famine organisée par Staline en 1932 et en 1933 (1), famine organisée au cours de laquelle des millions d’Ukrainiens sont morts. Le texte voté à une large majorité reconnaît officiellement cette famine - recensée sous le nom d’« Holodomor », en français « extermination par la faim » - comme, je cite, un « crime effroyable perpétré contre le peuple ukrainien et contre l’humanité ». Le texte demande à tous les pays de l’ex-URSS de, je cite, « permettre un libre accès aux archives relatives » à cette famine afin que, je cite, toutes ces causes et conséquences « soient révélées et étudiées en détail ».
-
(1)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Holodomor
-

Un député français (un...) soutient McCain

-
Miguel Garroté - Le député UMP Hervé Mariton - que j’ai déjà eu l’occasion de citer à propos de la crise dite financière - est un parlementaire qui soutient ouvertement John McCain.
Il s'en explique dans le Figaro (1) : « Je me méfie de toutes les manies. Mais vu de France, ce n'est pas qu'une manie pro-Obama. Les Français ont toujours eu un tropisme très fort pour les démocrates (ndmg : le parti démocrate américain). Alors quand on me dit ‘Obamania’, j'ai envie de gratter un peu plus loin. Le charisme est une qualité en soi, mais le jeu excessif du charisme devient un défaut. (...) Je trouve dommage qu'on prenne tant de pincettes pour parler avec les républicains (ndmg : le parti républicain américain). C'est le rappel d'une espèce de complexe de gauche que l'UMP n'a en réalité toujours pas abandonné. Nous dominons certes ce complexe sur les sujets nationaux, car depuis quelques années, nous avons gagné la bataille des idées (ndmg : pas vraiment, voyez l’économie et l’éducation nationales…). Mais quand on regarde à l'étranger - et ça ne vaut pas que pour les Etats-Unis - il semble toujours plus chic de favoriser la gauche. Ça me choque et je ne trouve pas ça très futé politiquement, car il peut y avoir un effet miroir. Si les gens de droite en France soutiennent plutôt Blair ou Obama, on peut se poser la question : au fond, sont-ils si convaincus de ce qu'ils pensent ? » (ndmg : ah, ça tombe bien, nous aussi, nous nous posons parfois certaines questions à ce sujet…).
-
(1)
http://www.lefigaro.fr/politique/2008/10/28/01002-20081028ARTFIG00413-avec-obama-l-ump-fait-un-complexe-de-gauche-.php
-

L'Etat français surveille nos écrits

-
Miguel Garroté - Je lis ce matin, notamment, mais pas seulement, sur Marianne (1), que Selon un appel d'offre publié au Journal Officiel, le Service d'Information du Gouvernement français (SIG) offre jusqu’à 130.000 euros d’honoraires à qui fournira une surveillance du traitement de la politique du Gouvernement par les médias en ligne, c’est à dire par les sites d'informations et les blogs de journalistes. La surveillance portera sur quinze thèmes traités par une cinquantaine de sites et de blogues. Le Service d'Information du Gouvernement (SIG) recevra un rapport hebdomadaire de tout ce qui se dit et s'écrit au sujet du gouvernement sur les sites et blogues surveillés. Dans le passé c'est la société Watch - filiale de surveillance de TBWA Corporate consacrée aux « phénomènes d'opinion » - qui avait remporté l'appel d'offres sur « l'action gouvernementale vue dans les médias en ligne ». La surveillance concernait une cinquantaine de sites tandis que la surveillance des blogues était effectuée par le Service d'Information du Gouvernement (SIG) lui-même. Dès maintenant, c'est l'ensemble de la surveillance des médias on-line - sites d'informations et blogs de journalistes - qui sera assurée, par des sociétés privées, pour le compte du gouvernement. C’est un très grand honneur pour Ivan Rioufol, monde-info, rebelles.info, leblogdrzz, etc. de savoir que l’Etat va dépenser jusqu’à 130.000 euros rien que pour nous lire. A vrai dire, nous n’en demandions pas tant. Mais c’est avec plaisir que nous acceptons…
-
(1)
http://www.marianne2.fr
-

mardi 28 octobre 2008

Crise financière : le vrai coupable, c'est l'Etat.

-
Crise financière : le vrai coupable, c’est l’Etat.
-
Miguel Garroté
-
Je reprends ci-dessous un certain nombre d’analyses qui me semblent contribuer au travail des idées concernant la crise financière. Ce travail des idées ne fait que commencer. Et je souhaite que notre famille de pensée, qui défend la société libre de culture judéochrétienne, y participe. Le Professeur Guy Millière, a écrit récemment, à propos de la crise financière et des présidentielles américaines : « Aux Etats-Unis même, la crise en question a fait basculer le cours de l’élection présidentielle, et a eu pour résultat que, sauf événement improbable, Barack Obama sera élu Président le 4 novembre prochain. Le parti Démocrate est à l’origine des lois qui ont créé la situation financière actuelle, puisqu’elles ont été votées à l’instigation de Carter en 1977 et de Clinton en 1995. Le parti Démocrate a fait obstruction à toute enquête sur les pratiques douteuses de Fannie Mae et de Freddie Mac, les deux institutions paraétatiques qui ont servi à conforter et recycler les prêts douteux ». Cette mise à nu de la réalité, mise à nu effectuée par Guy Millière, résume très bien le paradoxe de l’actuelle crise financière : au lieu de dégraisser l’Etat, on se prépare à voter à gauche. Et les gouvernements de droite, eux, se lancent dans une logique étatiste - et donc socialiste - ce qui leur évite d’affronter le vrai problème, à savoir, précisément, dégraisser l’Etat.
-
A cet égard, Sarkozy préfère soi-disant réformer la finance à l’échelle planétaire, ce qui le rend populaire et flatte son orgueil ; plutôt que de réformer la fonction publique à l’échelle française, ce qui le rendrait impopulaire. Entre tenir ses promesses électorales et devenir une star mondiale, Sarkozy a choisi la deuxième solution. Je n’ai plus aucune considération et plus aucun respect pour Sarkozy, qui se situe désormais à gauche du Premier ministre britannique travailliste - et donc socialiste - Gordon Brown. Il ne reste plus qu’à élire Sarkozy à la tête de l’Internationale Socialiste, à le nommer docteur honoris causa de l’Université de Caracas et à le laisser conclure une sainte alliance avec Obambi et la trahison grotesque et bouffonne sera parfaite. Pour ce qui me concerne, je ne peux plus supporter le timbre de la voix et la tête de Sarkozy à la télévision. Le dernier président français à avoir réussi une telle contre-performance fut Valéry Giscard d’Estaing. Autrement dit, la dernière imposture d’une telle nature remonte à 1974. C’était il y a 34 ans. Nous voilà donc bien avancés.
-
Le Conservateur réagit, lui aussi, à la fièvre antilibérale qui s’empare actuellement des acteurs politiques et médiatiques : « Ce sont les marchés financiers qui financent l'Etat Providence, les allocs, le droit d'asile, le SMIC, le RMI, les hôpitaux employant quatre personnes au fond de la Bretagne profonde, les bureaux de poste dans le Larzac, l'armée mexicaine de l'éducation nationale, le logement social, les retraites anticipées, les revendications syndicales, etc. Sans les marchés financiers, il aurait été impossible de financer tout cela par une incroyable dette publique. Sans les marchés financiers, l'Etat aurait fait banqueroute dès le début des années 80. Nous vivons tous à crédit grâce à Wall Street et à la City, en particulier et en premier lieu le modèle social français ».
-
Hervé Mariton, député UMP, lui également, a mis en garde le gouvernement, sur la crise financière et la tentation étatiste : « La crise ne durera pas éternellement et le sujet aujourd'hui c'est de limiter les dégâts immédiatement mais aussi de faire en sorte que demain, pour une fois, la France ne loupe pas le coche de la reprise (...) attention au retour du dirigisme. S'agissant du degré d'intervention de l'Etat, il faudrait faire attention que la situation actuelle ne légitime pas les vieilles lunes (...) augmenter les emplois aidés n'est pas une bonne solution de moyen et long terme ».
-
Et voici le propos
De Jacques Garello, un libéral : « Tout d’abord, je ne vois pas en quoi l’idéologie de la dictature des marchés serait aujourd’hui dominante. Bien entendu, la crise a permis aux vrais coupables de mettre en accusation, pêle-mêle, Reagan, Thatcher, Friedman, Hayek, les économistes de Chicago, les financiers de Wall Street. (...) Il est établi que la crise n’a pas pour origine le marché mais bien la politique monétaire de la FED, et surtout les manœuvres politiques du parti démocrate qui a inventé les crédits hypothécaires à discrimination positive : priorité aux minorités insolvables grâce à l’intervention de Fannie et Freddy, ces braves agences garanties par l’État fédéral (et créées dans la ligne du New Deal, réanimées pour raison électorale par Bill Clinton). Elles ont bien renvoyé l’ascenseur en devenant les fidèles soutiens des démocrates, arrosant copieusement les gens du Congrès (Obama en tête). Voilà sans doute où étaient l’avidité et la voracité. (...) On ne sait pas non plus que tous les déséquilibres imputés au marché sont les sous-produits des interventions étatiques. Il n’y aurait pas à subir les crises pétrolières s’il n’y avait pas l’OPEP. Il n’y aurait pas de paradis fiscaux s’il n’y avait pas d’enfers fiscaux. Il n’y aurait pas de panne du crédit si l’épargne n’était pas matraquée. Il y aurait création d’emplois si la liberté du contrat de travail n’était pas entravée. Il y aurait des retraites confortables si l’on acceptait la capitalisation. Il n’y aurait pas de violences ni de carences scolaires si on en finissait avec le monopole de l’Education Nationale et des syndicats d’enseignants. Peut-on l’ignorer ? Quel est le terrorisme intellectuel qui s’est installé chez nous depuis un demi-siècle au moins ? De quoi nous parle-t-on chaque jour, sinon de Grenelle, de développement durable, de droit au logement, de fonds souverains, de dumping social ? L’idéologie dominante est-elle celle de Friedman, ou celle de Keynes, du New Deal, d’Al Gore et de Marx relooké ? ».
-
Dans
Monde & Vie, Christian Gomez, banquier et docteur en sciences économiques déclare (début de citation de Christian Gomez) : « Toutes les propositions qui sont faites actuellement restent dans le moule des réglementations antérieures issues des traités de Bâle de 1986 : augmenter le capital, accroître la réglementation, etc. Toutes mesures qui se sont révélées inefficaces car incapables de juguler le risque systémique. En fait, dans la ligne d’Allais, deux axes de réformes doivent être développés. Sur le plan interne, il faut restructurer radicalement le système bancaire en dissociant la monnaie du crédit. Aujourd’hui, en prêtant ou en ne prêtant pas, les banques maîtrisent la quantité de monnaie en circulation et donc l’économie. Il faut ré-instituer le pouvoir régalien de l’Etat. Pour ce faire, Allais propose de distinguer principalement deux types de banques : les banques de dépôts, dont le rôle serait de gérer les dépôts à vue des agents économiques sans pouvoir faire des prêts et en les couvrant à 100 % par de la monnaie de base (émise par la Banque centrale) ; les banques de prêts qui re-prêteraient les dépôts à terme des clients sans pouvoir faire de la transformation. Un tel système, qui financerait plus efficacement l’économie, éliminerait totalement les effets systémiques que nous connaissons et assurerait une croissance régulière de l’économie. Au plan international, la première des choses à faire est de fondre l’OMC et le FMI et d’appeler à un nouveau Bretton-Woods afin de définir un nouvel étalon-monétaire à la place du dollar et établir un nouveau régime de changes fixes mais ajustables. Le système de régulation interne a-t-il déjà existé ? Non, en dépit des économistes prestigieux qui ont soutenu des approches similaires dans le passé (Irving Fisher et Milton Friedman entre autres). Contre elle, il y a le poids des idées reçues et le choc des intérêts. Rendre la rente de la création monétaire aux citoyens, sous forme d’une ressource budgétaire, cela ne plait forcément pas à tout le monde, et particulièrement aux banquiers » (fin e citation de Christian Gomez). Je ne partage pas toute l’analyse de Christian Gomez, notamment sa théorie sur un nouvel étalon-monétaire. Cependant, il m’a paru équitable de citer son analyse dans le cadre du présent article.
-
Directeur de l’hebdomadaire
Les 4 vérités depuis mars 2008, Guillaume de Thieulloy s’exprime dans Monde & Vie à propos de la doctrine sociale de l'Eglise. (début des extraits) : « La doctrine sociale est le discours que tient l’Eglise sur la société et sur la place de l’homme dans la société. A côté de la morale familiale, de la morale personnelle, il existe donc une ‘morale sociale’, qu’on appelle la doctrine sociale de l’Eglise. Cette doctrine repose sur une vision de l’homme comme créature pécheresse et rachetée, comme ‘animal social’. Nous pourrions résumer cette vision sociale en deux principes : premièrement, le bien commun de la société est supérieur au bien de chacun de ses membres. En conséquence, la société peut nous demander l’impôt de l’or ou du sang. Deuxièmement, l’homme, ayant une destinée surnaturelle, n’est pas soumis à l’Etat en tout et, en matière spirituelle, c’est donc la société temporelle qui est faite pour l’homme, et non l’homme pour la société. (...) Confronté à la crise actuelle, Nicolas Sarkozy a récemment insisté sur la légitimité de l’intervention de l’Etat. Il semble que nous évoluions en permanence entre les logiques libérale et socialiste. Le catholicisme social peut-il représenter une troisième voie ? Que peut-il apporter aujourd’hui ? Et s’y intéresse-t-on encore ? Je suis assez mal à l’aise avec l’idée du catholicisme social comme troisième voie entre le libéralisme et le socialisme, comme s’il faisait nombre avec eux. Cependant, il est certain qu’une pensée politique ni libérale, ni socialiste a un grand avenir devant elle : l’échec du communisme, les crises du libéralisme me semblent le montrer. Le problème est que les catholiques ne semblent pas très soucieux d’approfondir les trésors de doctrine de leur Eglise – sans compter qu’il n’est pas évident que les ‘élites’ politico-médiatiques françaises attendent avec une impatience fébrile le retour des catholiques sociaux sur le devant de la scène ! » (fin des extraits). Là non plus, je ne partage pas toute l’analyse de Guillaume de Thieulloy. Mais il m’a paru équitable de citer son analyse. Personnellement je me méfie des « catholiques sociaux », souvent très antiaméricains et pas très au fait des réalités économiques. Je ne suis pas non plus très enthousiaste avec « une pensée politique ni libérale, ni socialiste », car en général, lorsque les chrétiens se disent ni libéraux, ni socialistes, ils sont dans le concret plutôt socialistes.
-
Cela dit, il est vrai que dans
Centisimus annus, l’Eglise catholique, concrètement Jean-Paul II, a abordé ces questions de façon très claire (début de citation de Jean-Paul II) : « il existe une sphère légitime d'autonomie pour les activités économiques, dans laquelle l'Etat ne doit pas entrer. Cependant, il a le devoir de déterminer le cadre juridique à l'intérieur duquel se déploient les rapports économiques et de sauvegarder ainsi les conditions premières d'une économie libre, qui présuppose une certaine égalité entre les parties, d'une manière telle que l'une d'elles ne soit pas par rapport à l'autre puissante au point de la réduire pratiquement en esclavage (…) L'activité économique, en particulier celle de l'économie de marché, ne peut se dérouler dans un vide institutionnel, juridique et politique. Elle suppose, au contraire, que soient assurées les garanties des libertés individuelles et de la propriété, sans compter une monnaie stable et des services publics efficaces. Le devoir essentiel de l'Etat est cependant d'assurer ces garanties, afin que ceux qui travaillent et qui produisent puissent jouir du fruit de leur travail et donc se sentir stimulés à l'accomplir avec efficacité et honnêteté. (...) dans le secteur économique (…) la première responsabilité ne revient pas à l'Etat mais aux individus et aux différents groupes ou associations qui composent la société. L'Etat ne pourrait pas assurer directement l'exercice du droit au travail de tous les citoyens sans contrôler toute la vie économique et entraver la liberté des initiatives individuelles. (...) L'Etat a aussi le droit d'intervenir (…) Ces interventions (…) doivent être limitées dans le temps, autant que possible, pour ne pas enlever de manière stable à ces groupes ou à ces entreprises les compétences qui leur appartiennent et pour ne pas étendre à l'excès le cadre de l'action de l'Etat, en portant atteinte à la liberté économique ou civile » (fin de citation de Jean-Paul II).
-
Si je reprends maintenant cette thématique de la crise financière actuelle à la lumière du document
Centisimus annus de Jean-Paul II, j’ai la très nette impression que d’un point de vue aussi bien judéochrétien que spécifiquement catholique, il n’est pas question, il n’a jamais été question, de confier encore plus de pouvoir réglementaire à l’Etat, lorsque le système financier, pâtit des effets secondaires à moyen et long terme, de cette même réglementation d’Etat, qui ne date pas d’hier, mais du président américain Carter. C’était en 1977. Avec Giscard Sarkozy & Carter Obambi, c’est un éventuel pas en arrière de trente ans qui se prépare. Nous serons fixé dans huit jours, le 4 novembre prochain. Et quoi qu’il advienne, notre travail des idées continuera.
-
© Miguel Garroté 2008
-

vendredi 24 octobre 2008

Sarkozy a-t-il perdu la tête ?

-
Sarkozy a-t-il perdu la tête ?
-
Miguel Garroté
-
La crise financière est-elle utilisée par Sarkozy pour instaurer une série de structures internationales de type étatiste, pour ne pas dire de type socialiste ? Primo, le Parlement européen vient de voter à une forte majorité la création d’un gouvernement
économique de la zone euro, avec la bénédiction du président de la France et de l’Union européenne. Secundo, Sarkozy, déjà président de la France et président de l’Union européenne, essaye de toute évidence de se placer à la tête de l'Eurogroupe, l’organe qui se réunit au niveau des ministres des Finances. Tertio, Sarkozy tente visiblement de profiter de la crise financière pour imposer sa conception résolument étatiste et réglementée de l’économie. Quarto, Sarkozy souhaite continuer à présider l'Union européenne pour une année supplémentaire, la présidence européenne - à peine entamée - étant normalement limitée à six mois.
-
Le problème n’est pas seulement l’ambition démesurée de Sarkozy en tant que telle. Le problème de cette ambition démesurée, c’est aussi - et surtout - que depuis des semaines et des semaines, Sarkozy, premièrement, tient un discours résolument étatiste pour ne pas dire socialiste. Deuxièmement, Sarkozy ne cesse d’emprunter des dizaines et des dizaines de milliards de dollars sur les marchés financiers sans préciser la provenance de cet argent et alors que la France cumule déjà une dette très supérieure à 1.200 milliards d’euros. Quatrièmement, la politique de Sarkozy depuis son élection à la présidence de la République française se résume essentiellement à des déclarations fanfaronnes et à des réunions à répétition.
-
Rien qu’en ce mois d’octobre, pour soi-disant conjurer la crise financière, il y a eu et il y aura encore la réunion à quatre le 4 octobre ; la réunion avec l’Allemagne le 11 octobre ; la réunion des membres de la zone Euro le 12 octobre ; la réunion avec Bush le 18 octobre, réunion réclamée par Sarkozy pour obtenir de Bush une autre réunion, soi-disant réformatrice de la finance internationale, autre réunion à laquelle seront conviés 6 des 27 Etats de l’Union européenne, avec les USA, le Japon, la Russie, l’Inde et la Chine.
-
Et puisque je parle du sarko-socialisme, sachez que Guy Millière, pour les 4 Vérités hebdo, a écrit, le mercredi 22 octobre 2008 (début de citation de Millière) : «…si je m’en tiens à la France (…) la pensée libérale est, en ce pays, plus minoritaire que jamais. Le personnel politique se partage entre socialistes de droite et socialistes de gauche, et les décisions de Nicolas Sarkozy passeraient, pour la plupart, comme des décisions trop étatistes pour être travaillistes (ndmg : parti travailliste, version britannique sociale-démocrate du parti socialiste) au Royaume-Uni (…) en termes géopolitiques et stratégiques, il existe une pensée unique, tiède et insipide où (…) on doit détester ou mépriser l’intégralité de ce qui est républicain (ndmg : le parti républicain américain) et qui lit la Bible (…) je pense (…) qu’il n’y a pas grand-chose à attendre ici (…)..il est des jours où je me dis que je perds mon temps. Aujourd’hui est l’un de ces jours… » (fin de citation de Millière).
-
Pour revenir à Sarkozy, force est de constater qu’outre la tournure résolument anti-libérale de son discours, le double président franco-européen donne à ses interventions politico-médiatiques chroniques un élan messianique. Les formules du style « je veux » ou encore « je ne tolérerai pas » sont devenues chez Sarkozy obsessionnelles et témoignent d’un messianisme temporel version République laïque napoléonienne. Non seulement cela me laisse songeur quant à l’équilibre anthropologique du personnage, mais surtout cela m’inquiète si je songe au coût financier pour les Français que représentera ce quinquennat dont il reste encore à tirer trois ans et demi. Pour mémoire, oserais-je rappeler qu’avant la crise financière en cours, chaque Français rémunéré devait déjà 48.000 euros aux marchés financiers ayant prêté 1.200 milliards d’euros à l’Etat français (selon le rapport de la Cours des Comptes pour l’exercice 2007).
-
A suivre, aujourd’hui même, la chute impressionnante des principales bourses internationales, entre –7% et –8% selon les places boursières pour ce seul vendredi 24 octobre, je peux comprendre la lassitude de Guy Millière. Et je me soucie encore davantage du destin économique de la France. Pour peu que l’illusionniste Obambi soit élu à la Maison Blanche et Madame Livni à la tête de l’Etat d’Israël, et nous connaîtrons tous une période sans doute pire que ne le fut l’ère Jimmy Carter. Mais après tout, peut-être nous faut-il encore 3 à 5 ans d’affolantes idioties, pour nous souvenir, que dans les épreuves passées, se sont des personnalités comme Margaret Thatcher, Ronald Reagan et Menahem Beguin qui, en dépit de l’épouvantable haine que leur vouaient les médias, ont redressé la barre et sauvé leurs Nations d’un désastre sans retour possible. L’avantage de notre foi en la société libre de culture judéochrétienne, c’est qu’en dépit de la lassitude de certains jours, cette foi inclut néanmoins, envers et contre tout, l’espérance : hatikva.
-
© Miguel Garroté 2008
-

jeudi 23 octobre 2008

Pie XII : ma petite idée sur cette affaire.

-
Pie XII : ma petite idée sur cette affaire.
-
Miguel Garroté
-
Introduction (début de l’introduction) – A celles et ceux qui liraient, quelque part sur Internet, le présent article sans me connaître, je précise que je suis journaliste catholique, néoconservateur et philosioniste. Et que mon « texte fondamental » sur cette triple appartenance se trouve ici :
Nous sommes catholiques. Cela dérange certains (version actualisée). Voilà. Pour en venir au récent rebondissement de l’Affaire Pie XII, notamment son éventuelle béatification, et en ce qui me concerne, tout commence le mardi 7 octobre 2008 sur http://leblogdrzz.over-blog.com, lorsque je publie un article intitulé Le grand rabbin S.-Y. Cohen invité par Benoît XVI. Je reprends ci-dessous quelques informations sur l’Affaire Pie XII telle qu’elle a resurgi depuis le 7 octobre, notamment son éventuelle béatification. Et en conclusion, je livre ma petite idée sur cette affaire.
-
Mon article « Le grand rabbin S.-Y. Cohen invité par Benoît XVI » du 7 octobre traite exclusivement - et naïvement… - des convergences entre le Judaïsme et l’Eglise catholique concernant la Parole de Dieu lors d’un récent Synode. Or, voilà que sur leblogdrzz mon ami M. Gad (webmaster de
http://lessakele.over-blog.fr) réagit ainsi à mon article : « Je suis assez stupéfait qu'il ne soit pas fait la moindre allusion, dans ce qui précède (ndmg : dans mon article « Le grand rabbin S.-Y. Cohen invité par Benoît XVI »), de l'intervention du Rabbin Cohen concernant la polémique Pie XII. De fait, ce Synode était organisé en pleines festivités du cinquantenaire de la mort dudit Pape et risquait d'être lourd de malentendus diplomatiques…. ».
-
Je réponds - un peu sèchement - à M. Gad comme suit : « Je parle de ce qui unit. Il y en a assez comme ça qui parlent de ce qui divise. Pour Pie XII, il y a des Juifs qui écrivent du bien à son sujet et d'autres pas. Les historiens trancheront. C'est pourquoi je n'entre pas, à ce stade et pour l'instant, dans cette polémique, dont je ne maîtrise pas tous les éléments d'ailleurs. Même si j'ai une toute petite idée personnelle sur la question, idée que j'exprimerais si je veux et quand je veux. Car cela aussi, c'est ma liberté. Shalom ». Mon ami M. Gad ne se contente pas de ma réaction - il a bien raison - et il renchérit ainsi : « Ce qui divise, ce sont précisément les arrière-pensées. (…) Les ‘bons comptes font les bons amis’. L'Union à tout prix n'est qu'amalgame et confusion, dissipation des spécificités, des contextes, elle pécherait donc contre l'Esprit ».
-
C’est alors que, toujours sur leblogdrzz, je fais à M. Gad cette confidence : « Sur la canonisation de Pie II, et non sur l’affaire elle-même (son silence), voici mon avis : elle tombe mal ; pour moi, on aurait du choisir d’autres bienheureux sur la liste d’attente ; il n’y a aucune urgence pour le bienheureux Pie II ; nous vivons une période de l’histoire essentielle pour les relations judéo-chrétiennes ; vu sous cet angle, la canonisation de Pie II est une maladresse inutile ». M. Gad précise alors dans un nouveau commentaire : « La question serait de connaître la genèse de ce ‘procès’ en canonisation : voulue par qui, pour quoi, en fonction de quels paramètres ? (…) Le fait également que le Pape actuel soit allemand et que ce soit lui qui fasse ce retour sur un passé qui le concerne aussi pourrait être pris de différentes façons ». Je réagis à cette dernière remarque de M. Gad en écrivant : « J’aurais pu écrire cette phrase et la signer sans sourciller. C’est précisément pour ces raisons-là que - personnellement - je trouve le moment de cette canonisation totalement inopportun. Cela pouvait parfaitement attendre. Les questions mentionnées dans la citation reproduite ci-dessus sont des questions que moi aussi je me pose. J’ai une petite idée sur tout cela, mais ce n’est qu’une petite idée…» (fin de l’introduction).
-
Le mercredi 8 octobre 2008 dans La Croix, l’historien Giovanni Miccoli déclare entre autre (début des déclarations de Giovanni Miccoli) : « Aujourd’hui, alors que l’on connaît bien tout le mécanisme qui a abouti à la Shoah, on veut examiner toute l’action de Pie XII à travers son attitude face à la Shoah, soit pour le condamner, soit pour le réhabiliter. Or, l’objectivité historique oblige à dire que la question juive n’était pas au sommet de l’horizon de la pensée de Pie XII pendant la guerre : elle occupait une place marginale dans ses préoccupations. Son problème était ailleurs, dans la guerre que se livraient les deux camps qui faisaient partie d’une même civilisation chrétienne. Jusqu’au bout, Pie XII a cherché à se faire le médiateur pour obtenir la paix, en préservant sa neutralité comme Benoît XV durant la Première Guerre mondiale. De plus, le plus grand danger pour lui était celui de la Russie communiste. Aussi a-t-il toujours ménagé l’Allemagne : lorsqu’elle envahit la Pologne, il ne la condamne pas (il n’aura pas ces précautions lorsque la Russie envahit la Finlande). Même après la grande rafle de Rome en 1943, Pie XII ne rompt pas les relations avec le Troisième Reich » (fin des déclarations de Giovanni Miccoli). Voilà un élément historique à méditer… On ne réfléchissait pas en 1943 comme on le fait en 2008. C’est un fait choquant et c’est - en même temps - un fait historique passé que nous ne réécrirons pas à posteriori. Nous ne pouvons pas remonter le courant de l’histoire. Nous pouvons tout au plus tirer quelques leçons.
-
Dans un communiqué du CRIF intitulé « La béatification de Pie XII porterait un coup aux relations judéo-catholiques » daté du vendredi 17 octobre 2008, on peut lire (début du communiqué du CRIF) : « Pour le CRIF, le projet de béatification de Pie XII, pape de 1939 à 1958, porterait, s’il était mené à son terme, un coup sévère aux relations entre l’Eglise catholique et le monde juif. Alors que le Vatican refuse d’ouvrir aux historiens ses archives sur la période de la Seconde Guerre mondiale, et que la majorité des historiens indépendants n'appuie pas la thèse d'une activité inlassable du Pape en faveur des Juifs, une telle béatification serait ressentie négativement par l’ensemble des institutions juives de par le monde. Il n'est pas question de nier que le Pape a aidé à cacher un certain nombre de Juifs à Rome pendant la période d'occupation allemande, il est encore moins question de sous-estimer la part magnifique qu'ont prise à titre personnel certains ecclésiastiques, en France notamment, dans le sauvetage des Juifs. Mais le Pape Pie XII, soucieux de ne pas rompre les ponts avec l'Allemagne, n'a jamais prononcé un discours clair dénonçant la monstruosité particulière de l'extermination de millions de Juifs. Il ne l'a d'ailleurs pas fait non plus après la guerre, ce qui est profondément choquant. Alors que les crimes nazis exigeaient qu'il fût un prophète, le Pape Pie XII s'est conduit en diplomate prudent. A moins que des documents nouveaux, jusque-là non fournis, ne modifient indiscutablement la vision historique de cette époque, les Juifs survivants de la Shoah ressentiraient comme une blessure profonde que le silence du Magistère vis-à-vis du génocide des Juifs fût proposé comme un modèle de comportement » (fin du communiqué du CRIF).
-
Le dimanche 19 octobre 2008 Yad Vashem publie le communiqué suivant (début du communiqué de Yad Vashem) : « Toute visite en Israël du Pape Benoît XVI est du domaine de la politique. C’est pourquoi, Yad Vashem n’est pas partie prenante dans cette affaire, comme cela a été clarifié par le porte-parole du Vatican. L’étude de la période de l’Holocauste en général, en ce compris le rôle du Pape Pie XII, est permanente et dynamique. L’activité du Pape Pie XII durant l’Holocauste est une question disputée parmi les historiens. La présentation de ce thème dans le Muséum d’Histoire de Yad Vashem est basée sur le meilleur de la recherche en cette matière. Les historiens de Yad Vashem sont attentifs à toutes les avancées de la recherche et aux nouveaux documents y afférant, et ils continuent à explorer en profondeur tous les aspects de cette période. Yad Vashem a la certitude que l’ouverture des Archives vaticanes sur la période de référence contribuera à faire avancer la recherche sur le sujet, ce qui devrait éclairer cette question historique » (fin du communiqué de Yad Vashem).
-
Par ailleurs, on apprend que le père Gumpel, postulateur de la cause de Pie XII, a déclaré à ANSA (début de la citation du père Gumpel par l’agence de presse italienne ANSA) que « Benoît XVI n'a pas encore signé le décret sur les vertus héroïques de Pie XII » et que « L'Eglise catholique fait son possible pour avoir de bonnes relations avec Israël mais des rapports amicaux ne peuvent être construits que dans la réciprocité. Nous voyons que le pape a invité avec un grand sens de l'hospitalité un rabbin (ndmg : le grand rabbin S.-Y. Cohen) à notre synode et celui-ci, abusant de notre gentillesse, a attaqué à trois reprises Pie XII. Le rabbin peut dire ce qu'il souhaite, bien entendu, mais s'il est invité et qu'il parle de cette manière, il n'aide pas à améliorer nos relations". Il a ajouté que les juifs sont ‘très divisés’ sur Pie XII: ‘Certains continuent d'attaquer l'Eglise catholique disant que le Christ était le fils d'un soldat et d'une prostituée, tandis que d'autres assurent que personne n'a sauvé autant de juifs que Pie XII’ » (fin de citation du père Gumpel par l’agence de presse italienne ANSA). Personnellement, je regrette que le père Gumpel, en tant que prêtre et en tant qu’Allemand, ait fait cette déclaration. Et contrairement au père Gumpel, je ne pense pas que le rabbin S.-Y. Cohen ait abusé de notre gentillesse. De toute évidence, le père Gumpel, postulateur de la cause de Pie XII, fait de cette postulation une affaire personnelle. Et de toute évidence, le père Gumpel a une vision trop rigide et trop protocolaire de l’amitié judéochrétienne, alors que cette amitié doit être une amitié de charité et donc aussi de quête de la vérité, charité et vérité étant inséparables dans l’anthropologie chrétienne, y compris et surtout dans l’anthropologie catholique.
-
Dimanche 19 octobre 2008, dans une déclaration, le directeur du bureau de presse du Vatican, Federico Lombardi, dit, entre autres : « Le Vatican a démenti les assertions selon lesquelles une légende (ndmg : « légende » au sens texte apposé au bas d’une photo) qui figure au Musée de l’Holocauste de Jérusalem, affirmant que Pie XII n’a pas fait suffisamment pour sauver des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, empêcherait le Pape Benoît XVI de venir en visite en Israël ».
-
Encore le dimanche 19 octobre 2008, Luigi Accattoli, dans le Corriere della Sera, écrit : « Ce ne sera peut-être pas le pape Benoît XVI qui fera de Pie XII un saint, et nous pouvons comprendre les raisons de ce passage de main : la diatribe sur son prédécesseur part justement de son présumé penchant en faveur du peuple allemand, sinon du sort de l'Allemagne pendant le second conflit mondial. Les plus prévenus parmi les accusateurs en sont arrivés à le peindre comme ‘le pape de Hitler’. Cette diatribe montre des signes d'essoufflement et un avis plus serein s'impose parmi les historiens, même ceux d'origine juive, mais Benoît XVI doit avoir calculé que la révision historiographique mettra du temps pour peser efficacement sur les sentiments de l'ensemble du monde juif, qui lui tiennent aussi à coeur. Peut-être a-t-il décidé qu'il faut laisser de l'espace à cette réévaluation avant de mettre le pape Pacelli sur les autels. Et voilà qu'avec générosité, il défend son prédécesseur, comme l'avaient déjà fait constamment Paul VI et Jean-Paul II. Il le défend et ‘il prie’ pour que la cause de béatification parvienne à un dénouement heureux, mais il fait annoncer au moins deux fois - la deuxième hier - qu' ‘il considère comme opportun un temps d'approfondissement et de réflexion’. Hier il a même fait dire que ‘dans cette situation il n'est pas opportun de chercher à exercer sur lui des pressions’ : et ceci est un avertissement adressé à son troupeau, au père Gumpel et à ceux qui le poussent à aller de l'avant. Le temps ‘d'approfondissement’ concerne aussi la documentation historique : les archives du Vatican n'ont pas encore achevé la mise à disposition des fonds concernant la période de la guerre. Il convient donc d'attendre, certainement quelques années. Entre temps la polémique se calmera et alors on pourra poursuivre, ou alors un autre pape viendra et c'est à lui que Benoît XVI remet la décision ».
-
L’AFP, sur figaro.fr du lundi 20 octobre 2008, informe : « Le président israélien Shimon Peres a affirmé aujourd'hui qu'une éventuelle visite en Israël du pape Benoît XVI ne devait pas être liée à la controverse sur la passivité prêtée au pape Pie XII face à la Shoah. ‘Je connais le pape Benoît XVI que j'ai rencontré plusieurs fois, et sa visite en Israël ne doit pas être liée à la controverse sur Pie XII’, a déclaré M. Peres à la radio publique israélienne. ‘Nous avons des raisons de penser que Pie XII n'a pas fait suffisamment d'efforts pour sauver des vies juives, et je ne veux pas porter de jugement. S'il y a des preuves, alors il faut les examiner soigneusement’, a par ailleurs affirmé M. Peres ».
-
Le mardi 21 octobre 2008, Menahem Macina, sur le site de l’Union des Patrons Juifs de France (1) écrit entre autre (début des extraits du texte de M. Macina) : «…Il est temps de mettre les choses au point. Il n’existe aucun élément factuel probant indiquant que la béatification de Pie XII n’est plus à l’ordre du jour. Tout ce que l’on peut dire, avec toute la prudence voulue, c’est que Benoît XVI ne veut pas ouvrir une nouvelle crise dans les relations – ô combien délicates – entre les chrétiens et les juifs, obérées qu’elles sont par une méfiance réciproque multiséculaire, et chargées de réminiscences douloureuses pour les chrétiens, certes, mais bien davantage encore, pour les juifs. A ce stade, et sans vouloir faire la leçon à personne, il pourra être utile de rappeler que ce que l’opinion publique et les journalistes, non versés dans la théologie et l’histoire de l’Eglise catholique, croient voir de ‘politique’ dans les cheminements – souvent déroutants pour le profane – de la prise de décision en matière de foi et de pastorale, n’a strictement rien à voir avec la manière dont les hauts responsables de cette institution vénérable gèrent, au jour le jour et dans la durée, leur attitude face aux multiples événements qui concernent l’humanité dans sa globalité, certes, mais aussi l’Eglise qui considère comme un devoir impérieux, de par la mission qu’elle croit avoir reçue de Dieu, de les décoder et de les intégrer dans sa longue expérience contrastée (…) ».
-
« …on peut dire que l’un de ces événements que l’Eglise entend gérer au mieux de sa perception et de son discernement, est, sans conteste, la relation avec le peuple juif, redécouverte dans les années 1950 et intégrée dans son enseignement ordinaire depuis le concile Vatican II (1962-1965). A quoi il faut ajouter la difficile question d’Israël, que les ennemis de l’Etat juif exacerbent en la politisant à outrance, ce qui rend tout geste papal, même anodin, à l’égard d’Israël, suspect de favoritisme, voire de ‘sionisme’, selon la propagande arabo-palestinienne et ses relais occidentaux. C’est à la lumière de ce recadrage théologique qu’il convient d’interpréter la suspension – probablement temporaire – par Benoît XVI, de la signature du décret de béatification de Pie XII. Je ne partage pas les soupçons – hélas, fort répandus dans le monde juif – selon lesquels la démarche catholique de rapprochement avec notre peuple est ambiguë, voire tactique et à visée uniquement confessionnelle (la conversion du judaïsme au christianisme) ».
-
« Comme tous les organismes en charge de milliards d’individus, de cultures et de conditions socio-économiques différentes, l’Eglise, si pesant et complexe que soit son mode opératoire, peut compter sur l’activité intense de nombreux pasteurs, théologiens et fidèles, extrêmement sensibilisés au ‘mystère d’Israël’ – pour reprendre une terminologie chrétienne connue -, dont l’activité et les recherches intenses contribuent au mûrissement de sa perception de ce ‘mystère’ et l’aident à discerner les gestes et les déclarations susceptibles de clarifier les rapports entre les deux religions. Il ne fait guère de doute que c’est sous l’influence et avec le conseil des spécialistes reconnus en ce domaine, que les hauts responsables religieux, et le pape à leur tête, ont estimé que le passage en force de la décision de béatification aurait des conséquences dévastatrices et compromettrait l’extraordinaire aggiornamento initié par le Concile. Le ‘nouveau regard’, chèrement acquis, que portent l’Eglise et une grande partie de ses fidèles sur notre peuple, en eût été obscurci voire définitivement compromis. Je crois donc, et je revendique la responsabilité de ce jugement, que ce n’est pas la peur du scandale ou de la polémique qui a motivé le ‘gel’ de la ratification papale du décret de béatification de Pie XII, mais le souci de cohérence et de continuité du processus de pacification et d’estime réciproque entre nos deux peuples, qui se poursuit, avec des hauts et des bas, certes, mais fermement et positivement, depuis plus de quarante ans…» (fin des extraits du texte de M. Macina).
-
Conclusion (début de ma conclusion) - Ma petite idée sur cette affaire ? Un article publié aujourd’hui même, jeudi 23 octobre 2008, par l’Abbé A. R. Arbez, sur upjf.org (2) soulève en moi quelques questions et quelques réflexions. Une mission sanitaire suisse a-t-elle bien rendues publiques début 1942 les atrocités nazies ? Une conférence médicale à Berne, capitale de la Suisse, a-t-elle alors effectivement dénoncé sans détours l’extermination systématique des Juifs ? Des démarches furent-elles effectivement entreprises par le congrès juif mondial qui alerta le pape par l’intermédiaire des nonces apostoliques dès mars 1942 ? En août 1942, le Dr Riegner a-t-il bel et bien fait parvenir au Vatican un télégramme explicite avertissant le Saint-Siège de la solution finale en cours d’exécution ? Fin 1942, les Alliés, qui firent à l’époque une déclaration dénonçant l’extermination des Juifs, n’ont pas pour autant bombardé les lignes de chemin de fer acheminant les Juifs à Auschwitz : pourquoi ? Pie XII fit un discours à Noël 1942, dans lequel il dénonçait des mauvais traitements massifs sur des êtres sans défense, mais il ne prononçait pas le mot « Juif ». Pourquoi ? Les déclarations pontificales n’utilisaient pas le terme ‘nazi’. Pourquoi ? Les faits, cités ci-dessus par moi sous forme de questions, sont confirmés par l’Abbé Arbez. Alors pourquoi ces lenteurs et ces retenues alors que l’on savait dès le début de l’année 1942 ?
-
L’Abbé Arbez écrit encore : « La pseudo-théologie de la substitution et du déicide avait fait son oeuvre mortifère sur des générations de consciences chrétiennes, anesthésiées quant aux origines de leur foi et matraquées par des littératures malsaines, tels les Protocoles des Sages de Sion .(…) La thématique de la fraternité judéo-chrétienne dans l’Alliance ne viendra qu’après la guerre, Seelisberg en 1947, Nostra Aetate en 1965. Cette prise de conscience théologique provoqua une reconfiguration à 180° des paramètres de cette relation vitale, qui a déjà fait un chemin considérable avec Jean-Paul II, et qui continue avec Benoît XVI. Pourtant fondée sur la même bible hébraïque, la fraternité judéo-chrétienne était effectivement désactivée depuis le IIe siècle de notre ère, et les deux branches du même tronc hébraïque s’étaient tragiquement éloignées l’une de l’autre, avec les conséquences que l’on sait. On ne peut réécrire ni l’histoire passée, ni l’histoire récente. Mais, avec lucidité et détermination, on peut poursuivre une nouvelle dynamique dans l’esprit d’un Jean XXIII, d’un Jean Paul II, et de tant d’acteurs chrétiens et juifs du rapprochement fraternel. En son temps, Pie XII chercha comment tenir courageusement le gouvernail d’une barque de Pierre, secouée par des vents violents. Comme tout homme, il a ses mérites et ses carences. Encore faudrait-il que son hypothétique canonisation ne prenne pas une dimension excessive face aux acquis et aux enjeux des relations judéo-chrétiennes en ce début du XXIe siècle, et qu’elle ne devienne pas, de ce fait, un obstacle de plus sur la voie exigeante d’une synergie spirituelle indispensable face aux défis d’un proche avenir », conclut l’Abbé Arbez.
-
Ma petite idée sur cette affaire ? Elle se résume en quelques points et elle vaut ce que vaut l’analyse d’un simple laïc. Premièrement, le nombre de procès en béatifications et en canonisations en cours au Vatican est actuellement énorme. L’hypothétique béatification de Pie XII n’est donc ni urgente, ni prioritaire. Si certains, dans la curie romaine, tentent de faire avancer la cause de Pie XII, alors que l’histoire de la période de Pie XII reste à ce jour incomplète, il nous faut compter sur le discernement spirituel de Benoît XVI. Parmi les clercs de l’Eglise catholique il y a des hommes de Dieu. Mais il y a aussi - il y a toujours eu, il y aura toujours - des clercs qui manquent de dimension verticale et qui de ce fait confondent le théologique avec le politique. Pour cette sorte de clercs, la béatification de Pie XII serait un moyen de soi-disant prouver que l’Eglise n’a pas été aussi antisémite que certains veulent bien le dire. Ce serait aussi pour eux un moyen - certes indirect - de revenir à la pseudo-théologie de la substitution et du déicide dénoncée ci-dessus par l’Abbé Arbez, dénoncée en son temps par Saint Bernard et dénoncée depuis l’Affaire Dreyfus et jusqu’à Vatican II par le philosophe catholique Jacques Maritain.
-
Deuxièmement, dans la vaste panoplie des candidats à la béatification et à la canonisation, Benoît XVI reste libre d’avancer certains dossiers et d’en ralentir d’autres. Vu sous cet angle, ce qui me paraît prioritaire dans les béatifications et les canonisations sur le point d’aboutir, c’est l’édification du peuple chrétien du temps présent. Autrement dit, le bon sens au service du bien commun devrait dicter les choix de la curie romaine en la matière. Faire avancer le procès en canonisation du bienheureux pape Jean XXIII serait à cet égard infiniment plus édifiant pour le peuple chrétien du temps présent que la béatification de Pie XII.
-
Troisièmement, on ne peut pas couper l’histoire passée de l’histoire présente. En clair, on ne peut pas prétendre béatifier Pie XII sans que cela ait une incidence, d’une part, sur les relations judéo-catholiques ; et d’autre part, sur les relations entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël. On ne peut pas agir ainsi, car à l’inverse de tous les autres procès en béatification et en canonisation, le seul qui comporte un aspect historique et politique encore très controversé, c’est précisément le procès en béatification de Pie XII.
-
Quatrièmement, l’hypothétique béatification de Pie XII dans le court terme, interférerait inévitablement dans les discussions israélo-catholiques sur Israël et plus particulièrement sur la question de Jérusalem. Vous allez me dire : que vient faire Jérusalem dans l’affaire Pie XII ? La problématique est ici politique et non pas théologique. Il se trouve que Jérusalem est en quelque sorte aux Juifs ce que Rome est aux catholiques et ce que la Mecque aux musulmans. A chacun son lieu saint et que les esprits se calment. Au plan théologique, Jérusalem n’est pas le siège de l’Eglise catholique et ce indépendamment du fait que Jérusalem aurait pu être ou ne pas être le siège de l’Eglise catholique il y a 2008 ans. La réalité, c’est que Saint Pierre a été le premier pape à Rome et non pas à Jérusalem. Or, sur la question du statut de Jérusalem, certains clercs de l’Eglise catholique tendent à mélanger le politique et le théologique. Alors qu’aucun dogme de l’Eglise catholique, ni dans le Pater, ni dans le Credo, ni dans les bulles papales frappées du sceau de l’infaillibilité pontificale, ne prétend que Jérusalem doit devenir le Saint-Siège ou que le Saint Sépulcre doit bénéficier de l’extraterritorialité. La réalité concrète, c’est que les catholiques peuvent actuellement se rendre librement en pèlerinage à Jérusalem parce que Jérusalem est sous autorité israélienne. Une quelconque autorité internationale - gardes suisses en tenue de combat ou casques bleus - signifierait le début de l’agitation islamique, c’est un euphémisme, et la fin des pèlerinages catholiques paisibles au Saint Sépulcre. Or, dans la réalité présente, je verrais mal les autorités israéliennes se montrer conciliantes sur la question de Jérusalem et sur les biens de l’Eglise en Israël si l’Eglise béatifiait Pie XII. On peut toujours me rétorquer que ce n’est pas normal. Je me moque de ce qui n’est soi-disant pas normal. Ce qui est normal, quand on est catholique, c’est de mettre en pratique le réalisme chrétien sans confondre le théologique avec le politique. Si l’ouverture de l’Eglise catholique au peuple juif depuis quarante ans est sincère et désintéressée, si elle n’est pas politique, alors il faut la preuve par l’acte. La fin de l’Etat juif signifierait la fin de la chrétienté d’orient ou du peu qu’il en reste. A cet égard, il serait affligeant que l’Eglise catholique, aux seules fins de ne pas déplaire aux musulmans, ne fasse de l’amitié judéochrétienne qu’une parenthèse tactique à court terme, en attendant de revenir aux mauvaises vieilles habitudes. Je note en passant - cela doit nous rassurer - que Benoît XVI, depuis Ratisbonne, a édulcoré son discours sur l’islam dans la forme, mais sans l’amoindrir sur le fond, comme en témoigne son récent discours à Paris. L’espérance est donc de mise (fin de ma conclusion).
-
© Miguel Garroté 2008
-
(1)
http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-14948-145-7-pape-decide-pas-beatifier-pie-xii-rien-nest-qu-en-est-exactement.html
(2)
http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-14952-145-7-pie-xii-juifs-catholiques-abbe-r-arbez.html
-

Quand les incompétents et les corrompus moralisent

-
Quand les incompétents et les corrompus moralisent
-
Miguel Garroté – Depuis le début de la crise financière, je fais partie de ceux - à la fois minoritaires sur la toile et censurés dans les médias - qui ont dénoncé et qui dénoncent encore les vrais coupables de cette crise, à savoir : les sur-réglementations ; les appareils étatiques ; et les institutions semi-étatiques ou para-étatiques telles que Fanny Mae par exemple. Or, je tombe dans ce contexte sur un article de Charles Gave qui explique de façon remarquable l’imposture politico-médiatique qui, depuis des semaines, Sarkozy en tête, désigne avec arrogance et mauvaise foi de faux coupables. La palme du ridicule revient au président français qui - au prétexte de la crise - veut, déjà : primo, prolonger son récent mandat de président de l’Union européenne ; secundo, réglementer davantage ce qui justement est aujourd’hui sur-réglementé ; et tertio, démagogie oblige, faire la peau aux paradis fiscaux. A cet égard, j’ai prédit - non sans ironie - il y a quelques jours, que les crocodiles européens s’en prendront, tels des alligators, aux îles Caïmans. Depuis lors, c’est chose faite….
-
Charles Gave est Diplômé de l'Université de Chicago où il a passé un PhD en économie. Il est l’auteur de « C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir », paru en 2006, de « Un libéral nommé Jésus », paru en 2005 et de « Des lions menés par des ânes », paru en 2003 chez Robert Laffont. Charles Gave est associé à nos amis de l’Institut Turgot (1). Il publie chez notre frère d’armes - et ténor de la Révolution bleue - Claude Reichman (2) un article intitulé « Les incompétents et les corrompus veulent ‘moraliser’ le capitalisme », article dont voici le texte intégral (début de l’article de Charles Gave) : « Nous sommes en plein milieu de l’une des grandes crises financières de l’histoire, et la recherche des boucs émissaires bat son plein. Grâce a Dieu, on l’a trouvé presque immédiatement : le pelé, le galeux, celui dont nous vient tout le mal, c’est bien entendu le marché, et son émanation diabolique, les ‘hedge funds’ ».
-
« Tous les méfaits viennent bien sûr de ces entités non réglementées, et donc forcément suspectes. Ce qui nous sauverait donc serait plus de réglementation (j’ai du mal à me souvenir d’une seule fois où les élites françaises ne soient pas arrivées à la conclusion que ce dont nous avions besoin c’était plus de réglementation, mais passons…). Comme l’aurait dit Cyrano, « Holà, jeune homme, c’est un peu court ». Car après tout, qui est en train de faire faillite ? Des banques, des compagnies d’assurance, des sociétés de collecte de l’épargne. Et ces entités avaient toutes une caractéristique commune : elles étaient règlementées, voir sur-réglementées, tout au moins officiellement. Prenons l’exemple de Fanny Mae, l’immense société hypothécaire que le gouvernement américain vient de nationaliser. Elle était sous le contrôle direct de plus de cinq agences fédérales. La même chose pour Wamu, la plus grande caisse d’épargne qui vient d’être rachetée en catastrophe par JP Morgan ».
-
« La réalité est que ces entreprises ont délibérément tourné la législation, si ce n’est dans sa lettre, au moins dans son esprit. Et les régulateurs n’ont rien vu ou rien voulu voir. Que l’on ne me dise pas qu’il s’agit d’un problème américain. D’après les normes prudentielles que les banques sont censées respecter, le ratio entre les fonds propres d’une banque et la taille de son bilan doit rester inférieur a douze. D’après un article paru dans le Financial Times la semaine dernière, la Deutsche Bank en est à un ratio de 60 à 1, Barclays est à 55, et Fortis était au dessus de 50. Quels sont les régulateurs qui ont laissé un tel endettement se développer, et pourquoi l’ont-ils fait ? Qui plus est, où sont les conseils d’administration qui auraient dû ramener a la raison des présidents atteints de folie des grandeurs ? Certes, il est tout à fait exact que les nouveaux produits, en particulier les fameux « credit default swaps, CDS » ou assurance contre la faillite étaient, par le simple fait qu’ils étaient nouveaux, en dehors du filet réglementaire préexistant ».
-
« Il est exact aussi que c’est M. Greenspan lui-même qui a trouvé bon de ne pas instituer de réserves obligatoires sur ces outils. Et il est tout aussi exact que ce sont ces CDS qui ont fait sauter AIG. Mais après tout, M. Greenspan n’était-il pas au sommet de la pyramide de réglementation, et n’était-il pas il y a encore 18 mois considéré comme un demi dieu ? Et pour ajouter l’insulte à l’injure, ce sont bien ces mêmes régulateurs qui ont institué la règle stupide du « market to market », instaurant de ce fait des baisses vicieuses se nourrissant d’elles-mêmes. Venons-en aux politiques. Qui se souvient que le désastre des « subprimes » a commencé avec une loi américaine passée par l’administration Clinton forçant les banques à prêter aux « minorités » faute de quoi elles ne pourraient plus bénéficier de la couverture d’assurance fédérale sur leurs dépôts ».
-
« Ce sont les politiques qui ont obligé les banques à prêter à des gens qui ne pouvaient pas rembourser, et nous voyons tous les jours les effets de cette générosité payée avec l’argent des autres. Qui se souvient que les démocrates aux USA ont refusé la privatisation totale de Fanny Mae et Freddy Mac, tant les bénéfices électoraux et personnels qu’ils retiraient du statut mixte de ces deux institutions étaient importants. Qui n’a pas été atterré par l’incompétence incroyable de M. Paulson depuis le début de cette crise, prenant des mesures immensément onéreuses à tort et à travers, et ne prenant pas la seule mesure qui s’impose, la suspension de la nécessité de prendre en compte le prix du marché dans la valeur du bilan (market to market ), alors même que le prix d’un actif quand il y a des ventes forcées ne veut plus rien dire ? ».
-
« Qui se souvient que ce sont les politiques qui ont donné tous les pouvoirs administratifs sur lesquels toute la réglementation repose à des agences de notation de droit privé, qui cherchaient à maximiser leurs profits ? Dans tout cela, on ne voit pas l’ombre d’un hedge fund. Certes ils ont gagné un peu d’argent ici ou là en vendant à découvert quelques titres de sociétés qui seraient allées en faillite de toute façon. La réalité, c’est que cette crise a été créée par une compromission constante entre des régulateurs incompétents ou dépassés, des hiérarchies financières devenues folles et que plus personne ne contrôlait, et des pouvoirs politiques ou l’incompétence le disputait à la corruption. Grâce a Dieu, nous sommes rassurés : les mêmes trois groupes qui ont créé le problème se sont exonérés mutuellement de toute responsabilité et nous disent qu’ils vont régler tout ça. Nous sommes sauvés. C’est demander à Gamelin (généralissime français en 1940) d’être le commandant en chef des forces alliées pour le débarquement en Normandie, ou confier la clef de la cave à vins à un alcoolique » (fin de l’article de Charles Gave).

mercredi 22 octobre 2008

" Le début de la fin du peuple juif " ?

-
« Le début de la fin du peuple juif » ?
-
Miguel Garroté – A l’heure où la crise financière empoisonne les présidentielles américaines et réveille l’antisémitisme ; à l’heure où la laborieuse formation d’un gouvernement israélien met l’Etat hébreu en danger ; à l’heure où l’hypothétique béatification de Pie XII - sur laquelle je prendrai position prochainement - réveille de part et d’autre des passions parfois désordonnées, il m’a paru important de reproduire sur ce blog le texte ci-dessous qui décrit de façon très franche et très concrète la destinée du peuple juif et la destinée d’Israël en ces temps difficiles. Certains - comme à chaque fois - me reprocheront d’avoir publié un tel texte sur un blog catholique. J’ai l’habitude. Et comme de coutume, je les invite à lire où à relire ma prise de position de fond sur le fait qu’en ma qualité de catholique j’aborde régulièrement la question juive, prise de position de fond que voici :
Nous sommes catholiques. Cela dérange certains (version actualisée). Je cède maintenant la parole à Gael Grunewald, membre de l’Organisation Sioniste Mondiale, une institution sous la houlette de l’Agence Juive pour Israël, qui estime, c’est le titre que j’ai donné au présent article, que « l’assimilation signifie ni plus ni moins le début de la fin du peuple juif ». En même temps, Gael Grunewald reconnaît qu’il s’agit « d’identité juive et non de religion juive ». Et Gael Grunewald précise : « Nous respectons toutes les sensibilités identitaires qui s’expriment au sein du peuple juif, qui n’a jamais été une entité humaine monolithique. Notre objectif final : que ces jeunes prennent conscience de leur judéité ».
-
Canadian Jewish News, dans un article intitulé « L’assimilation dans la Diaspora juive est un fléau », article de ELIAS LEVY, à paraître demain jeudi 23 octobre 2008 - L’assimilation débridée qui sévit aujourd’hui dans les Communautés juives de la Diaspora, notamment aux États-Unis et dans plusieurs contrées européennes, inquiète au plus haut point les autorités gouvernementales israéliennes. - Entrevue avec Gael Grunewald.
-
“Dans certaines Communautés juives diasporiques, c’est tout du moins le cas aux États-Unis et en France, on observe impavides des taux d’assimilation de l’ordre de 50%, 60% et même 70%. C’est effarant et très inquiétant pour l’avenir du peuple juif. Tous les jours, nous perdons des centaines de jeunes Juifs et Juives qui en épousant des non-Juives ou des non-Juifs créent des foyers sans aucune identité juive. Aujourd’hui, c’est très légitime de dire : “Je suis Juif, mais je suis marié avec quelqu’un qui ne l’est pas”. Il faut absolument contrer ce phénomène délétère. L’assimilation, surtout dans la Diaspora juive, signifie ni plus ni moins le début de la fin du peuple juif. Nous ne pouvons pas nous permettre de sous-estimer les conséquences désastreuses de ce raz de marée inéluctable”, nous a dit au cours d’une entrevue Gael Grunewald, président du Département Hagshama de l’Organisation Sioniste Mondiale, une institution sous la houlette de l’Agence Juive pour Israël. Gael Grunewald, qui a fait son Aliya de France en 1982, a été élu en 2006 président du Département Hagshama sous la bannière du parti Mizrachi, représenté dans les instances exécutives de l’Organisation Sioniste Mondiale. Pour endiguer l’assimilation dans les Communautés juives de la Diaspora, le Département Hagshama s’est fixé un objectif de taille: transmettre un bagage juif et sioniste à des jeunes Juifs âgés de 18 à 30 ans, par le truchement d’une pléthore de programmes éducatifs, culturels, sociorécréatifs, sportifs… “Nous allons tout faire pour que ces jeunes Juifs n’abandonnent pas leur Communauté et ne s’adonnent pas à l’assimilation. Dans une perspective à plus long terme, nous allons les encourager à se rapprocher de l’État d’Israël jusqu’au jour où ils décideront de faire leur Aliya pour s’établir définitivement en Eretz Israël”, précise-t-il. Le Département Hagshama offre tout au long de l’année dans des Communautés juives de la Diaspora une série de programmes et d’activités pour des jeunes adultes : conférences, séminaires, voyages d’été en Israël, Shabbaton, projection de films, soirées dansantes, retraites en plein air, tournois sportifs. “Nous proposons un grand nombre d’activités pour permettre à ces jeunes de nouer des liens de camaraderie entre eux et de renforcer leur identité juive.” C’est beaucoup plus facile de renforcer l’identité juive d’un jeune qui poursuit ses études dans une école juive ou qui est membre d’un mouvement de Jeunesse juive structuré que d’un jeune qui n’a quasiment aucun lien avec une Communauté juive et qui n’est pas scolarisé dans une institution éducative israélite, reconnaît Gael Grunewald.
-
“Nous essayons surtout de nous rapprocher de jeunes qui n’ont reçu aucune éducation juive et qui n’ont aucun bagage culturel juif. Ce n’est pas facile. C’est un travail très ardu, surtout aux États-Unis et dans certains pays européens où le taux d’assimilation dans des Communautés juives atteint souvent 60% et même 70%.” Le Département Hagshama a des Shlihim –émissaires - dans plusieurs Communautés juives de la Diaspora. À Montréal, Hagshama est représenté par Roni Olim, qui travaille dans le cadre du Département de l’Aliya de la Fédération Sioniste Canadienne, Région de l’Est. “Nous essayons de bâtir des partenariats avec des organisations communautaires qui s’attellent aussi à renforcer l’identité juive et sioniste des jeunes adultes juifs, explique-t-il. Il s’agit d’identité juive et non de religion juive. Hagshama est un mouvement juif et non religieux. Nous respectons toutes les sensibilités identitaires qui s’expriment au sein du peuple juif, qui n’a jamais été une entité humaine monolithique. Notre objectif final : que ces jeunes prennent conscience de leur judéité.” Gael Grunewald était récemment de passage à Montréal pour assister à la première Convention du Jeune Leadership sépharade. Cet événement a été organisé par la Communauté sépharade unifiée du Québec, présidée par Marc Kakon, en collaboration avec la Fédération Sépharade du Canada, présidée par Moïse Amselem et la Fédération Sépharade Mondiale, présidée par Nessim Gaon. Une quarantaine de jeunes adultes juifs représentant des Communautés sépharades d’Amérique latine, des États-Unis et du Canada ont participé à ce rassemblement. Lors de son passage à Montréal, il a rencontré les dirigeants de la Communauté sépharade unifiée du Québec. “La Communauté sépharade unifiée du Québec fait un travail remarquable auprès des jeunes. La situation de l’assimilation à Montréal et au Canada est moins alarmante que dans d’autres Communautés de la Diaspora juive.
-
Mais, il ne faut pas s’asseoir sur ses lauriers ! Les leaders communautaires juifs montréalais et canadiens doivent être vigilants et continuer à lutter énergiquement contre le fléau de l’assimilation. J’espère que le Département Hagshama et la Communauté sépharade unifiée du Québec coopéreront étroitement dans un proche avenir”, nous a dit Gael Grunewald. Robert Abitbol, directeur général de la Communauté sépharade unifiée du Québec, envisage aussi positivement un futur partenariat entre la Communauté sépharade et le Département Hagshama. “Nous partageons entièrement l’objectif final de Hagshama : renforcer l’identité juive et sioniste de nos jeunes. Tous les programmes Jeunesse offerts par la Communauté sépharade vont dans ce sens. Le Département Hagshama a une expertise éprouvée dans ce créneau fondamental et des ressources humaines et pédagogiques importantes, dont la Communauté sépharade pourrait bénéficier.” Gael Grunewald a tenu à transmettre ce message à tous les membres de la Communauté juive de Montréal : “L’avenir de votre Communauté et des autres Communautés juives de la Diaspora, l’avenir du peuple juif et l’avenir de l’État d’Israël sont entièrement tributaires de l’identité juive de nos jeunes. Ces derniers sont les seuls garants de l’héritage culturel, spirituel et historique, plusieurs fois millénaire, que nos aïeux se sont escrimés à nous transmettre au péril de leur vie.”
-
Pour plus d’informations sur les programmes offerts par le Département Hagshama de l’Organisation Sioniste Mondiale, consulter le Site Internet : www.hagshama.org.il. Gael Grunewald, head of the hagshama department of the World Zionist Organization, talks about the importance of keeping young people involved in Diaspora Jewish communities. He was in Montreal for the first Sephardi Jewish leadership convention.
-