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vendredi 28 septembre 2007

Les médias francophones ne vous le diront pas


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Proche et Moyen Orient :
ce que les médias francophones
ne vous diront pas.

Michel Garroté, journaliste
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Les médias reparlent, actuellement, des opérations militaires israéliennes – passées, présentes et futures – dans la bande palestinienne de Gaza. Les médias insistent, notamment, sur la forte densité démographique de cette bande minuscule. Et donc sur les risques, de pertes civiles, lors d’opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza (à noter que la densité démographique de Gaza est inférieure à celle de la région parisienne). Ce que les médias ne disent pas, en revanche, c’est qu’il y a des pertes civiles du côté israélien. Il y a des pertes civiles du côté israélien parce qu’une dizaine de Brigades terroristes palestiniennes, information confirmée par l’agence de presse palestinienne maannews sur
http://www.maannews.net/en/index.php?opr=ShowDetails&ID=25575, lancent continuellement, depuis la bande de Gaza, des roquettes Qassam sur Israël, information détaillé par la protection civile israélienne sur http://www.oref.org.il/315-en/PAKAR.aspx. En effet, outre les éléments armés du Hamas, la bande palestinienne de Gaza abrite ni plus ni moins que les Brigades An-Nasser Salah Addin, les Brigades Abu Ali Mustafa, les Brigades Fatah's Al-Aqsa Martyrs, les Brigades Al-Aqsa, les Brigades Islamic Jihad's Al-Quds, les Brigades National Resistance et les Brigades Qassam. Le tout sur un territoire à densité démographique légèrement inférieure à celle de la région parisienne. Neutraliser une dizaine de brigades terroristes sans pertes civiles, disiez-vous ?


La Fondation Simons et Angus Reid Strategies
www.angusreidstrategies.com/ ont récemment publié un sondage sur l’opinion publique et l’armement nucléaire, sondage réalisé en Grande Bretagne, en France, en Italie, en Allemagne, aux USA et en Israël. Concernant Israël, plus de 70% des Israéliens justifient le recours à l’arme nucléaire en cas de guerre ou d’attaque stratégique contre Israël. Plus de 70% des Israéliens se sentent plus en sécurité avec l’arme nucléaire israélienne que sans l’arme nucléaire israélienne. Concernant l’acquisition d’armes nucléaires par des groupes terroristes, le pourcentage de personnes inquiètes à ce sujet est de 93% en Grande Bretagne, 91% en France, 96% en Italie, 92% en Allemagne, 91% aux USA et 91% en Israël, soit un pourcentage supérieur à 90% dans les six pays où l’enquête a été menée.


Peter Day, dans le Daily Telegraph du 27 septembre dernier, sur la base de document secrets déclassifiés, révèle que le roi de Jordanie Hussein était prêt à nommer Yasser Arafat Vice Premier ministre en 1974. L’information n’a rien de surprenant. Car si à l’époque Arafat avait constitué un gouvernement palestinien en exil en Jordanie, celle-ci serait très certainement devenue un Etat palestinien.


Une dépêche de l’agence de presse britannique Reuters datée du 28 septembre dernier, cite, elle aussi, des archives, rendues publiques par le ministère britannique des affaires étrangères. Ces archives citées par Reuters confirment notamment que les hommes d’affaires palestiniens de Cisjordanie favorisaient dans les années 1970 l’unité entre la Cisjordanie et la famille royale de Jordanie avec laquelle ils entretenaient des liens étroits. A la même époque, Sami Joudeh, un influent Palestinien de Cisjordanie, déclara à M. Melhuish, un diplomate britannique, qu’il ne voyait aucun avenir pour une Cisjordanie palestinienne indépendante et qu’il favorisait soit une union, soit une solution confédérale avec la Jordanie. Intéressantes, ces révélations, surtout maintenant où l’on parle tellement d’un Etat palestinien en Judée-Samarie (Cisjordanie).


Aaron Lerner, sur IMRA, reprend, le 27 septembre, les étranges déclarations de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice à propos de la paix en Israël et en Cisjordanie,
http://www.imra.org.il/story.php3?id=36200 , déclarations faites par Madame Rice le 23 septembre lors d’une conférence de presse au siège des Nations Unies à New York : « Si vous regardez les engagements de la phase une (du plan de paix), il est très dur d’imaginer l’établissement d’un Etat palestinien dans lequel les engagements de la phase une ne se sont pas réalisés (…) vous n’allez pas pouvoir établir un Etat palestinien si vous n’avez pas un engagement pour mettre fin à la terreur, à l’activité d’implantation (« settlement activity »). L’activité d’implantation (“settlement activity”) fait allusion aux communautés juives établies sur les territoires disputés de Judée-Samarie (Cisjordanie). Aaron Lerner note, avec une pointe d’humour, que Madame Rice met sur pied d’égalité des gens construisant une sukkah à Ramat Eshkol et un terroriste tentant de faire exploser une bombe à Tel Aviv.


Le 26 septembre, la sénatrice américaine Hillary Clinton, candidate démocrate aux présidentielles 2008, a fait des déclarations, au Dartmouth College, dans le New Hampshire, déclarations reprises par la TV MSNBC, comme on peut le vérifier sur
http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1189411497691&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull . Dans ces déclarations, Hillary Clinton a dit, à propos du récent raid israélien en Syrie : « ...nous savons q’avec l’aide de la Corée du Nord, une aide à la fois financière, technique et matérielle, les Syriens ont assemblé (…) un site nucléaire. Les Israéliens l’ont éliminé. Je soutiens fermement cela ». Le même 26 septembre, le Sénat américain a voté à une très large majorité en faveur d’une résolution qui presse l’administration Bush faire figurer les Gardiens de la Révolution iraniens, l’élite des forces armées iraniennes, sur la liste des organisations terroristes. Lors du débat au Dartmouth College, Hillary Clinton a expliqué qu’elle a voté en faveur de cette résolution contre l’Iran parce que cela donne aux USA l’option, dune part, d’imposer des sanctions à des chefs iraniens de premier plan ; et d’autre part, de montrer les dents dans cette affaire iranienne.

jeudi 27 septembre 2007

Guerre secrète et guerre tout court


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Proche et Moyen Orient
Guerre secrète et guerre tout court

Michel Garroté, journaliste
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Gaza - Des opérations militaires israéliennes ont permis de liquider une dizaine de terroristes mercredi 26 septembre dans la bande de Gaza. Israël va certainement lancer d’autres opérations militaires dans la bande de Gaza en raison des tirs incessants de roquettes depuis cette bande vers son territoire. Mercredi 26 septembre des soldats et blindés israéliens ont pénétré Beït Hanoun, ville dans le nord de la bande de Gaza, où ils ont combattu des groupes terroristes armés, notamment les Comités de résistance populaire, le Hamas et l’Armée de l’Islam, tous les trois responsables de l’enlèvement conjoint du caporal israélien Gilad Shalit, le 25 juin 2006, en Israël. Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a en outre déclaré qu’Israël préparait une importante opération à venir pour mettre fin aux tirs de roquettes.


Syrie - Il se confirme que l’opération effectuée le 6 septembre par l’armée israélienne en Syrie a touché une base militaire syrienne développée avec l’Iran et la Corée du Nord. Les autorités israéliennes observent toujours le silence sur cette opération. Les médias israéliens se contentent de reprendre les révélations des journaux étrangers. Trois ministres, Ehoud Olmert, Premier ministre, Ehoud Barak, ministre de la Défense et Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères ont coordonné l’opération du 6 septembre, avec l’ancien Premier ministre Benyamin Netanyahu et le Président Shimon Pérès. Netanyahu, chef du Likoud, a confirmé l’opération. La question reste posée de savoir si le matériel bombardé par Israël en Syrie était destiné à l’Iran et s’il s’agissait de missiles. L’opération a été menée par des bombardiers aux couleurs israéliennes de fabrication américaine, des F 15-L, à rayon d’action de 2’200 km.

Israël a-t-il organisé une répétition générale d’un raid contre des sites nucléaires iraniens ? Uzi Arad, ancien responsable du Mossad, a déclaré au Figaro : « Dans le passé, la Corée du Nord a apporté une aide technologique à la Syrie, dans le domaine des missiles (…) Nous savons aussi qu’il existe une coopération étroite entre la Corée du Nord et l’Iran dans le domaine nucléaire. L’arrêt du programme nucléaire nord-coréen est conditionné à une compensation financière. Ce n’est pas une surprise que la Corée du Nord tente de monnayer son savoir-faire dans le domaine nucléaire en Iran et en Syrie (…) Israël n’a jamais toléré la prolifération chez ses voisins hostiles et n’a pas hésité à intervenir dans le passé, pour empêcher l’Égypte d’acquérir des missiles ou l’Irak d’accéder au nucléaire ».


Liban - Concernant le pays du cèdre, le quotidien koweïtien Al Seyassah révèle que le responsable des attentats contre la force multinationale au Liban en 1983, Imad Maghnieh, l’un des premiers responsables historiques du Hezbollah, est désormais chargé au Liban de prérogatives élargies attribuées par le Guide de la Révolution iranienne, l’ayatollah Ali Khamenaï. Motif : Maghnieh a conduit avec succès les opérations militaires du Hezbollah durant la guerre de l’été 2006. Selon le quotidien koweïtien, « Maghnieh, aidé de plusieurs experts iraniens, a pris le contrôle de l’appareil militaire du Hezbollah au Liban, laissant à Hassan Nasrallah et à ses adjoints le volet politique, économique et social au sein du parti ».

Le journal koweïtien cite un ouléma chiite selon lequel « le dispositif militaire que Maghnieh met en place, notamment dans la plaine libanaise de la Bekaa, vise à protéger la Syrie en cas de conflit avec Israël et les Etats-Unis. De nouvelles armes, notamment des missiles sol-air et des missiles de longue portée, ont été installées dans la région de Baalbek et de Hermel, au nord de la Bekaa, ainsi que dans le sud de la plaine. Parallèlement, les missiles de courte portée ont été redéployés vers l’intérieur du Liban, dans le cadre du bras de fer engagé entre l’opposition (pro-syrienne et pro-iranienne) et la majorité (indépendante) ». Al Seyassah ajoute que « des combattants du Hezbollah ont rassuré la population du Sud Liban (…) affirmant que le prochain conflit devrait les épargner, car il se déroulera dans la Bekaa et à Beyrouth, contre les Israéliens, les Américains et leurs protégés de la majorité (libanaise indépendante) ».


Terrorisme - Dans Metula News Agency, le professeur de science politique Guy Millière, a écrit, le 20 septembre dernier, un article moralement correct et politiquement incorrect : « On célébrait, voici peu, le sixième anniversaire du 11 septembre 2001. A cette occasion, les télévisions et la presse françaises n’ont guère parlé de l’islam radical et du terrorisme islamique (…) Le rapport du général Petraeus et de l’ambassadeur Crocker sur la guerre en Irak a été escamoté (…) Ne peut-on plus trouver un seul analyste français, susceptible d’être entendu, pour rappeler que les agressions du 11 septembre ont été le point culminant d’une vague d’attentats islamistes, qui avaient commencé précédemment, et qui se sont poursuivis ultérieurement ? (…)

La réalité peut se trouver décrite de maintes façons différentes. Nous sommes, incontestablement, dans une guerre, et cette guerre est planétaire, ce doit être dit et redit (…) L’Afghanistan est l’un des champs de bataille de cette guerre, l’Irak aussi. Mais le champ de bataille global inclut, en réalité, tout le Proche-Orient et une bonne part du reste du monde (…) La réalité est que la guerre en cours a commencé bien avant le onze septembre 2001, et qu’elle est loin d’être achevée. L’Afghanistan n’est pas stable, les taliban continuent à prendre des otages et à assassiner, mais ils n’ont plus le contrôle du pays et en sont réduits au statut de nuisances. Les dirigeants d’Al Qaïda parviennent à survivre, repliés dans quelques enclaves des zones tribales sur la frontière afghano-pakistanaise, mais ils ne disposent plus de bases arrières et de camps d’entraînement (…) La situation en Irak, comme l’ont expliqué Petraeus et Crocker, s’améliore, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour al Qaïda, non plus que pour les fanatiques qui dirigent l’Iran, pour la Syrie, le Hezbollah et le Hamas (…)

Pour le malheur de l’Europe, cette maladie (le défaitisme) s’est installée dans les têtes de la majeure partie de ceux qui écrivent, parlent dans les médias et émettent des commentaires. Les populations, sous informées ou désinformées, subissent leur vice, et peuvent en venir à adopter des réflexes très malsains. Antiaméricanisme et antisémitisme, pusillanimité et myopies… ».


Conclusion – Avant tout, merci à Guy Millière. Après la Troisième guerre mondiale (dite ‘Guerre froide’, 1945-1992, plus de 100 millions de morts), nous sommes donc entrés, depuis le milieu des années 1990, dans la Quatrième guerre mondiale. Sa particularité est que le camp terroriste frappe partout où il veut mais que globalement, il tue plus de civils musulmans que de soldats américains, occidentaux et israéliens réunis. C’est la première fois dans l’histoire contemporaine que l’ennemi, par voie de kamikazes et de voitures piégées, tue plus de civils dans son propre camp que de soldats dans le camp adverse.

En revanche, ce n’est pas la première fois que les journalistes et intellectuels occidentaux prennent la défense de l’ennemi. En effet, les journalistes et intellectuels occidentaux avaient déjà fait dans le passé avec le communisme ce qu’ils font aujourd’hui avec l’islamisme. Ils ont légitimé dans le passé le communisme en alléguant que les anticommunistes étaient des gens dangereux. Ils légitiment aujourd’hui l’islamisme en alléguant que les anti-islamistes sont des gens dangereux. Les Américains sont dangereux. Les Israéliens sont dangereux. Les Juifs qui soutiennent Israël sont dangereux. Les chrétiens européens qui aiment les Américains, qui aiment les Israéliens et qui aiment les Juifs sont dangereux. L’Eglise catholique, aussi, est dangereuse.

Bref, les islamistes, eux, ne sont pas dangereux. Les islamistes sont le résultat de l’impérialisme américain, de l’expansionnisme israélien et du prosélytisme chrétien. Que les Américains restent chez eux ; que les Israéliens retournent dans le pays d’origine de leurs grands-parents ; que les juifs et les chrétiens acceptent de devenir crypto-musulmans ; que les Palestiniens règnent sur la terre d’Israël ; et une lumineuse paix mahométane baignera éternellement la planète entière.

Au fait, j’y pense, si les juifs et les chrétiens anticommunistes, anti-islamiques et pro-israéliens nous étions si dangereux que cela, il y a belle lurette que nous aurions balancé, bande de nases, des cocktails molotov dans les locaux d’Euronews (qui cet été a diffusé et rediffusé des spots publicitaires turcs et iraniens), au lieu de nous battre, le cul sur une chaise, jour après jour, par écrit, dans des sites et des blogues. Quatrième guerre mondiale, 1992-2992, 200 millions de morts, un holocauste nucléaire. Steven Spielberg, fais quelque chose bordel !

mercredi 26 septembre 2007

Présidentielles au Liban: bazar terroriste


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Présidentielles au Liban :
bazar terroriste

Michel Garroté, journaliste
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Pourquoi l’élection d’un nouveau président par les députés libanais dépendrait-elle d’un quelconque quorum ? Est-il nécessaire que l’on maintienne un quorum lorsque l’élection, faussée par les assassinats politiques, n’est plus démocratique ? A cet égard, la majorité indépendante et anti-syrienne est-elle tenue de respecter toutes et n’importe quelles règles démocratiques ?

La Syrie a perpétré des meurtres et l’opposition pro-syrienne et pro-iranienne, menée par le Hezbollah, les fait fructifier. On songe maintenant à l’élection d’un président de « compromis ». La Syrie a perpétré des attentats, depuis octobre 2004, contre des personnalités indépendantes et anti-syriennes dans des régions et des quartiers indépendants et anti-syriens. La Syrie est à l’origine de tous ces attentats. Pourquoi l’État libanais n’a-t-il pas réussi à démanteler les réseaux libanais qui exécutent ces opérations décidées en Syrie ?

Un agent pro-israélien au Liban a été capturé. A la suite d’une opération à Saïda (l’arrestation des frères Majzoub), les Services de Renseignements libanais et l’armée libanaise ont démantelé un petit réseau israélien, le « réseau Rafeh ». A l’origine des échecs dans le démantèlement de réseaux téléguidés par la Syrie, il y a le fait que le président libanais pro-syrien Émile Lahoud bloque les procédures judiciaires mises au point par le Conseil supérieur de la magistrature.

A l’origine de ces échecs, il y a aussi le fait que les services de sécurité libanais n’ont toujours pas classé les services de renseignements syriens dans la catégorie des services ennemis, de sorte qu’ils ne les poursuivent pas, contrairement aux rarissimes et peu actifs réseaux israéliens.

Alors comment protéger les députés libanais indépendants et anti-syriens ? La majorité libanaise indépendante et anti-syrienne a tenté des changements au sein des services de sécurité, mais elle s’est heurtée au président libanais pro-syrien Emile Lahoud. D’où l’importance de l’élection présidentielle en cours. En l’absence d’un président indépendant, le Liban restera l’otage de réseaux syriens et la cible d’assassinats.

La stratégie de l’opposition libanaise pro-syrienne et pro-iranienne menée par le Hezbollah consiste à discuter de la présidentielle, mais la discussion n’est permise que si la majorité indépendante et anti-syrienne reconnaît le quorum des deux tiers, alors que si nécessaire, le quorum simple suffit.

Le président souhaité par l’opposition pro-syrienne est à l’image d’Émile Lahoud. Un président sous contrôle syrien. Voilà le « choix » de l’opposition libanaise pro-syrienne et pro-iranienne menée par le Hezbollah : un président acceptable pour la Syrie, pour l’Iran, et donc à l’image d’Émile Lahoud ou pas de président du tout. A ce stade, le jeu est-il encore démocratique ?

Le président chiite du parlement Nabih Berry fut particulièrement tordu mardi 25 septembre car il leva la séance parlementaire, sous prétexte que le quorum « requis » n’a pas été atteint. Or Berry ne peut pas décider seul des questions de quorum. Berry aurait dû se rendre dans l’hémicycle pour permettre au parlement de se prononcer sur la question. Berry aurait dû convaincre tous les députés de siéger dans l’hémicycle, alors que les députés de l’opposition libanaise pro-syrienne et pro-iranienne menée par le Hezbollah se trouvaient dans les autres salles du Parlement. Quelle farce !

Il serait grotesque et bouffon que ce qui c’est passé à la séance parlementaire du 25 septembre passé se reproduise lors de la prochaine séance parlementaire, prévue le 23 octobre prochain. Si Berry est sérieux (à ce jour il ne l’est pas), il devra assister aux côtés des députés de son bloc à la séance parlementaire du 23 octobre. D’ici là, des attentats peuvent encore viser les députés libanais indépendants et anti-syriens. Les informations lâchées au compte-gouttes par les forces de l’ordre vont hélas dans ce sens.

Ahmadinejad détruira-t-il Israël ?


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Ahmadinejad détruira-t-il Israël ?

Michel Garroté, journaliste
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La prestation new-yorkaise, notamment columbiacénique et onusienne, d’Ahmadinejad, relance, sur divers sites, foirums et blogues islamophiles, palestinoïaques, hezbollïaques et alqaïdiques, la pseudo controverse selon laquelle Ahmadinejad n’aurait jamais dit, à la conférence révisionniste du 25 octobre 2005, qu’il faut « rayer Israël de la carte ». La vraie citation, traduite du farsi vers l’anglais, puis traduite de l’anglais vers le français, serait, nous dit-on, celle-ci : « L'Imam (l’ayatollah Khomeiny) a dit que ce régime occupant Jérusalem doit disparaître de la page du temps ». Ce qui, traduit mot à mot du farsi, donnerait, nous dit-on encore : « Imam (Khomeiny) ghoft (a dit) een (ce) rezhim-e (régime) ishghalgar-e (occupant) qods (Jérusalem) bayad (doit) az safheh-ye ruzfgar (de la page du temps) mahv shavad (disparaître de) ».

Le fait est qu’à part cette phrase (avec ses deux traductions apparemment différentes mais en réalité issues d’une même idéologie génocidaire), Ahmadinejad a aussi déclaré : « Certains pays européens insistent pour dire que, durant la seconde guerre mondiale, Hitler a brûlé des millions de juifs et les a mis dans des camps de concentration (…) Donnons une terre aux sionistes en Europe, en Allemagne ou en Autriche, pour qu'ils puissent y installer leur gouvernement ». Notons qu’ici les trois mots juif, sioniste et gouvernement forment un tout pour Ahmadinejad. Et qu’il n’y a donc pas, pour lui, de différence entre, d’une part le régime, le gouvernement ; et d’autre part, les juifs, Israël.

Le 19 décembre 2005, le Washington Post a repris les propos de Ahmadinejad : « Excepté qu’il n’y a jamais eu de tels camps et pas d’Holocauste du tout. Rien qu’un mythe, une légende fabriquée de toutes pièces sous le nom de massacre des Juifs ». Et le Washington Post de rappeler que Ahmadinejad, président d’un pays sur le point de devenir nucléaire, est un fervent adepte de l’Apocalypse. Dans l’islam chiite, on croit au retour messianique du douzième Imam. En 2005, le journaliste iranien Hossein Bastani a confirmé qu’Ahmadinejad précisait, dans des réunions officielles, que l’Imam caché réapparaîtrait dans deux ans, soit en 2007. En outre, toujours selon Ahmadinejad, Israël sera rayé de la carte l’année du retour du douzième imam, soit en 2007.

Le 16 décembre 2006, la chaîne radiotélévisée britannique BBC News, a rappelé la conférence révisionniste, qui s’était tenue le 25 octobre 2005 sur le thème « Le monde sans le sionisme ». En ce 16 décembre 2006, la BBC a précisé qu’il s’agissait d’une conférence organisée en 2005 par l’Iran, à Téhéran, sous les auspices (hospices...) de Mahmoud Ahmadinejad, à l’époque fraîchement « élu » président. Parmi les participants à cette conférence révisionniste, ajoute le reporter de la BBC ayant couvert l’événement en 2005, il y avait les négationnistes les plus connus du monde ; notamment l’Australien Frederick Töben, condamné à la prison en Allemagne pour incitation à la haine et insulte à la mémoire des morts ; les Français Robert Faurisson et Georges Theil, condamnés en France pour négationnisme ; l’Américain David Duke, ancien dirigeant du Ku Klux Klan.

A la lumière des faits concrets rappelés ci-dessus et au-delà des querelles byzantines de traduction, il est archi-clair qu’Ahmadinejad veut bel et bien deux choses et non pas une seule : primo, il veut rayer Israël de la carte ; et secundo, il veut faire disparaître le régime israélien de la page du temps. Ahmadinejad veut les deux car concrètement les deux vont pour lui de pair. Espérons que le retour du douzième imam, prévu pour 2007 par les ayatollahs de Téhéran, sera reporté à 2008 ou 2009, question de nous laisser le temps d’agir préventivement…

mardi 25 septembre 2007

Moyen Orient: la paix sans la sécurité ?


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Moyen Orient : la paix sans la sécurité ?

Michel Garroté, journaliste
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L’élection du président, par les députés, au Liban, commence, officiellement, aujourd’hui 25 septembre 2007. Il n’y a pas si longtemps que cela, on entendait encore des diplomates et des journalistes raconter, qu’en intégrant le mouvement terroriste libanais chiite pro-iranien Hezbollah dans la politique libanaise, on obtiendrait de ce même Hezbollah qu’il dépose les armes ; et qu’il devienne un simple parti politique. Or, le Hezbollah entra dans le gouvernement Siniora. Il ne déposa pas les armes. Il utilisa les armes contre Israël. L’armée libanaise, composée de chiites à raison de 40%, laissa faire le Hezbollah, chiite lui aussi. Après la guerre l’été 2006 et jusqu’à maintenant, le Hezbollah a été généreusement réarmé par l’Iran et la Syrie. Ni l’armée libanaise, ni les troupes de l’ONU (FINUL) n’ont empêché ce réarmement. En octobre 2006, le Hezbollah est sorti du gouvernement Siniora aussi lestement qu’il y était entré. Depuis son départ du gouvernement Siniora, le Hezbollah et ses alliés paralysent les institutions libanaises ; et commettent assassinat sur assassinat, afin de rendre minoritaires (au parlement appelé à élire un nouveau président), les députés libanais anti-syriens, majoritaires avant ces assassinats. Le Hezbollah a étendu son contrôle militaire au nord du fleuve Litani et jusque dans certains quartiers de Beyrouth. Le Hezbollah s’est livré à la purification ethnique et confessionnelle du Sud-Liban, vidé de ses habitants chrétiens. Voilà pour la paix et la sécurité au Liban. Quid d’Israël ?

En Israël, l’heure est à la libération de terroristes palestiniens, supposés repentis et supposés intégrer les forces armées de l’Autorité palestinienne et du Fatah, devenus, dit-on, modérés. La semaine dernière, les combats entre d’une part, des terroristes palestiniens du Fatah libérés par Israël, et d’autre part, des éléments de l’armée israélienne, en Judée-Samarie, ces combats donc, ont permis de constater, que les repentis du Fatah, se sentent apparemment plus proches du Hamas, du Jihad Islamique et de diverses factions et milices soutenues par la Syrie et par l’Iran, que proches de l’Autorité palestinienne. Le fait est qu’au Liban comme à Gaza et en Judée-Samarie, ce sont les groupes terroristes, la Syrie et l’Iran qui, concrètement, gagnent du terrain. Et que se sont le gouvernement libanais et l’Autorité palestinienne, qui perdent le contrôle, de la situation concrète, sur ce même terrain. Maintenant, quid de l’Irak ?

La récente stratégie du général américain Petraeus démontre qu’avant de former un gouvernement modéré et consensuel en Irak, il faut d’abord éliminer toutes les forces armées hostiles à tout ce qui est modéré et consensuel. A cet égard, il paraît difficile, en Irak comme au Liban, à Gaza et en Judée-Samarie, de liquider le terrorisme sans régler, aussi, la question de l’Iran. Il est intéressant de constater, que dans ce contexte, Madame Rice et Monsieur Olmert, continuent, de vouloir imposer, au plus vite, d’une part un Etat palestinien, et d’autre part, une paix globale dans toute la région.

Apparemment, le conflit entre d’un côté, les pays occidentaux et leurs alliés arabes, et de l’autre côté, l’Iran et ses alliés, apparemment ce conflit n’entre pas en ligne de compte, dans la stratégie diplomatique de Madame Rice et de Monsieur Olmert. Apparemment, Madame Rice et Monsieur Olmert croient sérieusement, qu’ils peuvent contribuer à former, des gouvernements libanais, palestinien et irakien modérés, sans préalablement désarmer le Hezbollah, le Hamas, le Jihad Islamique, le Fatah ainsi que les nombreuses milices armées privées, à la solde de clans et de familles contrôlant telle ou telle parcelle de territoire.

Apparemment, Madame Rice et Monsieur Olmert, ne comprennent pas ou font semblant de ne pas comprendre, que derrière les groupes armés et la Syrie, il y a surtout et avant tout l’Iran. Apparemment, Madame Rice et Monsieur Olmert, ne comprennent pas ou font semblant de ne pas comprendre, qu’avec Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de l’Iran, ce pays continuera de financer et d’armer tous les groupes armés qui permettent à l’Iran de gagner un pouce de terrain au Liban, à Gaza, en Judée Samarie, en Irak et en Afghanistan ; en attendant de maîtriser l’arme nucléaire, qui fera de l’Iran la plus grande puissance géostratégique de la région, dans un « rayon missile » d’au moins 1'800 km. A trop chercher la paix sans la sécurité, on n’obtiendra ni la paix ni la sécurité. Dernière minute: cliquez sur
http://www.lefigaro.fr/debats/20070924.FIG000000146_vous_avez_dit_guerre_monsieur_kouchner_vous_n_avez_pas_tort.html

lundi 24 septembre 2007

Quatrième guerre mondiale


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Iran, Liban et bataclan :
la Quatrième guerre mondiale continue

Michel Garroté, journaliste
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Dans un tout récent article (www.michelgurfinkiel.com) notre excellent confrère Michel Gurfinkiel tire quelques conclusions à partir des récents événements du Proche et Moyen Orient, notamment à partir du bombardement israélien de matériel nucléaire nord-coréen en Syrie : « premièrement, l'efficacité de l'outil militaire israélien a été à nouveau démontrée et la capacité de dissuasion d'Israël largement restaurée ; deuxièmement, on peut présumer que la Syrie viole le traité de non-prolifération nucléaire, dont elle est signataire, et prépare délibérément une guerre d'extermination contre Israël ; troisièmement, l'axe du Mal dénoncé par les Etats-Unis depuis 2001 (Syrie, Iran, Corée du Nord) est une réalité ; quatrièmement, ce qu'Israël peut faire en Syrie, une coalition de la liberté dirigée par les Etats-Unis peut le faire en Iran ; cinquièmement, une opération plus ambitieuse, allant jusqu'à l'annihilation complète du potentiel critique, peut sans doute être menée en Iran par Israël, jusqu'à un certain point, ou par une coalition de la liberté ; sixièmement, l'opération israélienne semble avoir bénéficié du soutien turc ; ce qui peut signifier, au choix, que le gouvernement néo-islamiste turc dirigé par Recep Tayyip Erdogan s'oppose, comme d'autres gouvernements musulmans, à l'extrémisme syro-iranien, qu'il a décidé de se comporter dans cette crise en allié fidèle des Etats-Unis, sinon d'Israël, contrairement à ce qui s'était passé en 2003 lors de la guerre d'Irak, ou que l'armée turque, de tradition nationaliste laïque, conserve une marge d'indépendance vis-à-vis du gouvernement ; septièmement, ces événements renforcent en France ceux qui, autour du président Nicolas Sarkozy et du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, prennent au sérieux les menaces non-conventionnelles iranienne et syrienne ».
Toujours sur l’Iran, dans Valeurs actuelles, édition du 21 septembre, Karine G. Barzegar, de retour de Téhéran, fait quelques confidences intéressantes : « Avoir un métier ne suffit plus pour gagner sa vie en Iran. À Téhéran et dans les autres grandes villes, il faut parfois deux ou trois emplois pour survivre. Ainsi va l’économie chez les ayatollahs (...) Selon le gouvernement, le chômage avoisine les 15 % mais les économistes le situent plutôt à 25 ou 30 %. Chaque année, 800’000 nouveaux venus arrivent sur le marché de l’emploi, sans grande illusion. L’inflation atteint officiellement un taux de 17 %. Le chiffre réel serait plus proche de 23 %. Il n’est pas étonnant que nombre d’Iraniens cumulent les emplois pour s’en sortir (...) le pays frôle la crise, sous l’effet conjugué d’une gestion économique aussi excentrique que hasardeuse (...) tous les avoirs de la banque Sepah – suspectée de fournir des services financiers au programme iranien de missiles – ont été gelés (...) Une autre banque, Saderate, accusée de financer le Hezbollah au Liban, se retrouve également isolée. Si ces banques s’effondrent, c’est tout le système bancaire iranien qui en pâtira (...) Depuis l’arrivée au pouvoir de ce fervent musulman (Ahmadinejad), issu du corps des gardiens de la révolution, la politique monétaire et financière officielle est pour le moins insolite (...) dépenses publiques pharaoniques, sans budgets adéquats (...) Le chef de l’État rejette l’économie de marché et multiplie les décisions impulsives. En juin, cinquante-sept économistes iraniens ont réagi en dénonçant sa politique économique. Leur lettre ouverte a été signée par des universitaires, des chefs d’entreprise et d’anciens responsables politiques (...) Quatrième producteur mondial de pétrole brut (...) le pays est en outre incapable de répondre à ses propres besoins en essence, faute de raffineries et de technologies adaptées (...) Visiblement inquiet, le gouvernement iranien a lancé, fin juin, un plan de rationnement de l’essence, ce qui a soulevé une vive colère chez les consommateurs (...) Il y a deux ans, Ahmadinejad avait remporté la présidentielle grâce à une campagne populiste sur le thème de la justice sociale et sur la promesse de ramener l’argent du pétrole à la table du peuple.

De toute évidence, le dictateur génocidaire iranien, le président Mahmoud Ahmadinejad, commence, enfin, à se rendre compte, que sa situation ressemble à celle d’un coq morveux, sur lequel descend à grande vitesse une enclume. En effet, le despote de Téhéran affirme, dans une interview accordée à la chaîne de télévision CBS dimanche 23 septembre, que son pays et les Etats-Unis « ne se dirigent pas vers la guerre », des propos en totale contradiction avec ses actes et ses déclarations de ces deux dernières années (y compris, ces tous derniers jours, avec son nouveau missile d’une portée de 1'800 km...). « Les capitales occidentales accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique quand Téhéran affirme ne poursuivre qu'un programme civil de production d'électricité », ajoute, sans rire, Mahmoud Pinocchio. « Notre plan et notre programme sont tout à fait transparents », ajoute Ahmadinejad, au nez et à la barbe de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, dont le patron, M. Al Bareïd, après avoir confirmé le danger nucléaire iranien, tente maintenant de faire marche arrière. Le président iranien revient ensuite sur le soutien iranien aux terroristes irakiens (l’Iran fournit armes, troupes et entraînements à des groupes terroristes en Irak ainsi qu’au Liban d’ailleurs) : « Nous n'avons pas besoin de cela, l'insécurité en Irak dessert nos intérêts » (sic).

Concernant le Liban justement, qui est en pleine élection présidentielle, Alain Chevalérias (
http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/) fait, lui aussi, quelques propositions politiquement incorrectes : couper le cordon ombilical entre l'Iran et le Hezbollah ; exercer une forte pression sur la Syrie pour l'empêcher de nuire au Liban ; renvoyer les Palestiniens d'où ils viennent, sinon les déplacer ailleurs. Revenu du Liban, Alain Chevalérias témoigne : « Dans la capitale, nous avons senti l'omniprésence du Hezbollah. En plein coeur de la ville, place Riyad Al-Solh, depuis le mois de décembre dernier, des jeunes gens, payés par le parti (Hezbollah), sont venus des villages chiites pour occuper les lieux (...) Par le moyen de ce sit-in, les séides de Téhéran comptent obtenir le privilège légal d'une minorité de blocage au gouvernement, pour s'opposer à ses décisions. Traverser le campement des manifestants ou interviewer leurs responsables est impossible sans une autorisation du Hezbollah. En dépit de nos demandes réitérées, cinq jours plus tard, nous n'avions toujours pas de réponse (...) Les manifestants du Hezbollah ont chassé clients et convivialité. Les restaurants ont remisé les chaises sur les tables et les boutiques ont fermé (...) C'est ce visage du Liban, entre guerre et insouciance qui fait le plus peur. Parce qu'il rappelle la banalisation de la violence à une autre époque ».

Toujours au Liban, le président du Comité de défense des libertés publiques, Sinane Barrage, a rappelé, dans un communiqué publié dimanche 23 septembre, que « la Constitution exige le quorum des deux tiers des députés à la première séance de l’élection présidentielle. Aux séances suivantes, la majorité simple suffit, a-t-il précisé. M. Barrage a fustigé l’opposition, le Hezbollah en tête, parce qu’elle est déterminée à paralyser les institutions l’une après l’autre en boycottant l’élection présidentielle et en poussant vers le chaos. S’appuyant sur les articles 62 et 74 de la Loi fondamentale, Sinane Barrage a souligné que la Constitution ne prévoit pas un endroit particulier pour l’élection présidentielle et que cette dernière pourrait se tenir en dehors des bâtiments du Parlement.

Pour revenir au matériel nucléaire nord-coréen livré à la Syrie, notons cette réaction toute récente de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice : « Franchement, il y a beaucoup de questions auxquelles il faudra répondre et nous voulons pouvoir donner des réponses sur tous les aspects du programme nucléaire nord-coréen », a-t-elle déclaré lors d’un entretien à New York avec son homologue chinois Yang Jiechi. Rappelons, dans la foulée, que le numéro deux du régime nord-coréen, Kim Yong-nam a reçu une délégation syrienne samedi 22 septembre, dont un membre de la direction du parti Baas syrien, Saïd Elyia. Rappelons, toujours dans la foulée, que des appareils de chasse israéliens ont décollé ce week-end pour la seconde fois en 48 heures, suite à une nouvelle alerte à la frontière syrienne, rapportée à la radio publique israélienne. Concrètement, un avion de guerre syrien se serait écrasé, dimanche 23 septembre, sur le territoire syrien, à la frontière avec le Liban et Israël, information rapportée par le site Web Nowlebanon. Des habitants des localités voisines ont signalé avoir entendu le puissant vacarme de l’appareil au moment de son écrasement. L’aviation israélienne était en alerte, dimanche 23 septembre, lorsque les radars ont intercepté l’avion syrien en question au-dessus du Golan. Les avions de guerre israéliens ont aussitôt multiplié leurs survols au-dessus de la zone.

C’est dans ce climat proche et moyen oriental fourmillant de mises au point politiquement incorrectes, que Benoît XVI, dans le Daily Mail, a eu le courage de s'en prendre aux nations musulmanes où les chrétiens sont soit persécutés soit considérés comme des citoyens de deuxième catégories par l'application de la Shariah (loi islamique). mentionnant le problème de l'extrémisme islamique, Benoît XVI a ajouté que « le terrorisme est un problème sérieux dont les acteurs déclarent souvent agir au nom de Dieu et font preuve d'un dédain inexcusable pour la vie humaine ». On dirait que ces jours-ci, beaucoup de monde met les points sur les « i » et que, de son côté, Mahmoud Ahmadinejad commence à avoir les chocottes. Oui, mais le connaissant, pour combien de temps ?

dimanche 23 septembre 2007

Nucléaire nord-coréen en Syrie


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Nucléaire nord-coréen en Syrie

Michel Garroté, journaliste
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Les deux journalistes d’investigation Uzi Mahnaimi et Sarah Baxter, dans le Sunday Times de Londres, daté d’aujourd’hui dimanche 23 septembre, confirment, sources à l’appui, ce que divers journaux américains, britanniques et israéliens (1), avaient déjà révélé, ces derniers jours, à savoir : des commandos israéliens, infiltrés en Syrie, ont prélevé des échantillons de matériel nucléaire nord-coréen, lors d’une série d’opérations secrètes, aux alentours d’un site militaire syrien.

Ces opérations ont été menées avant que le site syrien soit bombardé, ce mois-ci, par l’aviation israélienne. Les commandos israéliens, après plusieurs mois de recherches, ont localisé les composants nucléaires près de Dayr az-Zwar, dans le nord de la Syrie. Lors du bombardement israélien susmentionné, plusieurs experts nord-coréens sont décédés. L’information vien d’être confirmée par des diplomates chinois.

En outre, vendredi 21 septembre dernier, à Pyongyang, capitale de la Coré du Nord, des entretiens ont eu lieu suite à l’opération israélienne entre Choe Thae Bok, secrétaire du parti des travailleurs de Corée du Nord et Saaeed Eleia Dawood, directeur au Parti Socialiste Arabe Baath syrien. Selon l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA (dépêche du 22-9-07), la rencontre a permis de faire le point sur la situation et de renforcer les liens entre les deux pays. On se réjouit de la suite…

(1) Haaretz, Washington Post, The Observer, Newsweek, Yediot Aharonot et Sunday Times.

vendredi 21 septembre 2007

catholique sioniste (suite & fin)


Un catholique peut-il être sioniste ?
(troisième et dernière partie)

Michel Garroté, journaliste
http://monde-info.blogspot.com

Je publie ci-après la troisième et dernière partie de mon article intitulé « Un catholique peut-il être sioniste ? », article dont la première partie est parue sur ce blog le 14 septembre dernier et la deuxième partie le 18 septembre dernier.

Un journaliste catholique m’a très récemment partagé la réflexion suivante : « Catholique veut dire universel. Le sionisme, ce n’est pas vraiment cela. Sauf si vous le traduisez par patriotisme israélien. Mais en Israël, la définition ou plutôt l’application qui est faite du sionisme est souvent beaucoup plus restreinte que cette acception. Et certains Israéliens donnent même au sionisme les contours géographiques rigides de l’Ancien Testament. Avec les conséquences que l’on sait... A part cela, je considère que les Juifs sont nos frères, j’ai des amis en Israël et, comme chrétien, je suis naturellement opposé à toute forme d’antisémitisme. N’oublions jamais que nos racines spirituelles plongent jusque dans l’Ancien Testament ! ».

J’aimerais revenir, sans porter le moindre jugement, sur l’extrait suivant de la citation mentionnée plus haut : « les contours géographiques rigides (...) avec les conséquences que l’on sait ». Car je crois, en effet, que le dialogue judéo-chrétien achoppe régulièrement sur ce point. A vrai dire, ni les juifs, ni les chrétiens, ont une définition unanime du mot « sionisme » et de ses contours géographiques.

Dans le jargon politico-médiatique, le mot « sionisme » a une connotation terriblement péjorative. Cela tient notamment au fait que, depuis des décennies, la définition marxiste et la définition islamiste du mot « sionisme » a été adoptée par la quasi totalité de la classe politico-médiatique européenne. Or, cette définition marxiste et islamiste du sionisme est un produit dérivé de l’expression « entité sioniste », expression négationniste disqualifiant l’Etat d’Israël. Autrement dit, le dialogue judéo-chrétien sur la légitimité du sionisme est torpillé, sur ses bases mêmes, par l’adoption inopportune d’une terminologie ni juive, ni chrétienne, mais marxiste et islamiste.

En ce qui me concerne, le sionisme juif et le philo-sionisme chrétien, de façon très concrète et très géographique justement, c’est la viabilité de l’Etat d’Israël dans un espace qui rend possible cette viabilité. Or, les frontières actuelles d’Israël, aucune nation démocratique au monde n’accepterait de s’en contenter. Entre les Katioucha du Hezbollah qui pleuvent sur le nord d’Israël et les Qassam du Hamas qui pleuvent sur le sud d’Israël, sans parler des ridicules 12 km qui séparent Netanya, en Israël, de Tulkarem, en Cisjordanie, la démocratie israélienne est la démocratie la moins viable de la planète. Dans les frontières d’Israël fixées par l’ONU il y a plusieurs décennies, la viabilité à long terme de l’Etat hébreu est inexistante parce que géographiquement impossible à concrétiser, dans un environnement musulman foncièrement hostile, pour ne pas dire génocidaire.

J’aimerais encore ajouter – ce sera mon seul témoignage – que je me suis rendu en Israël à trois reprises et qu’avant cela, j’ai été, pendant des années, un supporter inconditionnel et servile de l’OLP. La première fois, j’ai été en Israël en avril 1983, la deuxième en novembre 1989 et la troisième en juin 1997. En 1983, je fis la connaissance d’Ovadia Soffer, ambassadeur d’Israël auprès du siège européen de l’ONU, à Genève, puis de deux historiens israéliens, Bat Yeor, d’origine juive égyptienne et son époux, David Litman, d’origine juive anglaise. En 1983, en Israël, je rencontrais Asher Naïm, d’origine juive libyenne, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères et Shlomo Bino, d’origine juive irakienne, directeur pour le Moyen-Orient au même ministère. Je suis arrivé à Jérusalem, en 1983, complètement athée. J’en suis reparti croyant. En 1989, j’ai surtout parcouru Jérusalem-est (principalement son secteur arabe), Nazareth et les villes palestiniennes de la Judée-Samarie (Cisjordanie). En 1997, je me suis notamment rendu à Tel-Aviv, Jérusalem, Bethléem, Jéricho, Ramallah et Nazareth. Par ailleurs, je me suis rendu, en d’autres occasions, en Syrie, en Jordanie, au Liban, en Turquie et au Maroc.

Pour moi, la situation s’est éclaircie d’une part, suite à une rencontre interreligieuse avec notamment l’Israélien Ruben Berger et Mgr Joseph Roduit, à l’abbaye de Saint-Maurice (Suisse) ; et d’autre part, depuis que je suis en lien avec la communauté catholique philosémite des Béatitudes, notamment sa Maison Saint-Joseph (Suisse). Je dis que pour moi, la situation s’est éclaircie, dans le sens que la négation d’Israël entraîne, naturellement, la négation de l’Eglise catholique en particulier et du christianisme en général. En effet, les conditions de vie déplorables des chrétiens orientaux en terre d’islam ont pour corollaire la volonté de détruire « l’entité sioniste », Israël. De même, si Israël redevenait une terre majoritairement musulmane, les conditions de vie des chrétiens orientaux seraient encore pires. Concrètement, les dirigeants des pays musulmans ne reconnaissent ni l’Etat d’Israël, ni la liberté religieuse des chrétiens orientaux en terre d’islam et ces deux refus participent d’une même idéologie. C’est pourtant l’inverse qu’une certaine classe politico-médiatique essaye de nous faire avaler, à savoir : céder beaucoup sur la Palestine, c’est beaucoup améliorer nos relations avec les dirigeants des pays musulmans. Il est vrai que nous aimons, aussi, beaucoup, le pétrole…

Le Proche Orient est un vaste territoire. Entre Israël, la bande de Gaza, la Judée-Samarie (Cisjordanie), la Jordanie et la partie orientale du Sinaï, il y aurait très largement la place pour deux peuples, Israéliens et Palestiniens, sans pour autant déplacer d’autres peuples. Le problème n’est pas le manque d’espace. Le problème est le manque de reconnaissance effective envers l’Etat d’Israël. Je reviendrai plus en détail sur le volet palestinien à une prochaine occasion (pour mémoire, j’ai déjà abordé le sujet sur ce blog, notamment dans l’article intitulé « Palestiniens : mise au point », mis en ligne le mardi 29 mai 2007).

J’ai essayé, dans la première et la deuxième partie de cet article, de partager à mes lecteurs certains auteurs catholiques philo-sionistes (philo-sémites, sémitophiles, bref, peu importe le terme), dont, bien sûr, Jacques Maritain. Pour conclure cette troisième et dernière partie de mon article, j’aimerais citer deux catholiques d’une période historique plus récente que celle de Jacques Maritain, à savoir d’une part, Frère Ephraïm (« Jésus, Juif pratiquant », Fayard, 1987) ; et d’autre part, le Père Etienne Richer (« Aimer Israël: pourquoi ? », Pneumathèque, Éditions des Béatitudes, 1995). J’achève ici cette petite trilogie sur le catholicisme et le philo-sionisme. J’ai fait ce que j’ai pu. C’est une pierre minuscule dans un édifice en devenir. Pour la suite, je ne peux que m’en remettre à Dieu, seul Maître de l’impossible.

Liban: Aoun fout la m...


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Coup de gueule…
Liban : Aoun fout la merde


Michel Garroté, journaliste
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Fady Noun (à ne pas confondre avec Michel Aoun), dans le quotidien libanais L’Orient-le Jour, écrit, que les Libanais doivent « soit revoir à la baisse la volonté d’indépendance du Liban et sa soif de dignité soit réaliser qu’on ne fait pas de politique avec de bons sentiments et que si un nouvel équilibre mondial se met en place, il faudrait savoir exactement la place qu’on souhaite y occuper et se doter des moyens d’y parvenir ». En ce qui me concerne, cette remarque de Fady Noun tombe à pic. Car j’avais justement envie de vider mon sac à ce sujet. Il doit s’agir de ma dernière montée de testostérone avant le week-end…

Selon la chaîne libanaise de télévision OTV, le député chrétien fraîchement assassiné Antoine Ghanem se trouvait au centre d’une négociation entre deux candidats aux élections présidentielles de ce mois : d’une part l’ancien président de la république, le chrétien Amine Gemayel ; et d’autre part, le Général « chrétien » Michel Aoun du CPL allié au Hezbollah. L’assassinat de Ghanem a donc visiblement pour objectif de bousiller les pourparlers en cours et de provoquer ainsi une guerre fratricide de plus entre chrétiens libanais.

Il se trouve, en effet, que le Hezbollah s’allie à des chrétiens libanais menés par l’ex Général Michel Aoun. Politiquement, Aoun et le Hezbollah n’ont rien en commun. Simplement, Aoun veut devenir président. Aoun croit que l’Iran et la Syrie peuvent l’aider à y parvenir. Le Hezbollah utilise Aoun pour ne pas paraître anti-chrétien et pour augmenter son assise populaire. Mais le support populaire à l’alliance contre nature entre Aoun et le Hezbollah fout le camp. Le chaos souhaité par le Hezbollah et Aoun ne s’est pas réalisé.

Le choix d’un nouveau président débute le 23 septembre et s’achèvera d’ici deux mois. Suivant une coutume orale, le président doit appartenir à la communauté chrétienne maronite et doit être élu par la majorité du parlement. Aoun a lâchement abandonné le long combat qu’il a mené contre la tutelle syrienne. Pourquoi ? Pour gagner la présidentielle. Il semblerait que la coalition qui soutient le gouvernement Siniora a la majorité pour choisir le nouveau président, sans Aoun et sans le Hezbollah.

Faut-il permettre à Aoun, au Hezbollah et à leurs maîtres iraniens et syriens d’éviter la défaite ? La majorité gouvernementale peut proposer une liste candidats à la présidentielle et la soumettre au Parlement en décrétant président celui des candidats qui obtiendra la majorité simple. Disons-le clairement, le choix d’Aoun d’aider la minorité putschiste hezbollïaque est une trahison. L’attentat perpétré contre Ghanem à une semaine des présidentielles a fait baisser à 68 les députés de la majorité sur un total de 127.

Le plus tragicomique, c’est que l’Iran, la Syrie et le Hezbollah peuvent parfaitement flinguer Aoun le jour où celui-ci ne leur sera plus utile. « Soit revoir à la baisse la volonté d’indépendance du Liban et sa soif de dignité soit réaliser qu’on ne fait pas de politique avec de bons sentiments et que si un nouvel équilibre mondial se met en place, il faudrait savoir exactement la place qu’on souhaite y occuper et se doter des moyens d’y parvenir », écrit donc Fady Noun. Concrètement : Michel Aoun, le « chrétien » de trop…

jeudi 20 septembre 2007

Révélations sur le Moyen orient


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Révélations et perspectives pour le Moyen Orient

Michel Garroté, journaliste
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Le document ci-dessous reprend, d’une part, des extraits de deux articles, l’un de Kissinger, l’autre de Murawiec ; et d’autre part, des informations sur l’assassinat, hier 19 septembre, du député chrétien libanais Antoine Ghanem et des informations sur le Liban en général.

Kissinger sur le Moyen Orient et sur l’Irak
Henry Kissinger, ancien Secrétaire d'Etat, directeur de la société de conseil Kissinger & associés, revient, dans un article du International Herald Tribune du 16 septembre 2007, sur la situation d’une part, au Moyen Orient en général ; et d’autre part, en Irak plus particulièrement. Dans son article, Kissinger souligne d’abord, au sujet de l’Irak, qu’on « ne peut pas mettre fin au conflit par des moyens militaires seulement » et qu’on « ne peut pas y mettre un terme, en cédant le champ de bataille au jihad, dont le radicalisme n'a pas de limite. Un retrait brutal d'Irak ne fera pas cesser la guerre, mais la redirigera vers les conflits génocidaires entre confessions et vers la résurrection de bases terroristes. Si l'Amérique abdique, le Liban sera dominé par le Hezbollah, aux ordres de l'Iran, une guerre Israélo-syrienne pourrait éclater, Israël pourrait frapper les installations nucléaires d'Iran, afin de desserrer l'encerclement islamiste, la Turquie et l'Iran séviraient chacun contre ses autonomistes kurdes et les talibans d'Afghanistan s'enhardiraient. Voilà ce que signifie un départ précipité. Les Etats-Unis perdraient toute initiative pour façonner les événements, en Irak même, dans la lutte contre l'islamisme radical, et dans le monde en général ». A propos du Moyen Orient, Kissinger précise que « rien dans l'histoire du Moyen Orient ne montre que l'abdication donne de l'influence. Ceux qui suggèrent ce processus devraient assumer les terribles conséquences d'un retrait brutal, prévues par une majorité d'experts et de diplomates. Ce qui manque ce n'est pas un calendrier de retrait des troupes, mais un dessein politique et diplomatique, lié à la stratégie militaire globale ». Revenant sur l’Irak, Kissinger souligne que « les exhortations américaines pour une réconciliation nationale sont basées sur des principes constitutionnels tirés de la culture occidentale. Et il est impossible d'obtenir un résultat en 6 mois, période définie pour la contre-insurrection, dans cet état artificiel ravagé par des conflits sectaires et ethniques millénaires. L'expérience doit nous apprendre qu'essayer de manipuler une structure politique fragile, résultant notamment d'élections sponsorisées par l'Amérique, fait le jeu des éléments radicaux. Et nos frustrations actuelles devant un gouvernement irakien peu performant ne doivent pas être l'excuse pour les transformer en désastre pour nous. Une première voie plus sage serait de se concentrer sur les trois principales régions et de promouvoir dans chacune d'elle une administration technique, efficace et humaine. Un gouvernement régional pourrait réduire la violence chez lui et progresser vers un état de loi et vers une économie viable. Au bout d'un certain temps, apaisé, le peuple irakien pourrait alors considérer une réconciliation nationale, surtout si chaque région n'est pas assez dominante pour imposer sa volonté aux autres. Sinon, le pays pourrait bien sombrer dans la partition de fait, sous le prétexte d'autonomie, comme c'est le cas aujourd'hui dans la région kurde. Cependant aucun de ces objectifs ne peut être réalisé sans deux conditions : la nécessité d'une présence américaine dans la région sur laquelle nos amis puissent compter et que nos ennemis puissent prendre au sérieux. Et surtout, notre pays doit comprendre la nécessité d'être uni, sans tactique politicienne ».

Murawiec ne mâche pas ses mots
De son côté, Laurent Murawiec, correspondant à Washington de Metula News Agency, écrit, le 18 septembre 2007, que depuis le début de la bataille d’Irak « pas un officier général américain n'a été révoqué, comme si l'armée américaine n'était qu'une vulgaire fonction publique, protégée par des syndicats à la française et où la pérennité de l'emploi est sacro-sainte. Ceci, alors que les opérations ont révélé, chez les officiers généraux bien plus que dans les rangs inférieurs, de très graves carences. Pis, le summum de l'incompétence complaisante et prétentieuse, l'ancien patron de la CIA, George Tenet, aux responsabilités accablante dans la non prévention des attentats du 11 septembre, fut non seulement maintenu à son poste, mais quand il le quitta de son plein gré, il reçut, des mains mêmes du président, la Médaille de la Liberté, la plus haute décoration civile des Etats-Unis ». Parlant de Bush, Laurent Murawiec écrit que celui-ci « s'est largement entouré d'opposants à sa propre politique ou de sycophantes à la compétence douteuse. Au département d'Etat, Condoleezza Rice présente bien, mais ses options, celles du ‘réalisme’, qui préfère toujours la stabilité à court terme, quel qu'en soit le prix, même si elle consiste à abandonner nos meilleurs amis et à pactiser avec nos pires ennemis, se situent aux antipodes des instincts politiques de Bush. La liste est interminable - et je ne la répéterai pas ici - des opposants farouches qui sapent de l'intérieur la politique présidentielle, sans que Bush ne s'en offusque. La logique aurait voulu que Bush purge avec énergie les secteurs de l'Etat qui, non seulement refusaient d'appliquer sa politique, mais la sabotaient sans même s'en cacher - diplomatie, services de renseignement au premier chef -. Bush laissa faire, quand bien même ces opposants de l'intérieur affaiblissaient et dénaturaient sa politique ». Concernant plus particulièrement l’Irak, Murawiec précise que « les succès militaires doivent non seulement être prolongés par une reconstruction politique en Irak, mais aussi par un recadrage de la stratégie américaine : les troubles en Irak, la guérilla, les attaques, sont très largement orchestrés par l'Iran, par la Syrie, et par l'Arabie saoudite côté sunnite. Faute de mettre les points sur les ‘i’ avec tous ces manants, les militaires américains font face à une tâche de Sisyphes. Or Bush oscille sans fin et continue d'appliquer, en partie, les désastreuses recommandations du ‘Groupe d'études Irak’ de MM. James Baker et Lee Hamilton : afin d'acquérir les bonnes grâces des ennemis, Iran et Syrie, et Arabie, il importe de livrer le Liban à Damas, l'Irak à Téhéran et Israël aux Arabes en général. Cela devrait permettre de se retirer d'Irak - comme on s'était éjecté du Vietnam -. On cause avec les ennemis en espérant les amadouer. Tout en même temps, on serre la vis à l'Iran avec des mesures bancaires, financières et énergétiques, qui font très mal au régime des mollahs. En un mot, on est en pleine incohérence politico stratégique ».

Le Liban, encore le Liban, toujours le Liban
Le récent attentat au Liban, le mercredi 19 septembre dernier, lui aussi, est révélateur de la complexité du Proche et du Moyen Orient. Le Liban est, un peu, un modèle miniature de l’ensemble de la région. Ce qui se passe dans la région a d’énormes répercussions sur le Liban. Et ce qui se passe au Liban, donne un avant-goût de ce qui pourrait se produire à l’échelle du Proche et du Moyen Orient tout entier. Le 19 septembre, le député chrétien franco-libanais Antoine Ghanem est décédé dans un attentat qui, selon les sources, a frappé Horch Tabet ou Sin el-Fil, dans la banlieue chrétienne de Beyrouth. En 2004, le député Antoine Ghanem avait participé à la révolution des cèdres, suite à l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. En 2005, il était réélu dans la circonscription de Baabda-Aley sur une liste parrainée par le député druze Walid Joumblatt et, les médias ont omis de faire cette précision, soutenue par le mouvement chiite Hezbollah, compromissions typiquement libanaises oblige… Le blog salon beige précise que
les Etats-Unis ont clairement mis en cause la Syrie : « Depuis octobre 2004, il y a une constante dans les assassinats et les tentatives d'assassinats politiques destinés à intimider ceux qui oeuvrent courageusement à un Liban souverain et démocratique. Les victimes de ces lâches attentats ont été de manière constante ceux qui ont cherché publiquement à mettre fin aux ingérences de la Syrie dans les affaires intérieures du Liban ». L’attentat est survenu au moment où le Liban s'apprête à élire un nouveau Président. Le mandat de l’actuel expire le 25 novembre. L'attentat survient six jours avant la date prévue de la réunion du Parlement libanais pour élire un nouveau président de la République. L'ancien président libanais Amin Gemayel, qui dirige le parti Kataëb et dont le fils, ministre et député Pierre Gemayel, avait été assassiné en novembre a déclaré : « C'est la question de la survie de ce pays et de la démocratie dans le pays qui est en jeu pour le moment ». De fait, depuis deux ans, le Liban est le théâtre d’attentats visant des personnalités présumées anti-syriennes : le député Walid Eido ; le ministre de l'Industrie, Pierre Gemayel ; l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, etc. Le Liban traverse une crise qui oppose la majorité du Premier ministre Fouad Siniora et de Saad al Hariri à une opposition soutenue par Damas et Téhéran. Les tensions au Proche et au Moyen-Orient (le nucléaire iranien, la guerre du Liban l'été 2006, les récentes victoires américaines en Irak, la prise de contrôle militaire de Gaza par les terroristes du Hamas) compliquent la crise politique libanaise. Le Parlement libanais devrait élire un nouveau président le 25 septembre, fonction qui doit revenir à un chrétien maronite.

Le 19 septembre,
http://ajm.ch/wordpress/ rappelle, dans ce contexte, qu’il s’agit « du huitième responsable politique libanais anti-syrien subitement disparu depuis 2005. En plus, personne ne semble gêné par le fait que l’armée syrienne s’installe illégalement sur le territoire libanais. Depuis que le dictateur syrien a uni son destin à celui de l’Iran, et donc aussi à celui du Hezbollah, à part quelques menus problèmes techniques avec ses missiles chimiques et des broutilles avec les Israéliens, il a vraiment une chance de cocu ».

Les diverses déclarations de partis politiques libanais, suite à l’assassinat de Ghanem, sont, elles aussi, révélatrices d’un certain climat. Ainsi, la déclaration des Kataëb chrétiennes (19-9-07) indique que « ce meurtre coïncide avec le 25ème anniversaire de l'assassinat du président élu feu Bachir Gemayel, et vient servir le projet de sabotage des présidentielles au Liban pour entraîner le Liban dans un vide constitutionnel ».

Au cours d'un entretien téléphonique lors de l'émission de Kalam el Nass diffusée le soir du 19 septembre, le général « chrétien » (anciennement anti-syrien aujourd’hui devenu pro-Hezbollah pour cause électorale…) Michel Aoun s'est demandé « comment tout d'un coup, tous les ténors de la coalition du 14 mars ont tout de suite accusé en masse la Syrie d'avoir perpétré ce crime ». Déplorant le décès du député Ghanem, le général Aoun a rappelé qu'en tant qu'homme de loi, il lui est interdit d'accuser un parti quelconque avant le résultat des investigations. M. Aoun a évoqué, précise libnanews, le temps de l'hégémonie syrienne où tout attentat de ce genre était tout de suite attribué à Israël, et a rapproché ce genre d'accusation à celles lancées aujourd'hui par les dirigeants du 14 mars (ce qui est une manière indirecte et débile de pointer maintenant le doigt vers Israël…).

Le chef chrétien des Forces Libanaises Samir Geagea a estimé (19-907) que cet assassinat est une attaque contre les députés de la majorité pour qu'ils ne soient plus majoritaires. Il a appelé tous les partis à être présents lors de la séance de l'élection présidentielle. S'adressant spécialement aux forces de l'opposition pro-syrienne, il les a appelées à ne pas suivre leurs propres intérêts pour arriver aux positions qu'ils convoitent aux dépends de la sécurité du pays et de son peuple.

Entre le 3 et 10 septembre, Samir Geagea, Amin Gemayel et son fils Sami avaient reçu une délégation française. Sami Gemayel avait effectué, à cette occasion, un exposé sur la politique qu’il entend impulser dans le parti chrétien Kataëb où il œuvre au premier rang. Il avait notamment développé sa vision d’un Liban uni mais décentralisé en cantons chrétiens, druzes et musulmans bénéficiant d’une large autonomie. Une prophétie valable pour tout le Proche et le Moyen Orient ?

mercredi 19 septembre 2007

catholique et sioniste (suite et fin)


Quelques liens :
néo-conservateur :
http://leblogdrzz.over-blog.com/
néo-conservateur : http://neoconservatisme.over-blog.com/
anti-pensée unique :
http://www.rebelles.info/
catholique : http://www.zenit.org/
catholique :
http://lesalonbeige.blogs.com/
juif :
http://www.juif.org/
juif :
http://www.upjf.org/
juif :
http://www.debriefing.org/
Moyen-Orient :
http://daisvid.skynetblogs.be/
Moyen-Orient : http://www.nuitdorient.com/

Un catholique peut-il être sioniste ?
(troisième et dernière partie)

Michel Garroté, journaliste
http://monde-info.blogspot.com

Je publie ci-après la troisième et dernière partie de mon article intitulé « Un catholique peut-il être sioniste ? », article dont la première partie est parue sur ce blog le 14 septembre dernier et la deuxième partie le 18 septembre dernier.

Un journaliste catholique m’a très récemment partagé la réflexion suivante : « Catholique veut dire universel. Le sionisme, ce n’est pas vraiment cela. Sauf si vous le traduisez par patriotisme israélien. Mais en Israël, la définition ou plutôt l’application qui est faite du sionisme est souvent beaucoup plus restreinte que cette acception. Et certains Israéliens donnent même au sionisme les contours géographiques rigides de l’Ancien Testament. Avec les conséquences que l’on sait... A part cela, je considère que les Juifs sont nos frères, j’ai des amis en Israël et, comme chrétien, je suis naturellement opposé à toute forme d’antisémitisme. N’oublions jamais que nos racines spirituelles plongent jusque dans l’Ancien Testament ! ».

J’aimerais revenir, sans porter le moindre jugement, sur l’extrait suivant de la citation mentionnée plus haut : « les contours géographiques rigides (...) avec les conséquences que l’on sait ». Car je crois, en effet, que le dialogue judéo-chrétien achoppe régulièrement sur ce point. A vrai dire, ni les juifs, ni les chrétiens, ont une définition unanime du mot « sionisme » et de ses contours géographiques.

Dans le jargon politico-médiatique, le mot « sionisme » a une connotation terriblement péjorative. Cela tient notamment au fait que, depuis des décennies, la définition marxiste et la définition islamiste du mot « sionisme » a été adoptée par la quasi totalité de la classe politico-médiatique européenne. Or, cette définition marxiste et islamiste du sionisme est un produit dérivé de l’expression « entité sioniste », expression négationniste disqualifiant l’Etat d’Israël. Autrement dit, le dialogue judéo-chrétien sur la légitimité du sionisme est torpillé, sur ses bases mêmes, par l’adoption inopportune d’une terminologie ni juive, ni chrétienne, mais marxiste et islamiste.

En ce qui me concerne, le sionisme juif et le philo-sionisme chrétien, de façon très concrète et très géographique justement, c’est la viabilité de l’Etat d’Israël dans un espace qui rend possible cette viabilité. Or, les frontières actuelles d’Israël, aucune nation démocratique au monde n’accepterait de s’en contenter. Entre les Katioucha du Hezbollah qui pleuvent sur le nord d’Israël et les Qassam du Hamas qui pleuvent sur le sud d’Israël, sans parler des ridicules 12 km qui séparent Netanya, en Israël, de Tulkarem, en Cisjordanie, la démocratie israélienne est la démocratie la moins viable de la planète. Dans les frontières d’Israël fixées par l’ONU il y a plusieurs décennies, la viabilité à long terme de l’Etat hébreu est inexistante parce que géographiquement impossible à concrétiser, dans un environnement musulman foncièrement hostile, pour ne pas dire génocidaire.

J’aimerais encore ajouter – ce sera mon seul témoignage – que je me suis rendu en Israël à trois reprises et qu’avant cela, j’ai été, pendant des années, un supporter inconditionnel et servile de l’OLP. La première fois, j’ai été en Israël en avril 1983, la deuxième en novembre 1989 et la troisième en juin 1997. En 1983, je fis la connaissance d’Ovadia Soffer, ambassadeur d’Israël auprès du siège européen de l’ONU, à Genève, puis de deux historiens israéliens, Bat Yeor, d’origine juive égyptienne et son époux, David Litman, d’origine juive anglaise. En 1983, en Israël, je rencontrais Asher Naïm, d’origine juive libyenne, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères et Shlomo Bino, d’origine juive irakienne, directeur pour le Moyen-Orient au même ministère. Je suis arrivé à Jérusalem, en 1983, complètement athée. J’en suis reparti croyant. En 1989, j’ai surtout parcouru Jérusalem-est (principalement son secteur arabe), Nazareth et les villes palestiniennes de la Judée-Samarie (Cisjordanie). En 1997, je me suis notamment rendu à Tel-Aviv, Jérusalem, Bethléem, Jéricho, Ramallah et Nazareth. Par ailleurs, je me suis rendu, en d’autres occasions, en Syrie, en Jordanie, au Liban, en Turquie et au Maroc.

Pour moi, la situation s’est éclaircie d’une part, suite à une rencontre interreligieuse avec notamment l’Israélien Ruben Berger et Mgr Joseph Roduit, à l’abbaye de Saint-Maurice (Suisse) ; et d’autre part, depuis que je suis en lien avec la communauté catholique philosémite des Béatitudes, notamment sa Maison Saint-Joseph (Suisse). Je dis que pour moi, la situation s’est éclaircie, dans le sens que la négation d’Israël entraîne, naturellement, la négation de l’Eglise catholique en particulier et du christianisme en général. En effet, les conditions de vie déplorables des chrétiens orientaux en terre d’islam ont pour corollaire la volonté de détruire « l’entité sioniste », Israël. De même, si Israël redevenait une terre majoritairement musulmane, les conditions de vie des chrétiens orientaux seraient encore pires. Concrètement, les dirigeants des pays musulmans ne reconnaissent ni l’Etat d’Israël, ni la liberté religieuse des chrétiens orientaux en terre d’islam et ces deux refus participent d’une même idéologie. C’est pourtant l’inverse qu’une certaine classe politico-médiatique essaye de nous faire avaler, à savoir : céder beaucoup sur la Palestine, c’est beaucoup améliorer nos relations avec les dirigeants des pays musulmans. Il est vrai que nous aimons, aussi, beaucoup, le pétrole…

Le Proche Orient est un vaste territoire. Entre Israël, la bande de Gaza, la Judée-Samarie (Cisjordanie), la Jordanie et la partie orientale du Sinaï, il y aurait très largement la place pour deux peuples, Israéliens et Palestiniens, sans pour autant déplacer d’autres peuples. Le problème n’est pas le manque d’espace. Le problème est le manque de reconnaissance effective envers l’Etat d’Israël. Je reviendrai plus en détail sur le volet palestinien à une prochaine occasion (pour mémoire, j’ai déjà abordé le sujet sur ce blog, notamment dans l’article intitulé « Palestiniens : mise au point », mis en ligne le mardi 29 mai 2007).

J’ai essayé, dans la première et la deuxième partie de cet article, de partager à mes lecteurs certains auteurs catholiques philo-sionistes (philo-sémites, sémitophiles, bref, peu importe le terme), dont, bien sûr, Jacques Maritain. Pour conclure cette troisième et dernière partie de mon article, j’aimerais citer deux catholiques d’une période historique plus récente que celle de Jacques Maritain, à savoir d’une part, Frère Ephraïm (« Jésus, Juif pratiquant », Fayard, 1987) ; et d’autre part, le Père Etienne Richer (« Aimer Israël: pourquoi ? », Pneumathèque, Éditions des Béatitudes, 1995). J’achève ici cette petite trilogie sur le catholicisme et le philo-sionisme. J’ai fait ce que j’ai pu. C’est une pierre minuscule dans un édifice en devenir. Pour la suite, je ne peux que m’en remettre à Dieu, seul Maître de l’impossible.