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lundi 25 août 2008

La Russie rouge brune se fiche éperdument de nos kouchnodiplomates

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La Russie rouge brune se fiche éperdument de nos kouchnodiplomates.
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La semaine passée, la plupart de nos médias ont occulté le fait que le général Anatoli Nogovitsine, le chef d'état major adjoint de l'armée russe, se réfère à une carte de la Géorgie sur laquelle la zone d’occupation (dite « de sécurité »), d’une part s'étend jusqu'à l'autoroute est-ouest à hauteur de Gori et à Teklati; et d’autre part, inclut des barrages construits en travers de la route à cet endroit. Sur cette même carte apparaît également une très vaste zone d’occupation tout autour de l'Abkhazie et s’étendant jusqu'à Poti, port géorgien stratégique au bord de la mer Noire.
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A ce propos, j’aimerais écrire ici - encore une fois - que la difficulté de notre résistance armée à la guerre totalitaire islamique (au Moyen Orient et en Asie Centrale) et désormais à la guerre totalitaire putinique, la difficulté de notre résistance armée à tout cela, c'est que l'adversaire est extrêmement mobile (ce qui est vrai) et - selon nos services de renseignement incompétents - extrêmement imprévisible (ce qui est faux car l’adversaire est prévisible jusqu’à un certain point comme en témoignent les analyses de Metula, Rebelles.info, Leblogdrzz et Monde-Info entres autres). De tous ces faits-là, nous devons constamment réviser l'ordre de priorité de nos objectifs sans pour autant dévier de notre plan d'action.
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J’aimerais aussi rappeler l'ennemi numéro un - de 2001 à 2008 - fut successivement l'Afghanistan, l'Irak, l'Iran et maintenant la Russo-poutinie ainsi que le Pakistan, car le Pakistan détient déjà l'arme nucléaire et car le Pakistan glisse en ce moment même à la fois vers l'islam radical et vers le chaos empirique. Mais demain matin ou dans six mois, l'ennemi numéro un peut encore changer. L'avantage du néoconservatisme dans ce contexte, c'est qu’il reste un courant de pensée à la fois très solide sur ses valeurs et très souple dans sa stratégie. L'interview de Kristol menée par drzz sur Leblogdrzz est à cet égard très éclairante.
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Le fait est que la coalition occidentale a des troupes au Moyen Orient (elles peuvent un jour quitter l'Irak sans pour autant quitter le Moyen Orient) et en Asie Centrale (elle peuvent un jour quitter l'Afghanistan sans pour autant quitter l'Asie Centrale). C'est - aussi - cette réalité-là qui rend hystériques nos cousins lointains islamistes, gauchistes et poutinistes.
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Et puisque j’ai mentionné ci-dessus le problème que nous pose le Pakistan, j’aimerais citer quelques extraits (adaptation de ces extraits par
http://monde-info.blogspot.com ) d’un article de mon excellente consoeur Caroline Glick paru dans le Jerusalem Post du vendredi 22 août 2008 (adaptation française de l’article intégral par Sentinelle 5768), Caroline Glick dont je rappelle qu’elle est également experte au Center for Security Policy (début de citation) : « Les USA ont échoué à noter que les partis pakistanais à contenu soi-disant démocratique haïssent tous l’Amérique et s’opposent à des mesures contre les Talibans et contre al-Qaïda », poursuit Caroline Glick.
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« Maintenant que les forces ‘démocratiques’ antioccidentales ont chassé Musharraf du pouvoir - ajoute Caroline Glick - les USA ne disposent d’aucun allié dans les structures du pouvoir politique et du renseignement militaire au Pakistan, avec lesquelles collaborer pour combattre les Taliban et pour combattre al-Qaïda. Les USA n’ont personne en qui faire confiance pour assurer que les forces djihadistes ne gagnent pas un accès à l’arsenal nucléaire pakistanais. Ce dernier point a été clairement démontré mardi 19 août quand le New York Times a cité un officiel de haut rang de l’administration Bush qui notait que les agents djihadistes avaient fait des ‘efforts constants’ pour infiltrer les laboratoires nucléaires du Pakistan. Les USA ne disposent pas d’options aisées pour empêcher que l’effondrement rapide des appareils de gouvernement pakistanais actuel qui dispose des armes nucléaires ne fasse passer ces armes nucléaires sous l’influence des Taliban et d’al-Qaïda » (fin de citation de l’article de Caroline Glick).
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Dois-je rappeler en toute immodestie que drzz et moi-même mettons en garde contre ce danger pakistanais depuis 2007 ? Voyons maintenant les nouvelles du jour.
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Aujourd’hui lundi 25 août 2008, je lis l’extrait - reproduit ci-dessous - d’un article de David B. Rivkin et Lee A. Casey, avocats à Washington (entre 2004 et 2007 ils étaient membres de la Sous-commission des Nations Unies pour la Promotion et la Protection des Droits de l'Homme), article qu’ils ont écrit dans le Wall Street Journal du 15 août 20008 (début de l’extrait condensé) : « Tout en réfutant les affirmations de Moscou pour les événements actuels (ndlr : l’occupation russe de la Géorgie), les USA doivent également pousser à une révision des comptes de l'histoire. Nous devons rappeler au monde que la Russie refuse de reconnaître ses crimes passés, dont les moindres ne sont pas les invasions et les annexions forcées de la Géorgie, en 1803 et 1923 ; le dépeçage de la Pologne avec l'Allemagne nazie en 1939 ; et le massacre de Katyn qui a coûté la vie à des dizaines de milliers d'officiers polonais prisonniers et dont Moscou continue faussement d’imputer la responsabilité à l'Allemagne », poursuivent David B. Rivkin et Lee A. Casey.
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« La Russie - ajoutent David B. Rivkin et Lee A. Casey - poursuivent David B. Rivkin et Lee A. Casey refuse d'accepter la responsabilité de l’oppression qu’elle a fait subir à ses nombreux peuples captifs dont bien entendu, les Géorgiens. Nul doute que la crédibilité des USA soit en jeu dans cette affaire. Si un véritable ami de l'Amérique – un État millénaire (ndlr : la Géorgie) déjà annexé à deux reprises par Moscou au cours des deux derniers siècles, une démocratie qui s'est engagée avec enthousiasme pour l'OTAN et l'Union Européenne et qui a même envoyé des troupes combattre en Irak – si un tel Etat pouvait être écrasé sans aucune action concrète de la part de Washington, l'amitié des USA perdrait rapidement sa valeur. Les répercussions se feraient sentir dans le monde entier depuis les capitales de la Nouvelle Europe et jusqu’à Jérusalem, Kaboul et Bagdad » (fin de l’extrait condensé de l’article de David B. Rivkin et Lee A. Casey).
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Toujours aujourd’hui lundi 25 août 2008, le Sénat russe « approuve à l’unanimité » (c’est la poutinodémocratie…) la demande « de reconnaissance » exprimée par les républiques géorgiennes rebelles d’Ossétie du Sud et d'Abkhazie (en clair reconnaître l'indépendance). Un vote similaire a lieu peu après « à l’unanimité » à la Chambre des députés russes. Bref, la Russie autocratique proclame l’indépendance de deux provinces géorgiennes… Le président géorgien Mikhaïl Saakashvili a d’ailleurs mis en garde contre les résultats désastreux - y compris pour la Russie - qu’aurait la reconnaissance des deux républiques géorgiennes rebelles. Une telle initiative serait une « tentative de changer les frontières de l'Europe par la force », a déclaré le président géorgien Mikhaïl Saakashvili dans une interview avec Libération.
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J’ajoute quant à moi que l’occupation militaire russe de la Géorgie démocratique - occupation vigoureusement condamnée par Benoît XVI hier dimanche - ne permet plus à l’Europe de contourner la Russie poutinesque pour s'approvisionner en gaz et en pétrole. En effet, les oléoducs et les gazoducs de la Géorgie sont situés entre l'Azerbaïdjan et la Turquie, évitant la Russie poutinesque au nord et l'Iran génocidaire au sud. Concrètement, des pipelines partent de la mer Caspienne, à Bakou, et traversent la Géorgie. Un pipeline aboutit dans le port géorgien de Soupsa sur la mer Noire. D’autres aboutissent en Turquie. A ce propos, aujourd’hui lundi 25 août le pétrole st à la hausse à New York et les marchés pétroliers redoutent une interruption de l'acheminement du pétrole brut via l'oléoduc Bakou (Azerbaïdjan) – Tbilissi (Géorgie) – Ceyhan (Turquie) par lequel transitent 1,2 million de barils par jour depuis les champs pétrolifères azerbaïdjanais de la mer Caspienne vers le port turc de Ceyhan sur la Méditerranée.
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J’ajoute encore que l'Union européenne s'était fixée de réduire ses importations de pétrole et de gaz russes en se tournant vers les ressources de la mer Caspienne et de l'Asie Centrale. La Russie étant de retour dans ces régions - y compris et en premier lieu en Géorgie - s’en est terminé de l’Union Européenne et des USA ayant accès - sans passer par la Russie - aux ressources énergétiques la mer Caspienne et de l'Asie Centrale. L’occupation militaire russe de ports géorgiens - pas seulement celui de Poti - ports abritant des terminaux pétroliers situés loin du conflit d'Ossétie du Sud et n’ayant donc rien à voir avec ce conflit, cette occupation des ports démontre que la Russie a largement profité et abusé de la situation pour des motifs ni ossétiques ni abkhaziques.
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La déclaration de ce matin du président russe Dmitri Medvedev qui voit de bonnes chances de règlement du conflit autour de la Transnistrie – région présumée séparatiste de Moldavie - donne le ton pour la suite. « On a toutes les raisons de parler aujourd'hui du problème transniestre, je vois de bonnes chances de le régler. Les derniers évènements dans la république séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud ont démontré combien les soi-disant conflits gelés peuvent être dangereux lorsque les dirigeants géorgiens ont, comme on dit, perdu la tête », a joyeusement asséné Dmitri Medvedev.
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Autre région en danger : la Crimée, en Ukraine. Car le conflit entre la Russie et la Géorgie déstabilise également l'Ukraine. A Sébastopol, en Crimée présumée russophone, on célèbre le retour au port des navires russes, théoriquement autorisés à y demeurer jusqu’en 2017. Retour au port de navire russes ayant attaqué ces dernier jours la Géorgie, précisons-le tout de même.
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Avec l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie en Géorgie, la Transnistrie en Moldavie et la Crimée en Ukraine, les prétextes ne manquent pas à Poutine pour reprendre les bonnes vielles habitudes soviétiques ; y compris sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais à disposer sous domination russe, bien entendu, et en fonction des pipelines, avant tout….
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Le vice-président américain Dick Cheney se rendra la semaine prochaine en Géorgie, en Ukraine et en Azerbaïdjan. Gates et Rice diront très probablement qu’il faut recourir à la diplomatie. Cheney n’imposera pas son point de vue. Bush, sur le départ, n’osera pas bouger. L’Union européenne sera priée d’agir elle-même. Elle envoie et elle enverra encore ses supers diplomates, Eurokouchner en tête, of course. Mais de toute façon, la Russie rouge brune se fiche déjà et se fichera encore, éperdument, de tous nos kouchnodiplomates. Hier dimanche 24 août 2008 dans un article intitulé « fixer des lignes rouges » David Bescond - sur rebelles.info - ose une proposition plus concrète : « les Européens doivent faire comprendre aux Russes qu'ils ne sauront transiger sur l'intégrité territoriale de la Géorgie. Si l'armée russe veut rester à Poti, les Européens doivent faire savoir à la Russie qu'ils enverront à leur tour des troupes en Géorgie afin de protéger les territoires restés sous le contrôle des autorités géorgiennes ». Espérons que Sarkozy lise rebelles info.
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Miguel Garroté
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